Mercredi, nous avions rendez-vous avec
Ghost
, à la salle nîmoise
Paloma
, pour la dernière date française du
Black to the Future Tour
2016. J’avais beaucoup entendu parler d’eux, en bien et en moins bien, et les ai manqués deux fois lors de festivals à cause de conflits d’horaires avec d’autres groupes. Il était donc temps que j’assiste enfin à leur show.
Les suédois, qui cultivent le mystère autour d’eux, défendent actuellement leur troisième album, «Meliora», sorti l’été dernier. Les
Nameless Ghouls
sont emmenées depuis lors, par
Papa Emeritus
, troisième du nom.
Le groupe était accompagné sur cette tournée par
Dead Soul
, d’autres suédois, officiant dans un genre différent.
En effet, le trio propose du rock bien bluesy avec des touches électroniques qui viennent apporter une dimension très prenante, assez lourde. Un chanteur, deux guitaristes avec chacun un clavier. Ni basse, ni batterie. Un peu dommage mais le son qui en sort est intéressant. Cependant il semble que s’il arrive à envoûter une partie du public qui se montre réceptive, il peine à convaincre l’autre partie de fidèles, impatients de voir le groupe tête d’affiche. Public qui malgré cet accueil mitigé consentira quand même à lâcher quelques clap-claps en rythme sur la fin du set à la demande du chanteur. En ce qui me concerne, je me suis laissée charmer et emporter dans l’univers du groupe, même si toutefois le set fut déroulé sans trop de communication.
21h15, c’est l’heure de la messe noire. Des chants religieux se font entendre, puis les
Nameless Ghouls
font leur entrée sur une scène bien dégagée. L’introduction est assez magistrale et fait bien monter la pression dans le public, jusqu’à ce que les premiers riffs de ‘Spirit’ retentissent.
Le décor s’allume enfin, et
Papa Emeritus III
apparaît, devant un grand vitrail. Le frontman captive son auditoire avec un charisme diabolique et une gestuelle cérémoniale. Le son est lui beaucoup plus dynamique et percutant que sur album.
Les riffs bien metal sont complétés par des mélodies et un chant pop rock. Pour moi qui ne suis pas issue du milieu metal pur et dur c’est un compromis idéal. Sur le grand vitrail, le Diable, au centre, a les bras ouverts, pour accueillir les fidèles et les convier à la messe. Les goules quant à elles, sont impressionnantes sous leurs masques démoniaques. Les jeux de lumière viennent ajouter du grandiose à ce show déjà envoûtant. Les trois premiers morceaux passés dans le pit photo terminés, je rejoins le fond de la salle pour apprécier l’ambiance qui y règne. Le public est chaud et scande d’une seule voix chaque refrain. En bref, il communie avec le groupe, qui lui offre un son fédérateur.
Papa Emeritus III
, une fois le costume initial tombé, ne perd en rien de son charisme et hypnotise la foule. Il ne monopolise cependant pas entièrement l’attention, prenant soin de laisser de la place à ses goules.
Un peu d’encens par ci, des cierges par là… Même deux nonnes s’inviteront sur scène, avant de descendre distribuer des hosties au public. Le set est ponctué de discours de
Papa Emeritus III
, qui ne manque pas de communiquer avec sa foule. D’ailleurs quand il parle, j’ai l’impression d’entendre et de voir
Evan Peters
, tant dans sa voix que dans sa gestuelle, qui s’adresse à ses invités lors de la Devil’s Night de la dernière saison d’
American Horror Story
.
Le premier set terminé, un premier rappel commence avec une version acoustique de la reprise du morceau ‘If you have Ghosts’ de
Rocky Erickson
. Cette pause folk est bienvenue et fort appréciable.
Encore deux morceaux et l’on sent que cette fois, la fin est proche quand
Papa Emeritus
nous propose un orgasme collectif. On ne va pas refuser, hein. Un ‘Monstrance Clock’ plus tard, et il est temps de se dire au revoir car la messe est terminée.
Le public était conquis, à en voir les sourires ravis sur les visages. Il faut le dire, le show de
Ghost
relève du grandiose.
Pour ma part, ce fût le genre de concert dont je ne sors pas indemne. La fin du set n’était pas encore arrivée que je sentais mes entrailles se serrer à l’idée que je devais les revoir bientôt. Mon souhait sera très certainement exaucé, puisque le groupe est confirmé pour la première édition française du
Download Festival
, qui se tiendra du 10 au 12 juin à Paris, ainsi que pour le
Hellfest
.
« If you have ghosts, you have everything. »
Setlist :
Spirit / From the Pinnacle to the Pit / Stand by Him / Con Clavi Con Dio / Per Aspera ad Inferi / Body and Blood / Devil Church / Cirice / Year Zero / He Is / Absolution / Mummy Dust
If You Have Ghosts / Ghuleh/Zombie Queen / Ritual
Monstrance Clock
Un immense merci à la salle
Paloma
et à ces deux groupes de nous avoir fait passer une si bonne soirée.
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