Cette année on a décidé de limiter chaque rédacteur à trois points qui l’auraient marqué au fil des mois, albums, concerts ou autre, que ce soit positif ou pas. Difficile exercice mais voilà le résultat !
• Léo :
_Le retour de Green Day avec « Revolution Radio ». Et quel retour ! Avec un album condensé de plusieurs périodes de Green Day (« Dookie », « American Idiot » et « 21 st Century Breakdown », ainsi que la trilogie « Uno », « Dos », « Tré »), Green Day signe là l’un de ses albums les plus intéressants, autant pour les opinions partagées sur des titres punk comme ‘Bang Bang’ ou encore ‘Revolution Radio’, que sur des titres plus personnels comme ‘Still Breathing’.
_ Le retour de Sum 41 avec « 13 Voices ». Après un long séjour hospitalier pour le chanteur du groupe canadien Deryck Whibley , Sum 41 semble revenir en force avec le retour de Dave alias Brown Sound à la guitare. Bien que très bon dans son ensemble, l’album sonne très « produit » et laisse perplexe quant au son voulu par Deryck .
_ Le mois de janvier 2016 et toutes ses pertes. Bien sûr comment ne pas revenir sur tous ces artistes décédés en janvier dernier. Décédés mais jamais oubliés : Michel Delpech , Michel Galabru , Robert Stigwood , Pierre Boulez , Otis Clay , David Bowie , Alan Rickman , et tant d’autres…
• Pauline : Quel exercice compliqué de choisir trois faits musicaux marquants cette année ! Alors je me suis dit parlons plutôt du positif avec (quelques-uns) de mes coups de cœur de cette année :
_ Tout d’abord pour le East Summer Festival , situé en Lorraine, par chez moi, et dont je t’avais parlé sur Like a Melody ( ici ). J’aurais pu te parler d’autres festivals, notamment le génialissime Cabaret Vert , mais j’ai choisi de mettre en avant le local, surtout quand il est de très bonne qualité. Le East Summer Fest c’est une ambiance comme à la maison, chaleureuse, une programmation qui déchire avec des belles têtes d’affiche, une super organisation, des stands variés, bref tous les ingrédients du festival auquel on adore se rendre et j’espère vraiment vous y retrouver l’année prochaine !
_ J’ai fait énormément de belles découvertes grâce à Like a Melody et j’ai décidé de mettre en avant le groupe Strugg et son album ‘Flood’, qui a mis tous mes sens en émoi et fait battre mon petit cœur de fan d’indus. Il y a des artistes comme ça, qui t’attrapent tout de suite et qui rentrent dans ton paysage musical comme par magie. Le duo de Bourges me vend du rêve à chaque écoute, grâce à leur travail de qualité et leurs ingrédients bien dosés. J’attends toujours une tournée hein !
_ Et pour finir, petite séquence émotion avec le retour sur scène des Ludwig von 88 et comme je t’ai déjà bien inondé d’amour récemment avec eux ( ici et ici ), je vais arrêter de dégouliner, je te dis juste que les Ludwig c’est bien, que leur retour c’est bien et que j’espère qu’il y aura un retour du retour !
• Sonia :
_ Je commencerai par
Les Poules à Crêtes
, festoche magique, car petit par sa taille ( une scène dans un gymnase et une scène extérieur ) mais grand par sa prog et son organisation. Le vendredi :
Banane Metalik
, entre autres , mais surtout
Le Bal des Enragés
! Le samedi
Bob’s Not Dead
( Rock Punk et mélodies sentimentales) fut suivi d’une soirée plutôt ska avec
The Locos
! Contraste étonnant mais agréable . Ce festival a lieu fin septembre à Fourneaux, petite ville de la Loire située entre Roanne et Lyon, et n’a rien a envier aux plus grands.
_ Ma plus grosse déception a été Black Rain sur le festival Roche & Roll à la Roche sur Foron (super festival gratuit !) début juillet. J’ai perdu mes oreilles dès les premières notes…
_ Et enfin mon coup de foudre musical cette année aura été RAB ( Rien A Branler), découverte que j’ai faite par le plus grand des hasards au Ninkasi Gerland a Lyon un soir de février. Leur musique, leur énergie sur scène que l’on retrouve sur leur deux albums et leur humour décalé m’ont explosés en pleine figure !!
Pour moi cette année 2016 fut une année de découvertes magique et je citerai également des groupes comme The Defibrillators et AOF qui méritent que l’on parle d’eux dans le futur.
• Romain :
_
Le retour au sommet de groupes tels que
Sum 41
(« 13 Voices »),
Blink 182
(« California ») et
Korn
(« The Serenity of Suffering »). Et dire qu’on annonce le retour de
Story of the Year
pour 2017… Back to 2003 !
_ Saez / La Pietà : Like a Melody priorise les artistes indépendant, et le moins que l’on puisse dire c’est que Damien Saez en est un. Ses albums se suivent mais ne ressemblent pas, et toujours autant révolté, toujours autant poète, il a fait cette année quelque chose d’inédit. Tout n’est pas parfait mais avec « Le Manifeste » en plusieurs actes, il a surpris tout le monde. Non, tout n’est pas parfait, mais c’est du Damien . Dans le titre ‘Le Dernier Disque’, il parle de relève, en se demandant qui pourrait reprendre le flambeau… Et ça tombe bien car cette année j’ai découvert La Pietà et c’est clairement mon coup de cœur (de l’année donc). Le style n’est pas le même, mais l’énergie sur scène et la qualité des textes ne laissent pas indifférent. Vos parents vous ont toujours dit de ne pas jouer avec elle, elle est la contradiction, elle est le feu, elle est le sang froid. Vivement 2017 pour la suite de ses chapitres.
_ Déceptions : A Day to Remember / Of Mice and Men . Il y a quelques années, les groupes de Neo Metal avaient pour mode de mettre de l’electro dans tous leurs morceaux. Cette année, la mode est aux coreux, à vouloir faire des albums beaucoup plus calmes, plus posés. Sur un ou deux morceaux ok, mais sur la moitié de l’album, ce n’est pas ce que j’attends d’eux. En espérant que cela ne soit qu’un simple « accident » et non une habitude. Pour ce qui est de la scène ne vous faites pas de soucis, c’est toujours autant de la folie.
• Hermine :
_ Un album :
Daughter
– « Not to Disappear »
Le deuxième album, un passage toujours difficile, surtout quand le premier est un petit chef d’œuvre. Avant même sa sortie je savais que je ne pourrais pas l’aimer autant que son prédécesseur, et j’avais raison. Mais en restant la plus objective possible, je dois bien avouer qu’ils ont réussi l’exercice : évoluer, innover sans pour autant trop s’éloigner de leur univers pop/folk envoûtant, et de tout ce qui rend le son de
Daughter
si magique.
_ Un concert :
Heymoonshaker
+
Camp Claude
/ 6 Avril 2016/
Le Rockstore
(Montpellier)
Une place achetée à la dernière minute qui s’est transformée en une grosse et belle claque. Ma plus grosse claque live de l’année :
Heymoonshaker
. Un duo blues/hip-hop. Beatbox. Guitare. Voix. Une présence scénique folle, un public captivé, un moment à la fois intimiste et puissant. En deux mot : complètement fou. Et puis avant ça, déjà une belle surprise :
Camp Claude
, une chanteuse charismatique, des mélodies entraînantes aux sonorités 80’S entre New-Wave et Rock N Roll.
_ Le
Y Not Festival
2016 (UK)
Fêter son anniversaire en festival, c’est à faire au moins une fois dans sa vie, si on a la chance d’être né pendant cette belle saison et qu’on est passionné de musique. Surtout quand le festival est perdu au milieu de la campagne anglaise, que l’ambiance y est folle et que dans la programmation on trouve
Madness
,
The Hives
,
Band of Skulls
, ou encore
Peter Hook and the Lights
.
• Sarah :
_ Le deuxième album de
The Last Shadow Puppets.
Huit ans après le premier, mon supergroupe préféré a sorti son deuxième opus « Everything You’ve Come to Expect ». Je l’avais pré-commandé et attendais patiemment minuit pour le découvrir… Aucune déception, il a au contraire révélé une perfection ultime et confirmé pour la énième fois mon admiration infinie et éternelle pour ce cher
Alex Turner
, accompagné de
Miles Kane
que j’aime beaucoup aussi. Beaucoup d’élégance et volupté. Je n’ai toujours pas les mots pour décrire ce qu’il se passe quand j’écoute cet album. Un délice.
_ Le live de
Lysistrata.
http://reunion.orange.fr/video/musique/lysistrata-aux-trans-musicales-2016.html
et
Je me suis pris quelques énormes claques en live cette année, et les deux fois où j’ai vu
Lysistrata
en faisaient partie. Humainement, les mecs sont déjà des amours, mais sur scène… Une musique inclassable mais toujours jouissive, une dévotion en live comme si c’était leur dernière heure sur Terre, une intelligence et un lâcher prise insolent dans la composition, et puis une très très belle évolution sur la scène émergente française cette année, ponctuée par un joli passage aux
Transmusicales
. Vivement 2017 pour eux !
_ Le premier album de
Tigercub.
et
Ces mecs de Brighton ultra productifs ont sorti je ne sais combien de singles et EPs en 2015, ont ensuite tourné en Angleterre et en Europe, écrit leur premier album dans la foulée et ce dernier s’avère complètement incroyable et absolument parfait. Aucun titre précédemment sorti dans un ancien EP, que du nouveau, et que du beau. Ils évoluent à une vitesse assez déstabilisante et pendant des semaines après sa sortie, je n’ai pas réussi à écouter autre chose que leur album en boucle. C’est du rock comme j’aime : qui défonce, sans aucune pudeur et justement sensible.
• Bastien :
_ Snap Border – « Alternative Current Box »
Cet album, il est arrivé sur la pointe des pieds. Il est ressorti de la platine comme l’une des surprises de cette année ! Comme le disait une critique de cette pépite, parfois après plusieurs écoutes, on se rend compte que ce n’est pas si bon que ça. Et puis finalement, même quelques mois après, je trouve toujours ce Snap Border aussi excellent.
_ Letlive. – « If I’m the Devil »
En sport, en littérature, en musique, dans tous les domaines divers et variés, il existe des événements ou des artistes qui marquent. Des faits marquants qui n’arrivent qu’une fois par décennie.
Quand ces moments arrivent, on se souvient parfaitement de l’endroit, du moment, ce que l’on faisait, du temps. Et quand j’ai écouté pour la toute première fois ce nouveau
Letlive.
, c’était en sortant de Lyon, direction chez mes parents. Il faisait beau et agréablement bon. J’avais pris une pile de CD à écouter, cinq, pour être exact. Une fois
Letlive.
inséré, je l’ai écouté à l’aller, au retour, encore et encore, sans passer une seule piste. La dernière fois que je n’ai pas passé une piste, c’était il y a quinze ans ! Alors j’espère que d’ici quinze ans, cet album ‘’If I’m the Devil’’ me fera toujours autant d’effet !
_ Billy Talent – Concert Elysée Montmartre
Une année vraiment riche musicalement parlant : de belles galettes que ce soit sur la scène indé comme sur la scène internationale. Dans cette année 2016, un moment m’a particulièrement touché puisqu’il s’agit sans doute du meilleur concert que j’ai fait. De ma vie. Devant
Linkin Park
(et ça en choquera plus d’un pour ceux qui me connaissent) !
27 Octobre 2016, dans cette salle de l’
Elysée Montmartre
nouvellement rénovée, nous assistons à deux premières parties plutôt intéressantes bien que pas plus emballantes. S’en est suivi l’entrée de
Billy Talent
sur scène, et là : plus rien n’a existé durant près de 1h45. Le monde pouvait s’écrouler, les murs nous protégeaient de Paris, de la rue, le tout enveloppé dans un cocon de rock, de sueur, de bières et surtout d’un état second qui est resté bien après la fin du concert. Une sorte de communion avec la foule, la scène, la salle. « Merci pour ce moment » qu’ils disaient, je dirai même plus en voyant l’état de mon t-shirt trempé comme si un déluge avait frappé : merci pour ce souvenir mémorable !
• Marjorie : Mes trois moments musicaux de 2016 :
_ Exception : J’ai eu cette année la chance de voir pour la première fois en concert deux grands artistes que j’écoute depuis longtemps : PJ Harvey (au Festival Beauregard ) et Radiohead (au Zénith de Paris) qui ont présenté deux shows magiques, grandioses et exceptionnels en tous points.
_ Passion : Deux sorties d’albums et deux concerts à Paris pour deux groupes que j’adore : l’album « Ellipsis » et un concert à la première édition française du Download Festival pour Biffy Clyro et l’album « GLA » et un concert à la Maroquinerie pour Twin Atlantic . Les albums sont excellents et les prestations live de ces musiciens le sont tout autant !
_ Déception : Le concert de Placebo à Bercy . Il faut savoir que j’aime beaucoup Placebo et cela fait plusieurs fois que je vais les voir jouer au fil des années, mais à chaque fois le concert se déroule de la même façon : chanson bien rock et qui bougent au début, puis looooooong passage à vide avec des chansons mélancoliques (pendant lesquelles on s’ennuie ferme), puis quelques titres avant la fin, l’ambiance repart au mieux. Et là, pareil pour Bercy ! Alors j’espère à chaque fois que ce ne sera pas comme ça mais franchement, je suis déçue !
• Evelyne : Un seul coup de cœur cette année…
Iggy Pop – « Post Pop Depression ». La collaboration entre Iggy l’iguane et Josh Homme nous offre un album concocté aux petits oignons. Les titres s’enchaînent bien trop rapidement, entre nostalgie, période Bowie , introspection, le chanteur se livre et apparaît au summum de sa forme. Les différentes prestations live pour « Post Pop Depression » en attestent.
• Marine : J’ai choisi d’axer ma récap sur les concerts.
_
Ghost
à
Paloma
en février. Ohlala que ça faisait longtemps que je n’avais pas pris une telle claque. J’en entendais à la fois beaucoup de bien et beaucoup de mal. L’aspect visuel m’a vraiment donné envie de sortir mon boitier et le peu que j’ai écouté (peu pour laisser la place à la surprise du live) m’a convaincu. Acred en poche, me voilà face à
Papa Emeritus III
et ses
Nameless Ghouls
. Et le moins que l’on puisse dire c’est que j’ai été séduite et captivée. Gros coup de cœur pour ces suédois, le concert n’était pas fini que je me demandais déjà quand j’allais bien pouvoir les revoir.
Retrouvez le Live Report et les Photos par
ICI
.
_ Je garde de particulièrement bons souvenirs de deux de mes passages à l’Usine au printemps. En avril j’ai assisté à ce pur moment de folie et de partage qu’est Le Bal des Enragés . une grosse bande de potes qui fait généreusement la fête avec son public déchaîné pendant pas moins de trois heures non stop, à base de bonne musique et de nombreux délires. La définition même du joyeux bordel ! Retrouvez le Live Report et les . Et en mai c’est le groupe parisien pop rock Stuck in the Sound que j’ai pu rencontrer au bord d’une piscine juste avant leur super concert dans la salle istréenne. L’interview est à relire par ICI .
_ Et pour finir, LA révélation, LA claque incontestable de l’année pour moi ça a été
La Pietà
, de la découverte du projet à travers ses deux premiers clips, à la rencontre et au concert plus qu’explosif à Sumène lors des
Transes Cévenoles
. Ces textes, ces beats, ces riffs, cette énergie et cette sensibilité au monde ! Tout est génial ! Vivement la prochaine fois que la route de cette nana au masque de chat croisera la mienne !
Le
Live Report
et les
sont à lire, relire voir et revoir.
• Marc-Antoine :
_ C’est en première position que je mets le concert des Twisted Sister lors de leur passage au Alcatraz Festival à Courtrai (Belgique), pour leur toute dernière date en Europe avant leur séparation. Ce groupe de glam de plus de quarante cinq ans à mis le feu sur la scène du festival et avait un très bon rapport avec son public. C’était vraiment un grand privilège d’assister à cette dernière date.
_ Ensuite, en octobre dernier, j’ai pu apprécier de découvrir pour la première fois sur scène les Red Hot Chili Peppers lors de la première date parisienne. Une grosse claque musicale, même si les puristes n’ont pas particulièrement aimé leur dernier album. Un jeu de scène et une maitrise musicale au top de la part des musiciens.
_ Pour finir, une fois n’est pas coutume, je vais faire des louanges de la mythique salle Chez Narcisse , située au Val d’Ajol, dans les Vosges. C’est Le Bal des Enragés qui s’y est produit en octobre dernier. Ce collectif qui regroupe en autre les musiciens de Tagada Jones , Lofofora , Parabellum accompagné de Vx et Klodia de Punish Yourself , de Stephane de Loudblast , et de Vincent de AqMe , a tout simplement fait transpirer les murs de cette salle qui fait désormais des sold-out plusieurs mois avant les concerts prévus.
• Rudy :
Meilleur moment de l’année :
Premier concert réunion de
The Hellacopters
au
Sweden Rock Festival
le 06/06/16. Les t-shirts
The Hellacopters
sont partout et l’on sent bien que les suédois sont venus en masse pour leur groupe fétiche. Pendant que, sur la scène principale,
Glenn Hughes
pousse sa voix haut perchée dans son classic rock musclé, on se rapproche de la tente Rock Classiker qui déborde pour écouter les dignes héritiers de
Lynyrd Skynyrd
: les canadiens de
Monster Truck
, qui envoient un bon rock des familles avec refrain à reprendre en chœur les cheveux dans les yeux. Entre deux shows, on peut se laisser aller à une multitude d’activités ludiques telles que s’entraîner à tirer des pénalty de hockey sur glace, poncer du bois ou encore s’époumoner dans une boîte pour tenter de gagner le concours du cri le plus puissant… Sinon on peut aussi admirer les tracteurs John Deer exposés non loin d’un dragster, mais nous préférons aller acheter quelques vinyles à des prix défiants toute concurrence sous les nombreuses tentes/boutiques. On se dirige ensuite vers une troisième scène où les anglais d’
Uncle Acid
profitent de l’excellent son (des cinq scènes du fest) pour envoyer un bon set chevelu et carré pendant qu’une nouvelle rincée froide arrose le champ, le public apprécie. Puis, nous avons le choix entre
Foreigner
et
The Temperance Mouvement
, on ira écouter « I want to know what love is » pour la rigolade mais pour l’instant on regarde le chanteur de
TTM
chaud patate se déhancher comme le fils spirituel de
Mike Jagger
avec la voix d’un
Joe Cocker
post pubère. Dommage pour lui qu’il ait cette coupe bien dégueue propre aux rockers britons, car la musique derrière lui est bien bonne.
Fini les conneries.
Il est 20h et les gens commencent à se rapprocher du Lemmy Stage, 45 minutes avant le retour des
Hellacopters
, mais bon ça fait huit ans que les mecs attendent. D’ailleurs, après une nouvelle grosse douche, le soleil s’installe enfin, comme pour récompenser l’attente des fans. Et il y a de tout, des jeunes qui ne les ont jamais vu et des aficionados de la première heure, comme
Emil Klinta
, le réalisateur du dernier clip de
Imperial State Electric
(dernier groupe en date de
Nicke Andersson
), rencontré par hasard dans la fosse grâce à un jeune bourré qui comprend que j’ai écrit la bio du groupe… Il est 20h42 et
Mary
(de
Mensen
et
Mary’s Kids
) la femme de
Nicke
est en bord de scène tout sourire, accompagnée par
Dolf De Borst
et
Tobias
d’
Imperial State Electric
et de
Peder
, le batteur des
Backyard Babies
(et ami proche du groupe depuis les débuts), qui s’occupera de shooter les photos du concert. Il commence par prendre une photo de la foule et l’on prend alors conscience que le public est deux fois plus gros qu’attendu par les organisateurs, qui ont placé le groupe sur la deuxième scène du festival alors qu’ils en ramènent autant que les gros groupes 80’s de la scène principale…
Et les voilà qui déboulent,
Nicke
et
Dregen
tout sourire pendant que
Robban
(qui a ressortit le bandana) et
Boba
(en Boba) s’installent et que
Kenny
débarque avec son perfecto et une belle paire d’Aviator : the dégaine ! Les premières notes de ‘Born Broke’ résonnent… et c’est la folie ! Le public est en feu tout comme les musiciens, le sourire de Nick ne le quitte pas et Dregen est à donf sous sa capuche: bref il y a du plaisir des deux côtés de la scène.
Kenny
enlève les RayBan et aura le regard dans le vide le reste du show, les doigts bien posés sur sa basse, il tient bien le son et avec
Robban
, c’est comme si ces huit ans n’étaient que huit jours, on imagine que les répétitions ont été nombreuses connaissant le professionnalisme de
Nicke
, il n’empêche que tous sont bien en place tout en s’éclatant. Le son est énorme mais clair, et les versions jouées prennent toutes de l’ampleur, redonnant une nouvelle jeunesse à l’entièreté du premier album culte des hélicoptères de l’enfer. Arrive la chanson un peu mystérieuse de la carrière du groupe (jusqu’à ce qu’elle soit réenregistrée pour promouvoir le retour du groupe) ‘My Mephistophelean Creed’, qui permet de calmer les ardeurs avec son départ tranquille donné par
Boba
et
Robban
, puis sa montée en puissance lente. Le titre est assez différent du reste du catalogue du groupe mais n’en est pas moins excellent. Ensuite, même les chansons les plus casse-gueule sur le papier pour ce live : celles chantées par
Dregen
(‘Didn’t stop us’) et
Robban
(‘Such a Blast’) passent comme un micro pénis bien vaseliné. Ici c’est
Robban
qui donne l’impression que chanter en jouant est aussi habituel pour lui que pour
Phil Collins
… La chanson rend aussi bien mieux que sur l’album, peut-être parce que
Boba
s’acharne tout du long sur la même note ? Suivent 1995 et (après un changement de caisse claire de
Robban
aidé par
Tomas
d’
ISE
) ‘Bore Me’ qui remettent de l’huile sur le feu à peine calmé du public. Jusqu’au bout les potes que sont
Dolf
et
Peder
restent à l’affût du moindre dérèglement d’ampli ou d’instru pour que tout se passe pour le mieux. Ce qui sera le cas jusqu’au bout, et le rappel qui démarre avec ‘Spock in My Rocket’ avant la chanson que tout le monde attend: ‘Get some action’ (NOW!), LE titre qui mit le feu aux poudres en 1996 et qui refait le même effet 20 ans plus tard, et ce dès l’intro de l’album rejouée ici (tirée du film Massacre à la Tronçonneuse 2). Le final est donc grandiose pour cet excellent concert de reformation d’un des groupes les plus influents des vingt années qui nous séparent de la sortie de ce brûlot qui a été rejoué ce soir en long en large et pas de travers par les Suédois les plus doués de leur génération…