Like a Melody | Live Report Hellfest 2018 – Jour 3

The Texas Chainsaw Dust Lovers

Nous y sommes, dernier jour du Hellfest 2018. Direction la scène Valley dès 10h30 pour The Texas Chainsaw Dust Lovers. Ça sent les US à plein nez, mais c’est bel est bien un groupe français ! Leur musique est typée stoner, avec une nette influence de rock n’ roll US, et (il faut le noter) un saxophone qui contribue grandement à mettre l’ambiance devant une foule plutôt clairsemée en ce début de journée.

Pogo Car Crash Control

Deuxième groupe de la journée, c’est sur la Warzone que ça se passe avec les français de Pogo Car Crash Control. C’est du pur punk ! Des musiciens jeunes et complétement déchaînés, une ambiance de folie dans la fosse, bref, un groupe à voir en live absolument.

The Good, The Bad and the Zugly

On continue ensuite sur la même lancée avec The Good, The Bad and the Zugly, qui nous délivre un punk bien énergique avec quelques éléments hard rock. Très bon également !

Viendront ensuite The Lords of Altamont, puis The Bronx. En fait, je me souviens surtout de cette première partie de journée à la Warzone comme d’une déferlante de punk rock, crasseux mais efficace. Bien que n’étant pas un grand fan du style, on ne peut pas nier que cette scène dégage quelque chose de spécial sur le festival.

Iced Earth

Je quitte ensuite la Warzone en direction de la MS1 pour Iced Earth. Le changement de style est radical : Iced Earth, c’est du heavy power grandiloquent de la plus belle facture. Le genre de musique épique taillée pour une scène immense, devant un public immense. Ça fait plaisir à écouter !

Månegarm

Fin du concert d’Iced Earth : un arrêt au stand s’impose. En passant j’entraperçois le groupe qui joue sur la scène Temple : Månegarm. Je m’approche un peu plus pour découvrir : on a affaire à une formation venue de Suède typée folk metal avec quelques accents celtiques. Je dis bien « quelques » : globalement on reste quand même sur du bon metal épique à base de gros riffs de guitare, néanmoins quelques notes de violon ou de flûte bien placées rendent le tout très intéressant, et surtout très sympa à voir et écouter.

Accept

Retour côté main stage où la foule se fait de plus en plus compacte. Le prochain groupe, c’est Accept. Une référence, une valeur sûre. On essaie de se frayer un chemin pour avancer le plus possible. Le concert commence : ouverture sur ‘Die by the sword’ issue du dernier album en date, « The Rise of Chaos ». Il faut croire que c’était suffisant en termes de promotion, parce que le reste de la setlist sera plutôt old school : ‘Fast as a Shark’, ‘Balls to the Wall’, ‘Princess of the Dawn’, ‘Restless and Wild’… tout y passe ! Accept a toujours produit un son à la limite entre le hard rock et le heavy metal, puisant plutôt les rythmes et le timbre de voix, et la vitesse chez l’autre. En live, ça prend tout son sens : cocktail explosif de rage et de puissance !

Arch Enemy

Nous profitons de la migration de la foule vers la Mainstage 2 pour nous avancer encore un peu plus côté Mainstage 1. Cette fois, on est à quelques mètres des barrières, ça devrait être pas mal ! Pendant ce temps-là, c’est Arch Enemy qui se produit sur la scène d’à côté. C’est un peu difficile de profiter pleinement du concert depuis là où on est, mais ça restait quand même appréciable : bonne énergie, bonne interaction avec le public…

Megadeth

L’heure avance, on arrive progressivement dans les grosses têtes d’affiche. Megadeth c’est parti ! Le groupe est annoncé par un invité de marque (et surtout un grand fan) : Kristian Nairn. Vous le connaissez sûrement sous le nom de Hodor. Puis c’est l’arrivée sur scène de Dave Mustaine et ses compères. D’entrée, un problème de sono fait qu’on n’entend pas la moitié des instruments. Ça sera corrigé par la suite, mais ça gâche un peu le climax de l’entrée en scène. Les morceaux incontournables s’enchaîneront : ‘Hangar 18’, ‘Symphony Of Destruction’, ‘Peace Sells’, ‘Holy Wars’… Pas de chichi, pas de froufrou : c’est simple et terriblement efficace. Et dans la fosse devant la scène, je peux vous assurer qu’en termes d’ambiance c’était mémorable !

En live, Megadeth est un groupe vraiment particulier : pas de mise en scène, musiciens statiques, très peu d’échanges avec le public. Ils arrivent, ils envoient, et ils repartent. La musique fait le reste, et surtout le public fait le reste. D’expérience, c’est un groupe à voir en fosse ou pas du tout : de loin ça n’a quasiment aucun intérêt. Mais de près c’est à faire au moins une fois dans sa vie !

Alice In Chains

Après la déferlante Megadeth, vient le tour d’Alice In Chains, groupe pilier du grunge. Le concert laisse une impression de calme, comme un interlude. La musique est bonne, mais l’ambiance n’est pas vraiment au rendez-vous. Ou alors, c’est peut-être l’impatience générée par le groupe suivant qui fait ça ?

Iron Maiden

Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, nous arrivons maintenant au moment crucial de ce festival. LA tête d’affiche du Hellfest 2018. La tête d’affiche du metal. Oserais-je dire la tête d’affiche de la musique ? Bref, la vierge de fer.

On peut aller voir un groupe en concert pour différentes raisons. Parfois, c’est parce que leurs albums studio sont très bons. Parfois, c’est parce qu’on sait que sur scène le show vaut le détour. Ou alors ça peut être tout simplement pour le caractère légendaire d’un groupe qu’on va le voir. Iron Maiden c’est tout ça à la fois.

Le concert d’Alice in Chains touche à sa fin sur la Mainstage 2 pendant que les techniciens s’affairent sur la Mainstage 1 pour monter les décors. Pour l’instant tout est bâché : pas question de le dévoiler avant le début ! Petite musique d’ambiance, comme d’habitude entre deux concerts. Tiens, celle-ci on la connaît ! C’est UFO, non ? ‘Doctor Doctor’, c’est ça ? Sympathique comme musique d’ambiance dis donc ! Le signal a donc retenti, comme un vieil ami qui frappe à la porte. Lentement, les bâches sont retirées, les lumières baissent. « We shall go on to the end… we shall fight in France…» la température monte… On entend les premières notes… l’attente est insurmontable… Boum ! Ça y est ils entrent en scène ! Bruce Dickinson, Steve Harris, Nicko McBrain, Dave Murray, Janick Gers, Adrian Smith, ainsi qu’un énorme Spitfire volant au-dessus d’eux !

Inutile de vous raconter tout le concert, c’est à voir, pas à lire. Il y a beaucoup de chose à retenir de ce show : la mise en scène, les décors immenses, les costumes de Bruce, la virtuosité des musiciens, le dynamisme, l’osmose avec le public, l’ambiance dans la fosse. Mais ce qu’il faut retenir avant tout, c’est la musique : une musique qui semble avoir été créée pour être libérée sur scène, par des musiciens qui ont l’air aussi content d’être ici que leur public !

C’était mon troisième concert de Maiden (d’ailleurs le quatrième n’a pas tardé à suivre) après avoir assisté aux tournées de 2014 et 2016 : les prestations live du groupe se sont clairement bonifiées au cours de ces dernières années, notamment la voix de Bruce qui semble avoir repris un coup de boost. Bruce Dickinson qui fût d’ailleurs moins loquace que d’habitude, se contentant d’une seule prise de parole en français, ou il explique notamment que la setlist concernera trois thèmes principaux : la guerre, la religion et l’enfer.

Le seul bémol serait éventuellement la setlist. La tournée n’étant pas destinée à la promotion d’un nouvel album, la setlist était quasi exclusivement centrée sur l’âge d’or du groupe, période 80-88. Dommage, car les albums plus récents contiennent aussi des joyaux qui dégagent toute leur puissance en live (‘The Talisman’ par exemple). On notera tout de même la présence assez rare de deux excellents titres de la période Blaze Bailey : ‘The Clansman’ et ‘Sign Of The Cross’.

On entend souvent dire des groupes fondateurs du metal qu’il n’ont « plus rien à prouver ». Eh bien il faut croire qu’ Iron Maiden n’a pas atteint ce stade : même après quarante ans de carrière, ils réussissent à nous surprendre avec des albums excellents, et des shows dantesques. Non, Iron Maiden n’est pas un groupe qui n’a plus rien à prouver loin de là. Ils prouvent chaque jour un peu plus qu’ils sont et resteront l’un des plus grands groupes musicaux de tous les temps !

Ainsi s’achève l’édition 2018 du Hellfest Open Air Festival. Rendez-vous les 21, 22 et 23 juin 2019, avec déjà quelques groupes annoncés : Manowar, Slayer, Carcass, Dropkick Murphys, et Mass Hysteria !

Website: http://www.hellfest.fr/

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