Like a Melody | Chronique : Thé Vanille – Motel Vanilla


Thé, vanille, mecs en robes, diplodocus, salopette, noeuds papillons.
Fresh pop, rock acidulé, crunchy.
Deviendrais-tu louf ? Non, mais eux le sont. Qui ? Thé Vanille. Le trio tourangeau venu d’un autre monde. C’est en trois dates que John Murdoch (batterie), Valoupopoulos (guitare) et Nala (chant) se réinventent. Pas celles de leur naissance, ni de leur rencontre, ni de leur premier pique-nique… 1929, John se défenestre d’un building. Il se réveille dans l’une des chambres de l’hôtel Vanilla, une batterie pour seule compagnie. 1976, Valoupopoulos se noie dans les abysses, attiré par une guitare nommée Litah. Un passage spatio-temporel plus tard, il se trouve lui aussi à l’hôtel Vanilla. 2016, Nala meurt écrasée par un dinosaure cloné suite à d’obscures raisons. Elle ressuscite dans la salle à manger du fameux hôtel et y découvre deux curieux individus jouant une musique qui la transcende. Et Thé Vanille voit le jour. L’histoire raconte que leur premier EP “Motel Vanilla” fut enregistré dans le garage de l’étonnante bâtisse. Le 24 mai 2017, cet ovni de six titres atterrit sur la planète terre.

Entrons dans le laboratoire de ces biologistes fous.
Un guitariste se chauffe les doigts. Ils se servent un thé. Nous sonnons. Plusieurs fois. Une voix en lévitation nous invite à passer la porte. ‘History Of Thé Vanilla’ résume le périple des trois protagonistes, en quête du chemin de l’hôtel. Qui sont-ils ? Sont-ils morts ? Sont-ils en vie ? Avec un batteur aussi énergique… Assurément Thé Vanille est vivant ! C’est frais, nuancé. Positif malgré leurs interrogations. Un son qui ferait rougir Madonna, Gorillaz ou encore Deerhoof.
Nous restons dans le labo. Le labo rempli de diplo. L’heure du ‘Diplo Weekend’ retentit. Un synthé s’ajoute à la formation. Il tourne, tourne en boucle. La gratte et la batterie plus sauvages que jamais. Nala commence à compter sa malheureuse aventure. Le silence se fait alors. Il ne reste qu’un souffle fantomatique en bruit de fond. Sa voix douce, claire et puissante chante sa frustration. Elle était enfermée dans un grenier avec son père scientifique. N’ayant que ces jouets pour se distraire, des diplodocus en plastique. Jusqu’à ce qu’elle meurt. Métaphore ou réalité ? Nous n’avons pas le temps d’y songer. Les musiciens reprennent place. Puis Nala. Puis les musiciens. L’âme gravement abîmée, leur folie s’accorde aux prémices d’un instant hypnotique. Étourdi par des aaaaah, des ouhou, par un sifflement à peine perceptible et une cymbale vibrant légèrement. Valoupopoulos perd de son mordant. Les diplo les ont achevés.
Le titre suivant ‘Who’s Bad’ était mon premier aperçu sur Thé Vanille. J’avoue que ça m’a fait peur. Mais finalement… Du rock, du rock du rock ! Dès le début, nous les sentons à la limite de l’éruption. Détrompe-toi. L’animosité n’est pas encore à son apogée. Ça pétille, c’est plein de couleurs. Il se passe quelque chose d’étrange. “Awaking your desires. Come fucking play with us.” Sans complexe, nous assistons à la réunion des schyzo-anonymes.
Une petite sieste serait de rigueur. ‘Narcose’ tombe à point nommé. Avec ses ponts aliennes, ses couplets enfantins. Peut-on parler d’un rock berceuse ? D’un rock blues ? A toi d’en juger.
La pause ne durera que quelques minutes puisque ‘The Kind Of Guy’ arrive. Une odeur exotique, un rythme de samba. John nous exporte au Brésil. Le guitariste a plutôt envie de swing. Bon on s’adapte. On s’adapte très bien même… Je vois que tu danses déjà ! Un peu de compassion tout de même. Nala relate l’amour déchu d’un genre de mec qui n’avait pas prévu qu’on l’aimerait autant ni qu’on le quitterait ainsi. Il se demande qui pourrait y croire. ‘The Kind Of Guy’ a pour projet d’abattre toute forme d’amour dans la joie et la bonne humeur !
‘Parrots’ signe la fin de l’EP. Ultime occasion de déverser l’excentricité du trio. Des cris de perroquets se mêlent aux mugissements humains. Batterie déchaînée, riffs mignons mais endiablés. Chaleur, tropique, coco, il fait chaud sous nos maillots ! Un final explosif qui me convainc d’aller leur faire un petit coucou sur scène.

En parlant de scène… Thé Vanille sera le 8 septembre au Concert Guinguette la Javelle à Paris, le 9 au festival Chat’Pelle à la Chapelle sur Loire, le 29 au Grand Bouillon à Aubervilliers… Ils ont encore d’autres dates en réserve.
Tu aimes le rock extraterrestre ? Te vider la tête et faire le plein d’énergie ? Tu as besoin d’un cachet anti-dépresseur (testé et approuvé) ?
“Motel Vanilla” est conçu pour toi et rien de tel que vivre l’expérience live. L’énergie y sera décuplée !

Ma sélection :
‘Diplo Weekend’
‘Narcose’
‘Parrots’
‘The Kind Of Guy’

Pour retrouver Thé Vanille :
Website :
http://www.thevanillemusic.com/
Facebook : https://www.facebook.com/thevanillemusic/
Bandcamp : https://thevanille.bandcamp.com/releases
Deezer : http://www.deezer.com/fr/artist/12488530
Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCK-2yjpd_ogj9rlpQhDJViA
Soundcloud : https://soundcloud.com/thevanillemusic
Instagram : https://www.instagram.com/thevanillemusic/

Et un clip à la sauce Thé Vanille, avec ‘Who’s Bad’ :

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