Like a Melody | Live Report Hellfest 2018 – Jour 1

Hellfest édition 2018, nous y sommes. Premier jour, vendredi 22 juin. On se retrouve très vite dans le même superbe cadre qu’on avait quitté il y a un an. Avec toutefois quelques changements notables, comme de nouvelles décos côté Mainstage. Cette année aussi, le paiement cashless se fait directement via le bracelet : pratique ! Autre nouveauté : la pose de pavés autobloquants dans les scènes Mainstage 1, Mainstage 2 et Warzone. Bonne idée ou pas ? D’un côté, c’est plus stable que de l’herbe, et ça évite les pogos type « tempête de sable » comme c’est souvent le cas. D’un autre, quand on tombe, ça fait mal !

Côté programmation, on voit une nette tendance au hard rock et au heavy pour cette première journée, avec aussi pas mal de metal progressif.

Bukowski

La journée commence avec les français de Bukowski. Le créneau n’est pas le plus simple, mais ils réussissent à faire le boulot correctement, bien que plus distants du public qu’à l’accoutumé (au propre comme au figuré !)

Toseland

Première bonne découverte du week-end : Toseland. Né de la reconversion (plutôt réussie !) du pilote de moto James Toseland, le groupe offre un rock n roll bien léché à grand coup d’overdrive et de gros riffs de guitare. Rien à redire, c’est rythmé, le son est clair et l’ambiance est là. Groupe à retenir !

Tesseract

Changement de style musical avec un des groupes que j’attendais : Tesseract. Ici, le jeu et technique mais la musique est douce, voire onirique. Certes, l’ambiance semble retomber un peu par rapport aux groupes précédents, mais on n’est pas là pour ça. Avec Tesseract, on apprécie davantage la qualité de la musique restituée, et on se laisse presque emporter à la rêverie.

The Chris Slade Timeline

Comme son nom l’indique, The Chris Slade Timeline est une sorte de rétrospective de la carrière de son batteur Chris Slade. Il est bien sûr connu pour sa carrière au sein d’AC/DC, mais pas seulement : David Gilmour, Gary Moore, Tom Jones… autant d’artistes avec qui Mr Slade a collaboré au cours de sa carrière ! (On raconte même qu’il aurait été l’égérie d’une marque de produit ménagers, mais ce n’est qu’une rumeur…) Le concert sera donc entièrement constitué de reprises de ces artistes, avec tout de même un fort accent sur AC/DC. Même s’il faut avouer que les musiciens font bien le taf, le tout semble un peu trop artificiel, et manque clairement de personnalité.

Rose Tattoo

On reste dans le style avec le groupe de hard rock australien Rose Tattoo. Si la comparaison avec l’artiste précédent est évidente, on passe néanmoins un bon moment.

Joan Jett & the Blackhearts

Après avoir jeté une oreille à Converge sur la Main Stage 2 (pas trop mon style malheureusement), retour sur la Main Stage 1 avec The Blackhearts, menés par la célèbre Joan Jett. Même si l’énergie est présente, tout cela a un peu de mal à me convaincre. Il faut avouer qu’à enchaîner trois groupes aux styles très similaires, on finit naturellement par se lasser.

Meshuggah

Cette fois, changement radical de genre avec Meshuggah. Le show est explosif. Le jeu est brutal, très technique, mais aussi très recherché : un subtil mélange de douceur et de violence. On notera aussi la grande qualité des lumières, même si malheureusement le fait que le concert soit en plein jour atténue un peu l’effet.

Europe

On revient sur du rock plus classique avec Europe. Le show est impeccable, avec un Joey Tempest qui s’impose en véritable meneur de scène à la fois dynamique et proche du public. La musique d’Europe est assez particulière : s’ils sont souvent associés au hard rock ou au glam, aucun de ces deux genres ne les qualifie vraiment. En fait, j’aurais tendance à dire que leur musique est une sorte de power-metal grand public, qui tourne un peu aux chants de noël par moment. Bien évidemment, le show se termine par ‘The Final Countdown’ (qui l’aurait cru) : celle-ci, tout le monde la connaît, et tout le monde chante en cœur dans la fosse !

Steven Wilson

Retour au prog avec un vétéran du milieu : l’ancien leader de Porcupine Tree, Steven Wilson. Sur scène, pas de frasques, pas d’excès, juste la musique. On n’est plus vraiment sur du metal, mais plutôt sur du rock progressif. Mr Wilson réussit à nous jouer des solos de guitare d’une durée incalculable sans jamais devenir lassant. Incontestablement un maître du style.

Hollywood Vampires

Vient ensuite la première grosse tête de la journée : Hollywood Vampire (a.k.a la fusion d’Alice Cooper, Joe Perry et Johnny Depp). Là on pouvait s’attendre au meilleur comme au pire. Alice Cooper ? Cent fois oui. Joe Perry ? Oui, même si on se souvient du goût amer laissé par Aerosmith l’an dernier. Johnny Depp ? Heu… il est pas acteur lui à la base ? Ah il joue de la guitare ? Bon, ok pourquoi pas. Bref, c’est donc l’esprit confus que je rejoins ce concert.

Finalement, c’est plutôt une bonne surprise. Le groupe va reprendre pas mal de classiques du rock, du hard rock et du heavy metal. C’est très clairement Alice Cooper qui mène la danse, jusqu’à rendre les autres quasi transparents (surtout ce cher Johnny, qui a l’air d’arpenter la scène sans but…). Notons aussi l’excellente performance de Glenn Sobel à la batterie.

Finalement, les gars l’ont joué intelligemment. Dans un festival de musique plus généraliste, le nom de Johnny Depp seul aurait probablement suffi à remplir l’esplanade. Mais au Hellfest, le public est connaisseur : ce sont davantage Alice Cooper et Joe Perry qui lui mettent la puce à l’oreille, et ce sont eux qu’il veut entendre. Alors c’est vrai qu’en sortant je me dis que tant qu’à faire j’aurais préféré voir un vrai concert d’Alice Cooper, mais bon on ne peut pas tout avoir.

Judas Priest

On arrive enfin à la tête d’affiche de ce vendredi : Judas Priest. Globalement, le show est très bon, mais sans excès. Rob Halford a pris de l’âge, on sent qu’il bataille de plus en plus pour rester au top vocalement. Mais le résultat est là : il est toujours au top ! Côté setlist, le concert s’inscrit dans la tournée de « Firepower », mais laisse tout de même pas mal de place aux classiques. Sur scène, on notera quelques effets pyrotechniques, les multiples changements de tenue de Rob Halford, et surtout l’arrivée en moto. Cependant, les musiciens resteront relativement statiques tout au long du concert.

A Perfect Circle

Passer en toute fin de soirée juste après une tête d’affiche doit avoir quelque chose de frustrant : une foule immense devant la scène dix minutes avant de commencer, qui se vide d’un coup pour ne laisser qu’une poignée d’irréductibles venus voir le dernier concert. Cependant, cela donne aussi un caractère intimiste : c’était le cas avec A Perfect Circle vendredi soir sur la Main Stage 2.

A Perfect Circle est un groupe américain de rock alternatif à la sauce prog composé de Billy Howerdel, James Iha, Matt McJunkins, Jeff Friedl, et bien sûr le célèbre Maynard James Keenan, également leader de Tool.

Ce fût probablement un des plus beaux concerts de cette journée. Avant même de commencer à aborder l’aspect musical, la mise en scène est remarquable. Il fait nuit, l’éclairage scénique est très faible. Maynard James Keenan évolue sur une sorte de piédestal, au centre, un peu en arrière, dans la pénombre, à peine visible, dansant et chantant dans une tenue extravagante. Enfin, côté musique, c’est bien simple : tout est parfait. La sonorisation est excellente, les musiciens sont au top, et pour ce qui concerne la voix, j’ai envie de dire que c’est largement à la hauteur des attentes, et même au-delà !

Website: http://www.hellfest.fr/

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