Like a Melody | Chronique : Dia – Tiny Ocean


De la dream pop de Los Angeles, ça sonne tout de suite très commun, voire cliché, comme une évidence un peu facile. Mais la dream pop de Dia , comme elle la qualifie, a quelque chose de particulier : elle est plus froide que la chaleur californienne à laquelle on est habitué, et elle ne présente pas d’idéal. Elle est brisante et sublime.
Avec son EP « Tiny Ocean » sorti en mai 2016, la très belle et douce américaine délivre une fragilité magnifique et bouleversante. Sur son Bandcamp, elle a même identifié son EP à de l’alternative baroque : voilà qui donne le ton, de façon plutôt juste.

De l’amour, de la douleur, de la chaleur et de la volupté, de la lumière puis de l’obscurité ; voilà ce qui fera tourner la tête à quiconque se plongera dans « Tiny Ocean » les yeux fermés, s’il s’y laisse entièrement aller. Car Dia tend la main vers un lâcher prise, totalement assumé à travers chaque morceau.
On ouvre sur un ‘Covered In Light’ complètement fragile et très délicat. Il suffit d’être un peu vulnérable, un soir d’hiver comme ces jours-ci, pour se sentir impuissamment touché par cette merveilleuse ballade. Les couplets subliment une nuit d’amour et on y ressent toute la chaleur, appuyée sur un vécu qui semble terriblement intense. “We were like lovers in love / (…) Last night we walked through the dream / Your mouth was covered in light”. En nage dans une reverb planante, la voix de Dia libère des phrases qui nous ferment les yeux tout en douceur avec la tendresse qu’elles évoquent, portée par une belle sensibilité qui, dans sa sincérité, nous laissera entrevoir toute la douleur que relâchent ensuite les nuits qu’elle conte.
Les morceaux suivants poursuivent dans cette vulnérabilité, cette peine amoureuse si sublimement dessinée par la voix de la chanteuse. Ils sont moins tueurs pour le cœur que ‘Covered In Light’, qui transperçait dès l’ouverture, un peu plus entraînants comme pour démontrer une acceptation de la souffrance, peut-être. Des paroles qui émeuvent encore par leur sincérité comme “I remember how you touched me / Put me up against your body / You were never gonna hurt me / I was always yours for taking” dans ‘Tiny Ocean’ et rappellent au fil conducteur de l’EP, cette douleur que lui cause l’amour, toujours en remémorant la beauté de ce qui fut vécu.
On sent des effluves de Lana Del Rey dans l’instrumental plus que dans la voix, moins haute que la new-yorkaise, même si la production n’est pas aussi planante. Des chansons plus tristes que tranquilles, on en a peur, mais c’est bien de ça qu’il s’agit. Et c’est beau de les entendre. ‘Saint Paul’, l’avant-dernier morceau court, nous pose et ça fait du bien. Presque seulement de la guitare en instrumental, et cette belle voix qui répète « baby, baby… », accompagnée par une voix masculine qui exprime tout aussi bien la jolie sensibilité de l’EP.
On a l’impression de se redresser sur ‘Big Man’, comme si elle n’avait pas voulu terminer sur le sentiment dominant des cinq titres précédents. Une conclusion qui constitue une chouette ouverture à l’EP, notamment grâce à la partie batterie qui aide à inspirer cette sensation de rétablissement.
On reste tout de même sur notre fin, étrangement. Mystère sur la frustration qui m’habite après plusieurs écoutes de l’EP : le cœur a-t-il guéri, la saison a-t-elle changé ? L’impression n’y est pas, c’est confus et désordonné, mais c’est peut-être justement ça la force de cet EP. Pas de conclusion claire, pas de message précis, et au fond, tant mieux. Dia nous présente ce qu’elle a vécu, ce qu’il en ressort, on a écouté son histoire et on la garde en tête.

Une douceur désarmante, une façon de raconter pénétrante : voilà ce que l’on retient de la jolie californienne. On va suivre la suite de l’histoire et attendre patiemment de nouveaux morceaux pour retrouver dans de la nouveauté cette beauté qu’elle offre à chaque note : un délice, qui ne dessine aucun sourire mais habite le corps en y faisant voyager la tendresse.

Ma sélection :
‘Covered In Light’
‘Tiny Ocean’

Pour retrouver Dia :
Website :  http://www.diathemusic.com
Facebook Twitter : Instagram :
Soundcloud :
Bandcamp :  https://diathemusic.bandcamp.com/album/tiny-ocean
Youtube : 

Les commentaires sont fermés