En ce dimanche, direction Toul pour la nouvelle édition du
Jardin du Michel
(
JDM
) ! Ce sera malheureusement la seule journée sur les trois pour nous, mais quelle journée avec en tête d’affiche du beau monde :
Tryo
et
Sum 41
! Le
JDM
, je t’en ai déjà parlé l’année dernière, alors sus des présentations de ce festival adoré et place au report !
Petit préambule quand même avant de rentrer dans le vif du sujet : cette année, nouvel emplacement pour le festival. Auparavant installé à Bulligny, à quelques kilomètres de là, dorénavant c’est en pleine ville, à Toul, que le
JDM
pose ses valises. On avoue, on avait quelques a priori sur ce déménagement, on pensait que le petit festival populaire et bien nommé dans sa campagne perdrait un peu de sa chaleur humaine en se déracinant ainsi.
Alors, plusieurs constatations : l’emplacement est sympa, au bord de l’eau, avec une jolie vue sur la cathédrale (encore plus belle la nuit), un site tout en longueur (ça ne me choque pas, c’est le cas pour d’autres festivals comme
Les Ardentes
l’an dernier), un timing respecté, un
Michel
toujours présent (même si loin de son jardin), des facilités pour se garer gratuitement aux abords du site et les mêmes têtes du côté organisation ou festivaliers, sans oublier l’ambiance qui, pour moi, reste inchangée. Jusque là tout va bien !
Petits bémols : apparemment aux dires de certains festivaliers (pas de la plupart), le camping ne serait pas au top, les fouilles plutôt très longues (on était prévenus), l’air plutôt humide au bord de l’eau, et surtout, point très très important, un gros souci au niveau des stands pour manger, puisqu’il fallait parfois attendre une heure et demie pour arriver à se faire servir et que manger après 20h devenait compliqué, certains stands n’ayant plus grand chose à servir ! Alors certes, ça n’a rien à voir avec la musique, mais perdre deux heures pour se restaurer et se désaltérer, ça veut dire qu’on est pas devant les concerts, et ça fait partie quand même de la vie d’un festival. Bon, on est pas fâchés pour autant hein, on sait que l’organisation a parfois ses couacs, mais plus de prévoyance pour l’année prochaine, ce serait impeccable.
Attention point météo : hé oui, il y avait du soleil sur le
JDM
messieurs dames ! J’y suis allée sans bottes et sans k-way, c’est un fait notable qui arrive de temps en temps, pas de gadoue pour nous même si la veille il pleuvait des trombes, ben oui faut pas trop en demander quand même, ça reste en Lorraine ! Comme quoi un festival en ville sur du béton, ça a ses petits avantages malgré tout au niveau de la météo. Mais bon, contrairement à moi, certains festivaliers regrettaient leurs bottes pleine de gadoue, apparemment le charme de patauger leur manquait, nostalgie quant tu nous tiens…
Bref, après un petit tour du site, à 16h on va ouvrir les hostilités avec SUNX sur la grande scène. Le trio d’origine locale, nous propose un set d’une quarantaine de minutes pour inaugurer cette journée. Ils nous jouent une pop alternative de bonne facture, qui nous attrape l’oreille plutôt facilement, ils semblent à l’aise sur scène et c’est dommage qu’en ce début de journée, le public ne soit pas tellement au rendez-vous. On reste une petite demi-heure pour profiter de leur son rock mêlé d’electro bien plaisant, mention spéciale au jeu maîtrisé des instruments. Je pense me pencher un peu plus sur le cas de SUNX à l’occasion.
On se dirige vers la scène Michel (installée sur l’eau dis donc) parce qu’on attend, le sourire aux lèvres, l’arrivée à 16h40 de
David Vincent et ses Mutants
. On sait qu’on va passer un bon moment et les festivaliers sont plutôt nombreux malgré l’heure, on remarque même qu’il y a un certain nombre d’aficionados du groupe. Ce soir c’est en mode trio (sans mauvais jeu de mots) que
le Dâv
débarque avec donc deux mutants. Dès l’entrée sur scène, le ton est donné : de la bonne humeur, de l’énergie, de la gouaille et du rock’n’roll ! Après presque deux décennies à parcourir les scènes de France et de Navarre, il n’a plus rien à prouver
le Dâv
, et c’est avec bonheur qu’on passe quarante-cinq minutes trop courtes en compagnie du groupe. On écoute leur son décrit comme « du Swing-Punk revisitant le Pogospel, en passant par le PloucoBilly et le Zaïon-Musette » (ça veut tout dire) au fil de chansons telles que ‘Aujourd’hui Il Pleut’ (en l’occurrence non), et les incontournables ‘Patates Party’ et ‘Marée Basse’, pour la plus grande joie de tout le monde avec les chœurs dans le public. On voit de nombreux sourires sur les visages sur scène ou chez les festivaliers, c’est la fête et c’est ça qu’on aime ! Sans oublier les interventions entre les morceaux et les échanges spontanés dans le groupe, et avec le public, qui apportent de la fraîcheur en cet après-midi ensoleillée. Petite parenthèse : les kilts c’est bien. Respecter la tradition de rien mettre en dessous, moins. Surtout quand on slame. Merci pour nos yeux pi y’a des enfants quand même ! Bref on s’est bien marrés ! En plus, on a droit à un magnifique ‘Cayenne’ (reprise de
Parabellum
) pour terminer, quoi de mieux comme conclusion? Le temps passe trop vite, et timing oblige, impossible de prolonger le set. C’est pas grave,
le Dâv
et ses compagnons viennent au contact pour une conclusion slamée du plus bel effet ! C’est toujours un plaisir de les retrouver, à très bientôt pour de nouvelles aventures !
Après ce bain de gaieté, on retourne tranquillement vers la grande scène pour écouter
Flying Orkestar
vers 17h30 et pour une heure. Cette année, c’est leur dix ans et c’est très difficile de les décrire sans les voir sur scène ! Issus de leur chère Boukravie, ils nous offrent un florilège de costumes, de mise en scène déjantée avec des chorégraphies qui déchirent, sur un son à base de cuivres et d’accordéon. C’est folklorique à mort et ça fonctionne grave ! Quoi de mieux qu’une belle fiesta sur scène pour une ambiance un brin déjantée et un public qui est bel et bien réveillé et prêt à se déchaîner ? On profite, tranquille, d’abord de près pour admirer les costumes, puis de plus loin pour observer la réaction des festivaliers, et ça fait juste du bien !
Flying Orkestar
, un de ces groupes qui mettent la patate, sans prise de tête, avec une vocation festive, sans pour autant négliger le travail musical : en tournée dans notre région grand-est tout le mois de juin !
Hop, retour vers la scène Michel pour le phénomène
Giedré
! Déjà, on constate que la chanteuse est très attendue par le public. Phénomène car OCNI (objet chantant non identifié), et finalement ça résume assez bien le personnage. Car
Giedré
, ce n’est pas seulement du chant, c’est un spectacle à part entière, la mise en scène et les interventions entre les titres comptant au moins autant que la performance musicale en tant que telle. J’entends pendant le set quelques exclamations outrées « Oh quand même, c’est vulgaire, c’est déplacé, bouchez les oreilles des enfants ». En même temps, elle avait prévenu avant de commencer : faut que les enfants soient sourds, d’autant qu’elle attaque avec ‘Ode A La Contraception’, et on se délecte de ses mots avec sournoiserie.
Giedré
, c’est ça des textes sans concession sur des sujets durs, sur des gens comme toi, comme moi, pourris ou cons parfois, sans tabou, et avec son air innocent et sa voix limpide, ça pique encore plus ! C’est incisif, ça fout le malaise, ça pose question, c’est pas vulgaire c’est juste réaliste. On est morts de rire du début à la fin, parfois un peu atterrés mais jamais choqués.
Giedré
réussit le tour de force de nous faire faire des anus avec les doigts (oui oui), de nous faire danser, de nous faire chanter des choses qu’on aurait jamais pensé chanter, dans la bonne humeur et les éclats de rire bien sûr, sans oublier la compassion belle et bien présente qu’elle fait passer.
C’est une artiste remarquable par sa créativité intelligente, et sa spécificité musicale fait d’elle une artiste essentielle à notre scène française. Certains titres comme ‘Vie De Merde’ et ‘La Bande A Jacky’, entre autres, sont vraiment bien ficelés, même si j’avoue que sur la durée la performance peut lasser. Bref, le public présent (ceux qui l’attendaient et ceux qui sont restés) semble conquis et c’est ça l’essentiel.
Giedré
, à retrouver aussi en tournée tout l’été.
Mais vite, la grande scène nous appelle pour les très très attendus
Tryo
et leur set d’une heure et demie.
Tryo
, ça fait plus de vingt ans qu’ils sont là et qu’ils fédèrent les foules à chaque prestation. Même si aujourd’hui, on les entend sur les ondes, il ne faut pas oublier qu’ils se sont construits sans et pour les trentenaires comme moi, ils sont synonymes de beaucoup beaucoup de souvenirs adolescents et, sans nostalgie, c’est toujours un plaisir de les retrouver. Ils débarquent sur scène et on note tout de suite une belle énergie et une patate qui font plaisir à voir. Faire un résumé de leur prestation c’est difficile parce que tellement riche ! On retrouve des titres du nouvel album, pour ma part je les découvrais ce soir-là, accompagnés de morceaux plus anciens qui font frétiller nos oreilles de plaisir comme, en vrac, ‘Ce Que L’On Sème’, ‘Yakamoneyé’, ‘L’Hymne De Nos Campagnes’, ‘La Main Verte’, Apocalyptico-Dramatik’ (merci merci!), ‘Serre-Moi’, ‘Sortez Les Poubelles’, certains en config acoustique et toujours, toujours avec le sourire ou la bonne intention. Un des moments les plus fun et les plus émouvants à la fois, c’est la montée sur scène d’un spectateur à l’appel du groupe, pour jouer de la guitare et chanter un morceau de son choix. Le jeune homme,
Antoine
, choisira ‘Marcher Droit’, et je sais pas vous, mais moi j’aime beaucoup ces petits moments de partage entre des artistes et leur public, c’est toujours assez magique.
Alors bien sûr, il y a de la politique dans le discours de
Tryo
, c’est un groupe engagé c’est pas nouveau, n’en déplaise à certains spectateurs qui s’en plaignent, faut faire avec les gars ! Pendant tout le show, on ressent, même après toutes ces années et le grand nombre de scènes foulées, un grand plaisir pour les garçons d’être sur scène et une certaine spontanéité dans leurs échanges. Ils font le show, chacun à leur manière,
Danielito
assure toujours ses percus à un super niveau,
Mali
(et sa voix chaude que perso j’affectionne particulièrement) est plus boute-en-train,
Guizmo
est parfait et
Manu
, alors là franchement, personne ne peut nier son excellence à la guitare, ce mec est un putain de musicien. On adore par dessus tout les clins d’œil divers et variés, qu’ils soient sur l’actualité ou sur la musique, et on adore danser en fait ! Hé,
Tryo
tu rock grave en vrai !
Mention toute particulière pour le dernier morceau, évidemment ‘Désole Pour Hier Soir’, un tantinet bordélique et découpé, mais tellement drôle, surtout dans son adaptation locale avec en spéciale guest
Nadine Morano
dans le texte. Bon, nous on était morts de rire, d’autres avaient plutôt l’air outrés, si quelqu’un sait ce qu’en pense la concernée, je prends !
Pour faire court (ouais c’est mort, pardon),
Tryo
c’est de l’enchantement, de la fraternité, de la bonne musique (faut pas l’oublier), du réchauffement cardiaque (c’est mieux que climatique) et des sourires tout partout. Alors merci pour ce moment les garçons et repassez par chez nous tant que vous voulez !
Vient ensuite une pause poétique et spectaculaire avec un funambule pour
La Face Sonore
qui traverse le site au-dessus de l’eau depuis la scène du Michel jusque près de la cathédrale de l’autre côté. Pour moi qui ait le vertige, c’était un moment impressionnant et une petite pause aérienne tout en douceur et en performance.
Alors après, c’est le moment galère pour manger, boire et vidanger sa vessie, ce qui nous a pris à peu près deux heures, mais comme j’en ai déjà parlé lus haut, je vais pas y revenir. Je n’ai donc pas vu jouer Lucille Crew et j’ai vaguement entendu Dare ( Reno & DaYan ).
C’est à 23h pétantes et dans un site surpeuplé qu’arrive le clou du spectacle, j’ai nommé
Sum 41
! Alors, dire qu’ils étaient attendus est un euphémisme et l’excitation est palpable. Avec ses (déjà) presque vingt ans de carrière, le groupe porté par
Deryck Whibley
est prêt à nous atomiser avec un show à la mécanique efficace. Déjà, on a eu de la super musique pendant les minutes précédant l’arrivée sur scène du groupe, et ça, ça met dans l’ambiance direct. Et là, une ouverture sur ‘The Hell Song’ et tu te prends une bonne grosse claque direct ! Alors perso, si
Sum 41
a également bercé mon adolescence, je ne les ai pas suivis de près depuis, alors je n’attendais rien en fait, juste de les découvrir en live. Et je n’ai pas été déçue ! Le show est époustouflant, avec des effets comme on aime (des canons à confettis, de la fumée, un beau décor, des lumières magnifiques) et un groupe qui porte sa maîtrise musicale à un haut niveau. Et surtout, un
Deryck
qui communique énormément avec le public, apportant un supplément d’âme au set de la grosse machine canadienne, ce que l’on peut reprocher souvent à de gros groupes internationaux dont on a l’impression qu’ils sont là uniquement pour faire leur boulot.
Les titres s’enchaînent dans une énergie démente, avec des moments plus posés, et je retrouve pour ma part des morceaux que j’affectionne, pour la plupart tirés de « Does This Look Infected ? ». Et je me rends compte que finalement, même si j’aime beaucoup cet album, il prend toute sa dimension en live. En fait,
Sum 41
nous attrape par sa puissance musicale, on sent bien l’influence heavy qui bastonne derrière le punk rock apparent. Évidemment, l’ambiance est à son paroxysme, ça pogote, ça slame, tout le monde est déchaîné, on sent bien que les gens sont heureux d’être là et de faire partie de la «
Sum 41
Family ». Car oui, on se sent proche du groupe, même loin de la scène, et c’est très appréciable, et ça on le doit en grande partie au charismatique chanteur.
Deryck
, qui d’ailleurs, à y regarder de plus près et sans préjugé, est représentatif du chanteur punk comme on se l’imagine physiquement (perso, je pense beaucoup à
Sid Vicious
). Il nous fait même profiter de quelques riffs de ‘Paranoid’ de
Black Sabbath
et de ‘Masters Of Puppets’ de
Metallica
, il nous joue même un bout de ‘Seven Nation Army’ (
The White Stripes
) révélant une petite part de lui-même et ne faisant qu’accentuer ce côté metal que l’on sent poindre chez
Sum 41
. Le concert passe en un éclair, (évidemment on a le droit à ‘In Too Deep’ hein) et quand le rappel arrive on peine à croire que ce soit déjà la fin.
Sincèrement, c’était une très bonne prestation du groupe, à laquelle je ne peux pas faire de comparaison bien sûr vu que c’était ma première fois, mais pour le coup je regrette de ne jamais avoir eu l’occasion de les voir avant ! Merci (encore)
Sum 41
pour ce super moment, et vivement la prochaine fois !
Alors voilà, le
JDM
c’est terminé pour cette année et cette journée est passée à une vitesse intersidérale ! Comme d’habitude, on a passé du bon temps là-bas, la programmation est quand même toujours assez remarquable, l’accueil sympa, l’ambiance inchangée (ce n’est que mon avis) et on pense déjà à l’affiche de l’année prochaine, vivement !