Like a Melody | Live Report : Someday Festival (Nantes) : Jour 2

Me voici de retour dans la salle du Ferrailleur, à l’affluence presque inexistante que c’en est inquiétant pour les Angevins qui ouvrent la soirée.
Moins d’inquiétude du côté de Someday Prod qui lance tout de même les hostilités à l’heure, et c’est effectivement dès les premières notes de The Blind Suns que le public rejoindra la salle, pour le début d’un concert qu’il serait dommage de rater.

L’entrée en matière annonce la couleur d’un set différent qui fera office de « dépucelage » pour le trio qui teste ce soir-là sa nouvelle formule (batterie acoustique, nouvelle disposition, nouveaux morceaux du prochain album…). Premier morceau très shoegaze à la recette ultra pop toujours fidèle, avec tout de même une évolution artistique plutôt présente. Viennent ensuite ‘Personal Way of Love’ et ‘Rockerfeller’, deux tubes issus du premier album, dont on ne saurait se lasser. Le set aura conservé quelques morceaux imparables de cet album comme ‘Solar Wind’, le magnifique ‘Luna’ à l’interprétation toujours aussi aérienne et le très solaire ‘13.31’. Ils seront agrémentés du très bon ‘The Blue of Tales’, du génial ‘Shakin’ All Over’ en guise de clôture, et de petits nouveaux qu’il me tarde d’entendre en version studio – mention spéciale pour ‘Texas Sky’.
Qu’il s’agisse de morceaux déjà connus ou inédits, l’identité des Blind Suns est toujours aussi appréciable et les Angevins la défendent avec une classe toujours naturelle. Des mélodies très pop aux accents shoegaze des guitares, le plaisir de voir ces trois-là sur scène sera éternel. Il paraîtra indispensable de saluer la prestance infatigable du batteur, dont le défi d’un premier set assis sera relevé sans la moindre encombre.
Un essai donc réussi pour ce nouveau set, qui ne peut que faire saliver dans l’attente de la suite qui s’annonce plus que prometteuse.

The Blind Suns © Fred Lombard

Arrive ensuite le quator Parlor Snakes qui amorcera le concert dans les règles originelles du rock’n’roll. On se prendra rapidement d’affection pour la hargne insatiable de la chanteuse dès le classique ‘Watch Me Live’. Le set sera orné de morceaux efficaces, comme l’excellent ‘Man Is The Night’, qui fait du bien à chaque écoute. On se trouvera tout de même souvent les yeux rivés sur la chanteuse, irréprochable dans sa prestation, aux côtés d’autres musiciens à la prestance plus réservée malgré leur maîtrise très fidèle des morceaux.
Un live donc très proche des racines du rock’n’roll garage, qui fait bien de nous rappeler à nos origines à travers l’énergie et l’écriture des morceaux.

Parlor Snakes © Fred Lombard

C’est enfin les cinq Bison Bisou qui clôtureront la soirée. On sera comblés par un chanteur hyperactif qui danse et sautille de part de d’autre de la scène sur le son à la fois indie rock et punk des Lillois. Son caractère très volatile fera un bien fou, tout comme les tubes appréciables du groupe (‘ Hypersects’). On pensera à The Hives et surtout à The Paddingtons pour la voix : un retour au punk qui prend aux tripes et défoule la tête et le corps dans la liberté totale. Le côté math rock est indéniable et on en vient finalement à être confus pour qualifier le son de Bison Bisou, quand il faut rajouter à ce mélange les passages évidents très « autoroute ».
Une belle découverte qu’on ne refusera pas de revoir lors de futures occasions, et pourquoi pas en face à face dans une salle plus intime, car c’est aussi ce qu’évoque Bison Bisou. Tout est dans la liberté des sens.

Bison Bisou © Fred Lombard

Someday Prod nous a donc livré, comme promis, une très belle première édition à la programmation osée et efficace. Ce fut un bonheur de retrouver dans le même lieu tous ces groupes à la hargne et l’ambition communes ; car c’est bien de cela qu’il s’agit pour ces 6 projets, que l’on peut être fier d’avoir comme promesses pour l’avenir de la scène française. Un tel week-end rappelle à quel point la famille du rock est sincèrement l’une des plus cool. C’est un terrain de liberté, où l’expression est directe et brute, où les cœurs sont brûlants, les têtes spontanées et les corps animaux. On est au cœur même de la primarité des émotions, et le bien que cela produit dans nos corps est incomparable.
On remercie bien fort Someday Prod pour l’organisation d’un très chouette événement, et on a hâte de connaître la programmation 2018 !

Info : Les photos ne sont pas libres de droits, un grand merci à Fred Lombard.

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