Like a Melody | Live Report : Someday Festival (Nantes) : Jour 1

Le week-end dernier se tenait au Ferrailleur de Nantes la première édition du Someday Festival, organisé par l’association locale Someday Productions. Une programmation des plus alléchantes pour un défi relevé et un pari réussi.

Vendredi, 20H30 : en route vers le Ferrailleur sous une lune immense, presque pleine et crémeuse. Hypnose nocturne, l’annonce d’un beau week-end en perspective.

J’arrive dans la parfaite salle du Ferrailleur alors que les Nantais PurPulse ouvrent les hostilités devant un public plutôt timide. Un set bien tenu, sans grand temps mort, où l’on aura affaire autant au stoner de Queens of the Stone Age ou même Them Crooked Vultures qu’à un côté grunge assumé à la Nirvana. Un trio particulièrement créatif, dont la richesse de chacun servira des morceaux qui rappelleront parfois la recette efficace du rock de stade grâce à un côté pop très apprécié.
Très aisés sur scène, ils livreront leur set armés d’une prestance continue, quoique parfois trop contrôlée avec des mises en place scéniques qui perdent de leur naturel.
Ils nous laisseront peu après le très bon ‘Animal Walking Pattern’  sorti en session live il y a peu, morceau récent qui n’augure que du bon pour la suite de PurPulse.

PurPulse © Fred Lombard

Un changement de plateau et une bière plus tard, on retourne dans la salle aux premières notes des fameux Pogo Car Crash Control. Une certaine réputation les suit depuis un moment, c’est donc le moment d’être témoin de son origine.
Ce que nous livreront ces quatre enragés se traduira donc par la définition du punk. Sur tous les points. L’idée d’un punk garage en français avait beau me freiner, je ne pourrai rien dire de mal à propos de P3C après ce retournement de salle.
La majorité des groupes de la famille rock sont caractérisés par l’énergie qu’ils déploient sur scène. Mais après Pogo Car Crash Control, on a un peu envie d’aller se rhabiller et de réviser le concept du dépassement de soi. Car c’est précisément cela à quoi on a affaire. Pas d’hésitation, pas de réflexion, un set parfaitement géré du début à la fin, beaucoup d’uptempo sans jamais en provoquer la lassitude, le corps en unique guide, les pulsions en seules maîtresses. En plus des lancers de guitare et arrosages de micro à base de bière, chacun ira faire un coucou au batteur du haut de la grosse caisse de ce dernier, où l’on sera témoin d’un merveilleux échange de bonheur et de love en un regard.
Le set sera orné de tubes comme le très bon ‘Conseil’, le classique ‘Crève’ en guise de clôture, ou encore le grand ‘Déprime Hostile’, single de l’album à venir, moment clé où je me dis réellement « OK, ce à quoi je suis en train d’assister est énorme ».
Il est important de préciser que l’on aura droit à un échange entre le groupe et le public à l’excellence plutôt rare. Tous les quatre constamment tournés vers le public en furie, le chanteur démontrera une maîtrise incroyable de la communication avec le public, simple et sincère, pendant que la bassiste laissera échapper des milliers de sourires trahissant le bonheur extatique d’être sur scène, un bonheur irrésistiblement contagieux qui fera un bien fou à tout le monde.
Il n’y a qu’à regarder le public pour en avoir le cœur net : le premier rang bondit sur tous les temps, des bières se renversent, on a autour de nous un mélange de fans convaincus et de nouveaux fans qui découvrent quelque chose qu’ils ne sont pas prêts d’oublier.

Pogo Car Crash Control © Fred Lombard

Place ensuite aux Psychotic Monks et leur ambiance sombre et hantée. Fidèles à leur idéal du « no leader », tous les quatre sont alignés et unis sous de faibles lumières. Le set démarre sur le jouissif ‘The Bad and the City Solution’, à l’intro inédite spéciale live, une complainte lente et langoureuse qui dessinera immédiatement un sourire sur mes lèvres.
Le guitariste fera son habituelle descente ultra violente dans le public dès le premier morceau, et la brutalité de son passage est si belle qu’on sent le gêne et l’étonnement du public se transformer rapidement en un ravissement comblé.
Ils enchaînent avec ‘Wanna Be Damned (Punk Song)’ et je me dis alors que ce sera le set le plus punk que j’ai vu d’eux jusqu’ici : un set en constante mouvance, qui partait l’année dernière vers des sentiers beaucoup plus lents et psychés, et qui aujourd’hui est bien plus noise et brut, tout en gardant toutes les qualités et l’identité primaire des Psychotic Monks.
Les deux prochains morceaux sont inconnus et s’orientent vers les nouvelles horizons du quatuor. Mention spéciale pour le quatrième morceau, où il sera impossible de ne pas se sentir flotter, le cœur enveloppé dans une longue transe. Inconcevable aussi de ne pas être touché par tant de sincérité : la scène est pour eux interdite à la pudeur, et c’est incroyable de se sentir aussi proche de leurs émotions. Sur scène comme dans la fosse, on ne fait plus qu’un, envolés dans une lente lévitation impérissable.
Une vraie performance habitée qui se ponctuera sur le génial ‘It’s Gone’, à la version live plus géniale encore. Ils quittent la scène sans concession ni hésitation et c’est à ce moment-là que je m’étonne que les 45 minutes soient déjà passées, tant elles en paraissaient la moitié.
Le lendemain encore, je reste totalement marquée par une telle prestation, et compte les nuits jusqu’à la prochaine fois où je pourrai à nouveau savourer une telle expérience.

Psychotic Monks © Fred Lombard

Une première soirée donc très réussie pour le Someday Festival, qui me laisse avec une seule hâte : être au lendemain.

Info : Les photos ne sont pas libres de droits, un grand merci à Fred Lombard.

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