Like a Melody | Billet d’humeur : Indochine, toujours là en 2017 !


D’emblée, tu vas me dire pourquoi parler d‘Indochine vu que ce n’est pas vraiment un groupe très fraîchement débarqué sur notre scène française avec ses plus de trente ans de carrière ? Certes. N’oublions pas pourtant que monsieur Sirkis et ses acolytes ne sont pas les derniers pour se tenir au courant du travail des groupes émergents et pour découvrir de jeunes talents qui ont la chance d’assurer leurs premières parties. Tu te souviens par exemple de Klink Klock ? Tu as pris une claque monstrueuse ? Moi aussi.
Et d’abord (car je te vois venir au loin avec tes insinuations sur mes goûts musicaux douteux), je te rappelle que ce n’est pas interdit par la loi d’aimer le metal, le punk ET Indochine, merci.

Alors voilà, Indochine est toujours là, et n’en déplaise à certains, toujours tendance. Et toi aussi tu as certainement dans ta vie un ou plusieurs artistes qui te suivent au fil des années, sans jamais te lâcher, et qui font partie de ton quotidien. C’est pour cela qu’aujourd’hui, suite à la sortie de leur dernier album en date « 13 », je souhaitais partager avec toi un bout de ma vie indochinoise. Du coup, je ne vais faire ni spécialement une chronique, ni un report, mais un peu tout ça à la fois ! N’aie pas peur, ça va bien se passer…

Je ne vais pas commencer par résumer la carrière du groupe, ça a déjà été fait deux millions de fois. Attaquons plutôt par une petite présentation à ma sauce de « 13 » !
Déjà, j’avoue (pas bien !), j’ai eu quelques a priori avant la sortie de l’album. Electro ? Dansant ? Ok, mais moi je refuse une ambiance genre saturday night fever au Macumba du patelin d’à côté, au secours ! Malheureusement pour moi, les teasers n’ont pas du tout réussi à calmer mes angoisses, ni le choix de ‘La Vie Est Belle’ comme premier single (mes impressions en résumé : où sont les guitares ? Mais que va faire Boris sur la tournée ? C’est quoi ce titre inventé sous acide ‘Kimono Dans l’Ambulance’ ? Je vous passe le pire bien entendu !). Faute avouée à moitié pardonnée ?

Bref, je reste une fan avant tout et bien évidemment le 8 septembre dernier, ma box m’attendait sagement dans son petit carton au relais colis. Déballage fébrile du collector et découverte des goodies (mais au fait qu’est-ce que je vais foutre de ballons de baudruche estampillés 13???), c’est parti pour une première écoute… et ce n’est pas le coup de foudre ! Bon, va falloir l’apprivoiser celui-là, mais n’ayant pas trop le temps de m’y attarder le jour même, je l’abandonne pour quelque temps avant de m’y recentrer pour de vrai (ça ne m’empêchera pas de dormir, quoique…).

Aujourd’hui, quelques semaines après sa sortie (et quelques dizaines d’heures d’écoute plus tard), voici mon bilan : « 13 », je t’aime ! Oui, ça n’a pas l’air très objectif pour l’instant mais je vais développer.
Déjà, tout l’artwork qui tourne autour de l’album est comme toujours fortement inspiré et travaillé, mais je ne vais pas me concentrer là-dessus pour cette fois. Ensuite, il fallait oser sortir un album long, avec de trèèèès longs morceaux, à une époque où on consomme la musique comme le reste, c’est-à-dire rapidement. Les treize titres (c’est écrit dessus les gars) mêlent finalement parfaitement toutes les influences et les différentes époques musicales d’Indochine et à toi le septique qui te marre derrière ton écran, je vais te prouver que tu ne perdras pas ton temps à y jeter une oreille (voire les deux) car des pépites y sont cachées.
Ouverture sur l’onirique ‘Black Sky’ et le titre me fait immédiatement penser à ‘Crash Me’, les synthés ultra présents en plus. Le texte reste dans la veine indochinoise et nous fait planer à coup sûr (pour peu qu’on ait l’esprit ouvert à la poésie et au voyage, avec une touche dark quand même). Ben, ça passe bien en fait, c’est beau ! On comprend tout de suite que mélodiquement parlant on dit bonjour les années 80 et les claviers, moi je m’en fous j’aime bien les claviers (ça c’est mon côté fan d’indus et de new wave, et admiratrice du travail de monsieur Oli De Sat).
Et là débarque ‘2033’ et son intro electro qui fait bouger tes petites fesses contre ta volonté (dansant ils ont dit je vous rappelle). Le morceau est efficace, le texte s’apprivoise et se retient facilement, et la voix de Nicola se place en phase avec l’ensemble. Oui oui, je te vois qui tape du pied au rythme des instruments et qui chantonne déjà les paroles ! Je ne suis pas voyante ni spécialement optimiste, mais moi je signe pour qu’Indochine soit toujours là en 2033…
Attention, claque, coup de cœur et tube à venir avec la fabuleuse ‘Station 13’ ! Pour le coup, c’est eighties à souhait mais mon dieu que ça fonctionne du tonnerre (expression désuète mais pas interdite, merci). Les beats récurrents avec le travail de batterie et les synthés c’est de l’amour en perfusion ! Ajoutez à ça un texte qu’on sent sincère et qui touche en plein dans le mille, bonheur assuré ! Et là, paf, peu avant les trois minutes (soit au milieu du morceau), débarquent des « ouiiiii ouiiiii ouiiiii c’est moi, ouiiii ouiiii ouiiiii voilà » à se faire damner Jimmy Sommerville, et c’est jouissif à mort. Je suis ultra fan, bravo pour ce titre osé et fortement réussi qui met du baume au cœur et au corps.
Puis vient ‘Henry Darger’ (si tu ne sais pas qui est le monsieur en question, tu fais comme moi, tu cherches) dans la même veine mélodique. La subtilité, la douceur et le côté hypnotique et apaisant du titre en font une force tranquille comme sait si bien le faire Indochine. On notera quand même vers la fin quelques sonorités qui ne sont pas sans nous ramener quelques années en arrière…
En numéro 5 on retrouve ‘La Vie Est Belle’, premier single issu de « 13 », matraqué en boucle partout, tu n’as pas pu passer à côté (à moins d’habiter justement dans une autre galaxie). Beaucoup de choses ont déjà été dites, je ne vais pas paraphraser. Oui le texte est magnifique, je suis moins emballée par la mélodie, je ne suis toujours pas certaine du choix de ce single, mais ce n’est que mon avis (dont tout le monde se fout je sais). Un mot tout de même sur le clip, réalisé par la géniale Asia Argento, qui m’a redonné envie d’écouter le titre par la profondeur de la mise en images : c’est violent, c’est troublant, parfois doux, souvent difficile, la vie quoi…


‘Kimono Dans l’Ambulance’ s’avère une jolie pépite également (malgré son titre douteux comme ça de prime abord). Nicola nous y offre un point de vue personnel et très touchant (qui atteint mon petit cœur de soignante je l’avoue) de la souffrance et de la violence. Le rythme est répétitif certes, mais je trouve que ça colle bien à la chanson, et les quelques envolées planantes nous emmènent au cœur de l’ambulance, afin de mieux ressentir toutes ces émotions déchirantes. Le morceau se termine sur une note où chacun y trouve ce qu’il a bien voulu chercher…
‘Karma Girls’ est pour moi l’une des chansons les plus réussies de l’album. Très critiquée par les grands médias, surtout sur la « non inspiration » de Jean-Louis Murat pour le texte, personnellement ce sont justement les mots qui me touchent profondément. Je trouve le travail de Murat intéressant et l’aspect répétitif de la chanson ainsi que les samples ne me gênent en rien. Encore une fois, c’est beau et ça fonctionne.
Quant à ‘Suffragettes BB’, alors là pardon, mais je n’y arrive pas ! J’ai beau reconnaître le caractère talentueux du texte de Chloé Delaume, la rythmique me tape sur les nerfs, le titre me laisse de glace. Ça arrive. À voir avec le temps, je m’y ferai sûrement !
Mes oreilles se réjouissent de nouveau avec ‘Un Eté Français’. Encore une belle pépite sur cet album, avec un texte engagé à souhait (attentats, FN, …), du 100% Indo comme j’aime et une mélodie un poil plus rock’n’roll.
En dixième position, ‘TomBoy 1’, en duo avec Kiddy Smile, est encore une fois engagée, dans un thème récurrent chez Indochine, et inspiré de faits réels : les transgenres, l’homosexualité, le rejet… La mélodie fonctionne bien, on ne tombe pas dans le mélo car l’optimisme est malgré tout présent, et il est certain que le public indochinois aime à retrouver ces thèmes fétiches, traités avec égard.
La jolie ballade arrive avec ‘Song For A Dream’, je suis touchée par la mélodie et surtout par le texte, dans lequel on sent que Nicola a investi beaucoup de lui-même, et en même temps, comme il sait très bien le faire, résume nos angoisses. En fait, des fois ça ne s’explique pas, tu entends le morceau et tu te laisses juste transporter…
Avec ‘Station 13’, voici venir pour moi l’autre bombe de l’album : ‘Cartagène’. Pour le coup, ce fut l’amour fou à la première écoute ! En bref, le titre déchire, à tous les niveaux (texte profond, mélodie et rythmique efficaces…), un point c’est tout. Voilà !
Une jolie conclusion arrive avec ‘Gloria’, duo partagé avec Asia Argento (en vrai, cette nana elle a tous les talents non ?). C’est le genre de chansons déjà entendues à plusieurs reprises chez Indochine, mais ce n’est pas déplaisant.
Vu la taille déjà conséquente de ma « petite » analyse, je te fais grâce des morceaux bonus.
Donc « 13 » c’est  un album : inspiré, parfois même inspirant, surprenant voire désarçonnant, envoûtant et entraînant, avec lequel on finit par tomber en amour, lentement ou tout simplement. C’est comme une évidence, une belle synthèse de l’aventure en Indochine, un revival new wave sympa, un disque dansant mais pas si joyeux que ça, et qui surtout promet des shows somptueux pour nous enchanter, toujours.

Ça, c’est l’effet « 13 » version studio, mais quid de la version live ? Car oui, j’ai déjà eu la chance d’écouter quelques morceaux en direct, histoire de patienter jusqu’au « 13 Tour » qui débutera en février prochain. C’était sur le plateau du Quotidien le 13 septembre dernier, alors je vais t’en parler !

Avant ça, petit interlude promo justement. C’est la première fois à ma connaissance que les boys se démènent autant pour promouvoir un album, ils sont de toutes les télés, toutes les radios, toute la presse écrite, des interviews et des showcases acoustique en veux-tu en voilà… tellement que j’arrive même pas à suivre, bordel ! Pourquoi tant de pub ? Bref, j’ai quand même acheté Paris Match.

Retournons à nos moutons et sur le plateau de Yann Barthès. Et là, je le dis, pour la première fois de ma vie indochinoise, j’ai assisté à une promo avec Indo, j’ai gagné un truc quoi, j’y croyais plus depuis quinze ans que je fais des concerts ! (enfin, c’est pas moi qui ai gagné, c’est ma copine Jess haha). Après avoir entouré et surligné la date sur mon calendrier, coucou Maman, coucou Papa, je vais à la télé ! Je vous passe les péripéties routières depuis notre Lorraine et surtout les bouchons parisiens, on arrive à la bourre mais on y est. Et c’est après une émission vraiment très très sympa et une interview de Nicola comme à son habitude franche et engagée (et drôle aussi ! ), que l’on a droit à un premier titre en live : ‘2033’, présenté comme le prochain single. Tout le monde est au taquet, que ce soit sur la scène ou derrière elle, et surtout dans le public. Finies les appréhensions au bout de quelques notes, la magie live est toujours là, ça le fait grave, youpi !
Suite à l’émission, c’est parti pour un live d’à peu près quarante-cinq minutes, les fans sont en ébullition, go ! Après ‘2033’, c’est donc ‘Black Sky’, ‘Henry Darger’, ‘Station 13’, ‘Un eté Français’, ‘Suffragettes BB’ et ‘Kimono Dans l’Ambulance’ qui se font entendre pour la première fois. Et ça fonctionne, mes coups de cœur sont confirmés, ‘Station 13’ est une bombe, mais ‘Suffragettes BB’ ne m’emporte toujours pas. ‘Kimono’ s’avère encore bien plus touchante en version live, et on voit déjà quelques larmes qui s’écoulent sur les visages des fans.
En résumé : des boys souriants à souhait, Oli aux claviers c’est top mais on est quand même content quand il retrouve sa guitare, dans le public ça danse et ça chante, j’hallucine un peu de voir qu’une grande partie des fans présents connaît déjà toutes les nouvelles chansons par cœur alors que l’album est sorti même pas une semaine auparavant.
Et sinon, on en parle du comportement de certains fans qui lui par contre ne s’améliore pas avec les années ? Allez, je plaisante (et surtout j’ai pas envie de partir sur un sujet « tabou » haha).
Soit. Pour finir le mini set, ‘3 Nuits Par Semaine’ et ‘College Boy’ nous emportent dans leur énergie. Si peu de temps sur scène, c’est injuste, c’est honteux, c’est intolérable, nous on était parties pour aller jusqu’au bout de la nuit quoi ! Hein, il faut rentrer ? Ah oui, y’en a qui bossent demain matin ! Le chemin du retour est long mais on s’en fout, on a le smile, on est regonflées à bloc, vivement la tournée putain !

Comme je le disais plus haut, écoutant Indochine depuis mon enfance, groupe de cœur ne m’ayant jamais quitté à tous les moments importants de ma vie, avec Nicola comme héros de mon enfance et prince charmant de mon adolescence, ainsi que fervente coureuse de concerts depuis « Paradize », je m’étais dit que pour cette nouvelle tournée à venir, c’était fini les conneries. Quelles conneries ? Les attentes de plusieurs jours, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il fasse cinquante degrés, les centaines de kilomètres, les RTT posés pour les concerts, la fatigue, etc etc. Je m’étais dit « grandis un peu, c’est bon t’en as fait des dizaines et des dizaines de concerts d’Indo, soit raisonnable »… Et là, sur le plateau du Quotidien, quand Nicola a plongé son regard dans le mien, c’était mort, adieu les bonnes résolutions : où est ma tente Quechua ? J’ai droit à combien de jours de repos en 2018 ? La barrière, la barrière, la barrière !!!
Oui, c’est ça l’effet Indochine, pire qu’une drogue dure, une fois qu’on y à goûté on en veut toujours plus… Mais bon, je suis une adulte réfléchie et sensée (si si) et je sais bien que le « 13 Tour » ne sera pour moi pas aussi enrichissant que je le voudrais, pas autant que les deux précédentes tournées notamment. Et ce soir-là, c’est le cœur rempli de nostalgie et le tête gavée de merveilleux souvenirs que je m’endors, en repensant à tout ce que m’a apporté le groupe, tous ces frissons, ces larmes d’intensité, ces vibrations, ce partage, cet « Europe City Tour Club » d’anthologie pour mes trente ans, ce Stade de France un certain 27 juin pour un moment ‘Atomic’, ces moments gravés (pour de vrai) sur ma peau… le bonheur quoi.

Dernier petit aparté : bien souvent le problème des gens qui n’aiment pas Indochine (outre les critiques purement techniques et musicales : le chanteur il chante faux, c’est pas du rock c’est de la variétoche etc), ne vient même pas du groupe en lui-même mais de ses fans, qui font flipper par leur addiction ! Rassure-toi, je te confirme à ce jour qu’on peut être groupie sans être groupiasse, qu’on peut faire plein de concerts en ayant un travail, une maison, une famille, des amis et même des enfants, qu’on peut être fan sans avoir soixante-dix selfies avec Nicola ni assister à toutes les promos, qu’on passe des concerts merveilleux que ce soit à la barrière ou au fond des gradins, et que si le pays indochinois est loin de ressembler à Bisounoursland, on y rencontre parfois de gens merveilleux… Chacun vit sa passion et sa « fan attitude » comme il le peut, comme il le veut, et je ne cesserai jamais de répéter quelque chose que j’ai mis des années à comprendre : aucun fan n’est plus important qu’un autre.

Alors, certainement que si tu n’aimes pas Indochine, je ne t’ai pas convaincu. Malheureusement, tu es bien obligé de reconnaître que le groupe sait traverser les générations, se renouveler sans cesse et remplir des tournées monstrueuses se terminant par des stades complets… Je te conseillerais donc très fortement de pointer ton nez à un de leurs concerts pour venir vibrer avec nous pour la grande messe indochinoise, juste pour vivre un « pur moment de vie ».

Quant à moi, si tout va bien, je serai présente à Epernay, à Bercy (AccorHotels gniagniagnia) le 17 février (c’est quand même trop sympa d’organiser un concert de cette envergure pour mon anniversaire, franchement fallait pas les gars !), et à Amnéville. Et toi, tu y seras ?

Comme dirait l’autre, Love Live Love.

J’en profite pour remercier avec mon amour le plus profond Indochine, Nicola, et tous ceux qui partagent ces moments avec moi.

Et franchement, quelle objectivité dans tout ça, je m’impressionne vraiment !

NB : Les clichés hors photos officielles et promotionnelles sont ma propriété perso, merci de ne pas les utiliser sans mon accord.

Les commentaires sont fermés