Like a Melody | Live report : La Route du Rock – Saint-Malo – Jour 3


Il est (déjà) venu le temps du troisième et dernier jour, ou le meilleur pour la fin !

AngelOlsen

Pendant que certaines sont à la conférence de presse de Mac DeMarco, je monte doucement sur la plate-forme pour le concert de Angel Olsen. Ses musiciens arrivent sur scène tous vêtus d’un costume trois pièces couleur bleu irisé, et elle les rejoindra quelques instants plus tard pour débuter un concert dans la bonne humeur, elle a l’air vraiment contente d’être là et nous le fait savoir. La complicité entre elle et ses musiciens est indéniable et le concert poursuit son cours dans cette ambiance chaleureuse, mais malgré sa très belle voix ou encore son tube ‘Shut up Kiss me’ qu’elle jouera en début de set, son indie folk rock ne marchera pas sur moi. Je commence à trouver le temps long…

Yak

Et mon impatience de retrouver Yak grandissant, voyant les gens se rapprocher de la barrière, je décide de me dirige vers la scène Rempart pour attendre Oliver Bursem et sa bande. Et à l’inverse des Black Lips la veille, ce sont des retrouvailles réussies qui font vraiment plaisir. Yak avait clairement été un de mes groupes coup de cœur de l’année 2016, autant grâce à leur album « Alas Salvation », que par leurs performances scéniques survoltées. Il me tardait donc de les retrouver, et malgré quelques appréhensions, suite au changement de line-up (de trio ils passent à quatuor, et un clavier se rajoute) le son qui les caractérise est toujours présent, et les nouveaux morceaux annoncent même un deuxième album prometteur. Oli n’a pas perdu de sa fougue et saute toujours aussi souvent dans le public. Entre ange blond et démon, il maltraite son micro et sa guitare tout en enchaînant les morceaux avec rapidité. Et la phrase du week-end est décernée au monsieur à côté de moi qui en plein milieu du set lance « Hé heureusement que Angel Olsen elle était chiante sinon on serait pas venu là! » (Désolé pour les fans de la demoiselle mais il n’avait quand même pas tort…).

Mac DeMarco

C’est donc très satisfaite et regonflée à bloc par l’énergie communicative de Yak que je me dirige à nouveau vers la scène du Fort pour attendre l’arrivée de Mac DeMarco. La première chose que je remarque est le public présent en masse dont l’impatience est palpable… Mac DeMarco en live c’est une première pour moi, mais quand on connaît la coolitude du jeune homme, ça laisse présager une très bonne ambiance. Et en effet « cool » serait le mot parfait pour décrire ce concert. Ou peut-être que juste trois lettres suffisent : W.T.F. Notamment avec cette reprise du morceau ‘A Thousand Miles’ de Vanessa Carlton, rebaptisé pour l’occasion ‘Making My Way Downtown’. Ou encore dès le début du concert quand quelqu’un du public lui lance un épi de maïs, et qu’il mord dedans sans se poser de question. Sans oublier l’instant cours de français quand ses musiciens et lui essayent de dire ‘This Old Dog’ (titre d’une des chansons extraites de son dernier album du même nom) dans la langue de Molière. Définitivement le concert le plus drôle de cette édition. Sinon, entre deux blagues, ils leur arrivent de jouer quelques titres. Entre morceaux plus anciens dont quelques tubes et de nouvelles chansons, le set poursuit son cours dans une ambiance décontractée, jusqu’au final ou Mac finira dans la foule et en sortira sans chaussettes.

Interpol

Après une pause ravitaillement pour reprendre des forces, je reviens vers la grande scène puisque les suivants sont encore très attendus. Et pour cause, il s’agit d’Interpol qui vient célébré les quinze ans de son cultissime premier album ‘Turn On the Bright Lights’ en le jouant dans son intégralité. Et même si je sais que cet album est un classique, je n’en sais pas beaucoup plus, Interpol étant très loin du genre de groupes que j »écoutais dans les années 2000. Le rock indé et le post-punk sont arrivés quelques années plus tard pour moi, mais mieux vaut tard que jamais. C’est donc pleine de curiosité que j’attends le début du concert. Mais en dehors des incultes/curieux comme moi, il y a évidemment les fans qui attendent ce moment avec impatience. Quelques heures plus tôt, j’ai d’ailleurs entendu quelqu’un dire qu’il était déjà là en 2001 lors du tout premier passage du groupe à la Route du Rock, on sentait un mélange d’émotion et d’excitation dans sa voix, et c’est le même genre de sentiments qu’on retrouve en regardant la foule quelques instants avant le début du show. Et les fans ont l’air d’être tout à fait satisfaits dès les premières minutes du set, vu les sauts de cabri que j’aperçois dans la foule. Quant à moi, je suis charmée par ces compositions à la fois froides et puissantes, interprétées par des musiciens plantés derrières leur guitares droits et cravatés, mais jamais distants, toujours habités par leur musique, même après toutes ces années. Étrangement même sans avoir jamais écouter « Turn On the Bright Ligts » auparavant, certains morceaux me semblent familier et je me dis, même sans le connaître, qu’il n’a pas pris une ride. On aura même droit à un petit bonus avec « Evil » pour finir en beauté ce concert qui aura été avec pas moins de seize titres (dont quelques hors d’œuvres avant « Turn on the Bright Lights ») un grand moment à la gloire du post punk.

© Lucie Zorzopian

Ty Segall

Et enfin un dernier moment bien rock et transpirant comme je les aime pour conclure cette 27ème édition toutes guitares dehors. Je veux bien sûr parler de Ty Segall. Lui aussi attendu de pied ferme par le public, qui fera voler la poussière à grands coups de pogos dès le début du set ; set qui niveau musique démarre avec des morceaux plutôt récents « Break a Guitare » (le ton est donné) voire inédits, qu’il nous présentera comme « A new song about my home » et « A new song about my dog ». Et le moins que l’on puisse dire c’est que le son de l’américain s’est considérablement durci, les riffs sont gras et lents, ce qui donne un résultat assez massif et lourd qui donne clairement envie de secouer sa chevelure. Mais malgré cette puissante évolution, la grande fan de « Melted » que je suis reconnaîtra rapidement l’intro de ‘Finger’ tout comme le public qui l’accueille chaleureusement. Le reste du set sera aussi un moyen de nous montrer de quoi il est capable tant niveau guitare que chant, tout comme ses musiciens, avec des morceaux comme ‘Squealer’ ou encore ‘Candy Sam’ qui virent en jam sessions. Le concert touche à sa fin avec un interlude « Joyeux anniversaire » pour Sam, un de ses hommes de l’ombre. L’intro de ‘Cesar’ retentit pour un dernier moment sautillant du côté du public, et un final en douceur avec « Sleeper » pour conclure sur une touche plus apaisée un set qui n’aura définitivement pas fait dans la dentelle. Seul bémol pour moi, des incontournables comme « Girlfreind ou ‘My Sunshine’ ont manqué à l’appel, mais que voulez-vous, on ne pas tout avoir…

© Lucie Zorzopian

C’est ainsi que s’achève ma première expérience à La Route du Rock, et j’en suis tout à fait satisfaite. Les très bons moments, et les très belles découvertes m’ont vite fait oublier les quelques déceptions. Une bonne organisation, et globalement un bon accès handicapé (même si une plate-forme PMR pour deux scènes c’est un peu juste pour bien voir les concerts). Cher Fort Saint Père, je reviendrai avec plaisir secouer ma chevelure entre tes murs !

Info : Les photos ne sont pas libres de droits.

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