Like a Melody | Live report : La Route du Rock 2017 – Saint-Malo – Jour 1


La Route Du Rock
et moi on a presque le même âge, elle est seulement de deux ans mon aînée. Autant dire que j’en entends parler depuis toujours, et ce n’est pas la première année que sa programmation alléchante me fait de l’œil. Mais il aura fallu attendre la 27ème édition pour que, enfin, Maurice (c’est mon fauteuil roulant) et moi, on monte jusqu’à Saint-Malo, rouler dans la poussière du Fort Saint-Père. Et je crois qu’on ne pouvait pas rêver mieux comme baptême, vu le line-up (et la météo) quatre étoiles de cette année 2017 !

Froth

Le soleil est au rendez-vous pour ce premier jour et je me dirige tranquillement vers la scène des Remparts pour un premier concert en douceur avec Froth et sa pop rock planante. Le public, d’abord timide, (certains attendant déjà Foxygen collés à la barrière de la scène du Fort) se rapproche alors que le chanteur commence les premières notes de ‘Contact’. La suite du set sera très sombre avec des sonorités cold-wave apportées par un clavier et des guitares tantôt aériennes, tantôt torturées. Le quatuor n’est pas très à l’aise sur scène, le chanteur peu loquace mais ça n’a pas l’air de déranger le public qui reste présent jusqu’au dernier morceau quasi instrumental à la fois planant et puissant qui résume bien le reste du set.

Foxygen

Je quitte ensuite l’ombre de la scène des Remparts et la froideur de Froth pour retrouver la lumière et la chaleur, autant sur scène que dans la musique de Foxygen. La foule est au rendez-vous et elle applaudit avant même l’arrivée des musiciens. Je comprends très vite pourquoi dès les premières minutes. Un rock énergique et excentrique fait de cuivres et de guitares rugissantes, à la croisée des chemins entre le funk la soul et le blues. Sans oublier son charismatique leader Sam France. Véritable showman a la présence scénique indéniable, et qui sait parler à son public. À se demander s’il n’est pas le fils caché de David Bowie, autant par son jeu de scène que par sa voix. Il laissera ses musiciens terminer le job pour un final explosif.

PJ Harvey

Changement de registre avec PJ Harvey. Les cuivres sont à nouveau présents mais cette fois c’est plutôt un orchestre funéraire qui arrive sur scène. Tous de noir vêtus, c’est une cérémonie pleine de poésie que nous délivrent l’anglaise et ses musiciens. Elle dégage une classe folle et hypnotique, les morceaux s’enchainent parfaitement dans une mise en scène totalement maîtrisée, on se croirait dans un film de Tim Burton. L’influence du réalisateur est indéniable tant dans la musique que dans le visuel, et en tant que grande fan du monsieur, ça ne me laisse pas indifférente. Et pourtant même si j’apprécie ce rock puissant et mélancolique à la fois sombre et baroque, à mesure que le concert avance, quelque chose me chiffonne. C’est justement trop parfait. Trop de mise en scène, rien qui dépasse, tous les morceaux s’enchaînent parfaitement sans un mot au public. C’est trop froid, trop distant, et c’est encore plus troublant quand juste avant on a eu droit aux lumineux Foxygen. Ce sera donc un verdict en demi-teinte. Je pense qu’il fallait être vraiment fan pour pleinement apprécier ce spectacle.

Car Seat Hardest

J’ai à peine le temps de faire une pause et d’avaler mon burger qu’il est déjà l’heure de découvrir Car Seat Headrest. Et c’est une bonne surprise. Entre le punk et le rock anglais, une énergie adolescente mais aussi quelques ballades romantiques à la voix écorchée. Le public aussi à l’air d’apprécier, ça commence à slammer de tous les cotés, juste au moment où le chanteur annonce qu’il ne reste que deux chansons… Une dernière ballade et un final aux riffs percutants pour conclure un set éfficace

Idles

La température monte encore d’un cran avec les anglais de Idles. Du punk énervé, une voix enragée qui lance « LET’S GO FUCKERS » dès la fin du premier morceau. Le ton est donné. La ligne de basse bien marquée me rappelle leurs cousins de Fat White Family. Les musiciens ont l’air possédé, et le chanteur joue les pantins désarticulés façon Ian Curtis mais en plus bourrin. Et puis la batterie s’accélère et le public perd la tête. Mais il la retrouvera bien vite quand le chanteur l’invitera à crier en cœur. Le concert se termine comme il a commencé, rageur et énervé. Une bonne mise en bouche juste avant (Thee) Oh Sees. Le chanteur présentera d’ailleurs ces derniers comme « The best live band in the world ».

© Lucie Zorzopian

(Thee) Oh Sees

Et j’ai du mal à le contredire. (Thee) Oh Sees était clairement LE concert que j’attendais le plus sur cette première soirée après la claque, que dis-je ?, l’uppercut que je m’étais pris en pleine face au This Is Not A Love Song Festival en juin dernier. Est-ce que j’allais être autant hypnotisée par les deux batteurs ?Est-ce que John Dwyer allait être toujours aussi impressionnant par sa présence scénique ? Est-ce que les morceaux allaient être toujours aussi efficaces en live ? Eh bien oui. Même si je savais à quoi m’attendre, le choc de la découverte était passé, alors cette fois j’arrivais un peu mieux à décoller mes yeux des deux batteurs toujours aussi impressionnants de synchronisation. J’ai donc plus pu apprécié le concert dans sa globalité et mieux profiter de la setlist toujours aussi accrocheuse. Le seul bémol serait que le set était beaucoup trop court.

Mais il reste encore deux concerts avant de conclure ce premier jour. Cette fois place à l’electro avec Helena Hauff et DJ Shadow. Le son froid et répétitif de l’allemande n’est pas trop ma tasse de thé alors j’en profite pour aller explorer un peu le reste du site, avant de revenir sur la plate-forme pour le dernier acte de la soirée : DJ Shadow. Mais il commence à se faire (très) tard et la fatigue et le froid m’empêcheront d’apprécier pleinement la performance de l’américain qui jouait pour la troisième fois à la Route du Rock, et continuait de célébrer l’anniversaire de son premier album « Endtroducing », qui fêtait ses vingts ans l’année dernière.

© Lucie Zorzopian

© Lucie Zorzopian

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