Like a Melody | Billet d’humeur : De Téléphone aux Insus, trente ans d’une attente enfin comblée.


Trente ans, il aura fallu trente longues années de disette pour boucler l’Histoire du plus grand, à ce jour, groupe de rock français, du nom de TELEPHONE, devenu désormais LES INSUS…portables.

Maudit soit ce jour d’Avril 1986 qui annonça la mort d’un groupe au firmament de sa notoriété, pour des problèmes internes, d’égo, d’argent, de choix musicaux, d’amour déçu, tant de choses rapportées, écrites, mais dont seuls les quatre membres formant ce mythique groupe de rock, en connaissent les vraies raisons.
Ce jour maudit laissa des millions de fans, dont votre serviteur du soir, dans une détresse incommensurable, une jeunesse sans oxygène, face à une crise économique et sociétale sans précédent.
TELEPHONE était le remède idéal pour oublier un quotidien pas toujours très rose, et comme un tsunami, du jour au lendemain, il n’y en aurait plus de lendemain.
La tristesse d’une fin sans au revoir, sans un adieu, allait traverser les générations, les rendant nostalgiques de tant de bons et indélébiles moments passés en compagnie de ce fabuleux quatuor.
Les carrières « solo » des membres du groupe, les petits bœufs trop raréfiés, le temps passait à vitesse grand V et les fans perdaient tout espoir de voir la reformation du groupe.

Mais c’était sans compter sur la bonne fée de Cendrillon, qui après s’être penchée sur le destin de la princesse, mit toute son énergie pour convaincre, Jean-Louis, Louis et, là ce ne fût pas difficile, Richard, de remonter sur scène, malgré l’absence de Corinne, afin de venir terminer une histoire d’amour avec leur public, débutée en 1976.

En ce mois de septembre 2015, un concert demi-surprise est organisé par LES INSUS, au Point Ephémère, concert auquel je n’assisterai pas, puisque le même jour, je terminai la tournée Shaka Ponk, à la Courneuve, mais je savais au fond de moi qu’une nouvelle aventure allait débuter, vu l’ampleur de la nouvelle et de la mobilisation des fans.


Amiens était la première étape de la Grande Tournée pour un Dernier Rappel. Pas question de louper cet évènement, le 27 avril 2016.
J’ai donc quitté très tôt ma Côte d’Azur d’adoption pour la capitale picarde, où je retrouvais la sympathique famille Sueur, compagnons fidèles de ma tournée Shaka Ponk. En place à la barrière (hé, hé…), LES INSUS me replongèrent trente ans en arrière, aux heures sombres de mon adolescence, dont TELEPHONE était l’indispensable médicament. Pendant 2h30, ils nous firent revisiter tous leurs grands succès, avec le plein d’énergie de nos vingt ans, quelle claque !!!

Mais même après trente ans d’attente, je n’avais oublié aucune des paroles de tous leurs titres joués ce soir-là, et sans révision, je vous le certifie. Ce fut un mémorable concert, qui allait bien entendu, en appeler d’autres, car je souhaitais vivre pleinement ce manque trentenaire.

Deuxième étape de mon parcours INSUS PORTABLE : Toulon, avec ma moitié.
Assis dans les gradins du Zénith Oméga, ce fut, sans aucun doute, le moins bon concert de ma tournée. Louis n’avait pas la forme olympique et cela s’est ressenti grandement, me laissant un goût d’inachevé, largement compensé deux jours plus tard, au Dôme de Marseille, où le groupe, Louis allant beaucoup mieux, avait retrouvé toute son énergie. Ce fut l’un des meilleurs concerts auquel j’ai assisté, et où je me suis le plus éclaté.

La magie de la ‘Bombe Humaine’, reprise par toute la salle, fut un moment d’intense émotion, par ces temps incertains où la violence extrême de fanatiques sous faux prétexte religieux fait feu de toute part sans discernement.

Malgré une setlist bien huilée, les concerts des INSUS ont toujours un parfum de différence grâce à l’imprévisible Louis, pour le plus grand plaisir de Jean-Louis et de Richard, toujours prêts à s’adapter aux facéties de leur complice. Ils sont heureux sur scène, heureux de jouer à nouveau ensemble, ils dégagent une énergie positive communicative. Les concerts affichent complet ou presque, c’est une tuerie, et vient par conséquent le temps des regrets, des trente années passées pour rien (?). Ces trois-là, rejoint par Aleksander, nouveau bassiste pour la circonstance, en tout cas, électrisent les salles de bonheur.

J’ai terminé la première partie du périple, comme eux, au Zénith de Paris, début juin 2016, où, bien entendu, sur leurs terres, LES INSUS donnèrent encore le meilleur d’eux-mêmes. Ce fut un excellent moment passé en leur compagnie.

Début août 2016, LES INSUS sont de passage au Sporting de Monaco, bien entendu, presqu’à domicile, impossible de ne pas y aller, surtout que les vacances familiales ne m’ont pas permis d’aller les voir à Carcassonne, comme prévu. Toutefois, je ne regrette rien, car j’ai pu ainsi faire plaisir à Laurianne et Bénédicte, qui se reconnaîtront. Ce fut un très bon moment, dommage que la salle ne s’y prêtait pas vraiment.

En septembre 2016, Nice accueille LES INSUS, je suis donc cette fois-ci, bien à domicile, et au-delà d’un exceptionnel concert, avec la découverte d’un excellent groupe local en première partie, Miss America. Je retiendrai la délicate attention de Jean-Louis, au nom du groupe, pour les quatre-vingt-six victimes de l’odieux attentat du 14 juillet dernier. Il n’en fallait pas plus pour enflammer un Nikaïa, tout conquis aux sons et chansons des ex-TELEPHONE.

Octobre 2016, deux concerts vont encore marquer le voyage à travers mon adolescence.

Tout d’abord, il y aura Lyon à la Halle Tony Garnier, où il fait bon vivre le concert, et pour cause, j’y suis venu souvent. Les rhodaniens sont bon public, cela bouge, c’est jeune, c’est sympatoche, et LES INSUS font un tabac. Nous assistons à un très grand moment de rock’n’roll, comme on les aime. De ‘Crache Ton Venin’ à ‘Tu Vas Me Manquer’, c’est encore plus de deux heures de concert intense, où tous les fans chantent, dansent (ou plutôt sautent) et s’éclatent.

Puis vint le tour de Bercy (AccorHotels Arena, devrais-je dire), un grand merci à mon « pote » Valentin, sans qui je n’aurais pas eu de place. J’aurais certainement regretté ne pas en être, car la soirée fut fabuleuse. Malgré le fait que ce fut le huitième concert auquel j’assistais, pas de lassitude à l’horizon, bien au contraire, j’en redemandais encore et encore.

Tout d’abord, l’organisation des entrées à Bercy est plus qu’appréciable, vous pouvez arriver à une heure raisonnable, personne ne viendra vous « piquer » votre place dans la file d’attente, ce qui n’est pas le cas partout, n’est-ce pas, messieurs de la sécurité de Marseille et de Nice ? Mais j’aurai l’occasion d’y revenir.

Ce fut également un plaisir de revoir mon « pote » de concert, Jérémy, et de partager ces bons moments avec lui.

LES INSUS ont réalisé une prestation exceptionnelle, sans oublier de nous faire partager leur affection aux Stones : un régal pour les yeux et les oreilles d’un Bercy « sold-out ».

2016 touchait presque à sa fin, et après avoir renoncé à mon déplacement sur Tours, me voici à nouveau à Paris au Zénith, pour la der de l’année, où Jean-Louis nous annonce, jour des quarante ans du groupe, un Stade de France en 2017, devancé par une tournée estivale. Que du grand bonheur, pour nous tous, fans de la première heure des années TELEPHONE, ou fans plus récents des INSUS.

Pour le show, j’étais, pour une fois n’est pas coutume, en gradins, ce qui me permit d’apprécier un peu plus l’acoustique de leur musique. Le son était excellent, c’était bien de les écouter d’un peu moins près.

2017 : To the End

Voici arrivée 2017, avec trois concerts à mon programme.

Tout d’abord NICE, sa Place Massena, en juillet dernier, accueille une nouvelle fois la doublette Miss America et LES INSUS.

Arrivé sur site vers 18 heures, par le biais d’une organisation à la niçoise, et malgré l’importante file d’attente, j’entre dans l’arène en bonne position, au détriment de bien des fans arrivés plus tôt dans l’après-midi, j’en ai profité mais cela reste scandaleux. Me voici une fois encore bien placé pour profiter au maximum des riffs et du son. Ce fut une nouvelle tuerie musicale, appréciée par une arène à guichet fermé.

Plus de deux heures de plaisir, de joie immense, de souvenirs lointains revenant en surface, le pied !


Septembre 2017 : To the Final Countdown.

Dans quelques heures, je vais partir pour l’apothéose de cette extraordinaire tournée, deux concerts successifs dans le mythique Stade de France, devant plus, à chaque set, de quatre-vingt-mille personnes fans inconditionnels du groupe, ou simples curieux voire juste amateurs de rock’n’roll. Je ne voulais en aucun cas rater ces deux derniers moments que nous espérons tous grandioses, car je pense sincèrement que nous n’aurons plus jamais l’occasion de les revoir sur scène, tous ensembles, pour une tournée, comme celle qui va s’achever.

Je pense que ces moments de joie, de pur bonheur, seront aussi très pénibles lorsque les derniers sons se feront entendre, des larmes couleront sur de nombreux visages, j’en ai déjà la chair de poule en écrivant ces quelques lignes.

Je vais donc tâcher d’en profiter un maximum, quelle que soit la couleur du ciel, afin de garder en moi jusqu’à la fin de mon existence, ce souvenir indélébile du plus grand groupe de rock français.

Ils sont venus nous dire au revoir après un silence partiel de trente années, et pour cela, rien que cela, ils doivent en être remerciés.

Merci à vous, Jean-Louis, Louis, Richard, sans oublier Alex, pour tous ces moments de bonheur partagés ensemble.

Merci de l’avoir fait.

Manuel VAREE.

À Cathy…

NB : Toutes les photos ont été prises par mes soins, durant la tournée. Merci de ne pas en faire un usage mercantile.

Peace, Luv’, Sex, and Rock N’ Roll.

Les commentaires sont fermés