Like a Melody | Live report : Festival Sapins Barbus – Dommartin-Lès-Remiremont (88) – 19/08/2017


Quoi ? Y’a un festival rock/metal pas loin de chez moi au milieu de nos sapins vosgiens et j’étais pas au courant ? Ni une, ni deux, après quelques péripéties de planning, direction Dommartin-Lès-Remiremont pour une soirée prometteuse à la programmation alléchante au festival  Sapins Barbus ! En plus, non contents de faire payer les entrées à un prix plus que raisonnable, ils s’offrent le luxe d’une tête d’affiche grandiose, j’ai nommé : Mass Hysteria !

On arrive tranquillement vers 17h sur le site et première bonne surprise : des sourires et de la bonne humeur communicative au parking et à l’accueil. Ah si ça pouvait être comme ça partout, le monde serait merveilleux ! Deuxième bonne surprise : le site. On est entourés par des vallons de sapins et c’est tant mieux parce qu’on l’aime notre forêt vosgienne ! Troisième bonne surprise (oui, il y en a plein), un coin lounge avec des canap’ pour écouter la musique en glandant. Autre super top bonne surprise, pour boire et manger, ce sera du local uniquement et pas cher. Mais enfin, qu’est-ce qu’un vosgien pourrait demander de mieux si en plus d’écouter de la bonne musique, on lui permet de s’offrir de la bonne bière pas chère et du burger à la tomme vosgienne ? On continue dans les bonnes surprises (ben oui !) quand on remarque en faisant le tour que toutes les cahutes et les scènes ont été fabriquées par les petites mains des bénévoles : quel boulot, bravo ! Et le meilleur pour la fin, le soleil : il fait beau putain les gars ! En bref, en quelques minutes, on sait qu’on va passer une très très bonne soirée !

On écoute d’une oreille seulement le premier groupe de la soirée, The Nucleons Project, qui joue sur la petite scène, tout simplement parce qu’on papote à droite à gauche et on se laisse couler par la température ambiante. Mais bon, on ne s’inquiète pas, on aura certainement l’occasion de les revoir vu qu’ils sont de Pont-à-Mousson.

Vers 18h, il est temps de se concentrer sur la musique (on est quand même là pour ça) avec Toybloïd sur la grande scène. Malgré leur jeune âge, le groupe a déjà dix ans d’ancienneté, et pour les avoir déjà vus en première partie de grosses formations comme Indochine, Toybloïd a pris de la maturité et de l’expérience au fil des années, à force d’écumer les routes de France et de Navarre. Les deux meneuses, Lou (chant, guitare) et Madeleine (basse), sont influencées par les plus grandes figures féminines du rock’n’roll, et on ressent leurs inspirations musicales tout au long du set. C’est énervé, grungy, les mélodies sont pêchues, sans nul doute c’est bien produit et réfléchi. Et quoiqu’en dise une partie du public présent ce soir-là, on en prend plein les yeux et les oreilles. Côté instruments, on n’est pas face à des petits joueurs, tant de la part des filles qui font preuve d’excellence, que du côté de Greg derrière ses fûts. Quant au chant, je suis impressionnée par la maîtrise vocale de Lou Sirkis (« fille de » et « nièce de »). Les Toybloïd ont un talent indéniable pour électriser la scène et leur son garage à souhait s’accorde parfaitement à leur image. Le show, égrainant les morceaux de leur premier album, nous fait passer un moment agréable et dansant, même si le public ne semble malheureusement pas très réceptif et s’avère peu nombreux devant la scène. Pourtant, Lou incite à la participation et ira même s’offrir un bain de foule agrémenté de mal de mer. Seul bémol pour moi, à l’exception de Greg qui transpire la bonne humeur, les filles sont avares en sourires ce soir. Soit. Cela ne change rien au fait que si tu as l’occasion d’aller les écouter, ne passe surtout pas à côté !

C’est au groupe suivant, Daale, de prendre possession de la petite scène. Mais c’est pour nous le temps de se restaurer et de profiter des copains, donc on fait l’impasse, il faut faire des choix en festival c’est bien connu !

On est donc fin prêts devant la grande scène vers 20h, pour assister à la suite des réjouissances de la soirée avec Thundermother. Les quatre suédoises, Guernica (chant), Filippa (guitare et membre fondateur), Sara (basse) et Emlee (batterie), forment un line-up tout frais et rien qu’à leur apparition sur scène, on sent leur désir de nous en balancer plein la tronche. Thundermother c’est du cent pour cent bon vieux rock’n’roll, dont on reconnaît fortement des influences chez AC/DC. Pendant une bonne heure, les filles nous abreuvent de leur musicalité et de leur énergie sans faille. Je ne sais pas qui j’ai entendu dire « ouais, ça reste des gonzesses quoi », mais franchement le machisme c’est surfait ! Parce que vue l’étendue de leur talent aussi bien au niveau de la maîtrise instrumentale, de la présence scénique, de la voix (car Guernica est juste parfaite, on est toutes jalouses en fait), de la communication avec le public, il n’y a rien à jeter chez Thundermother ! Pas besoin de préciser qu’on passe un excellent moment en compagnie des filles et l’ambiance commence enfin à monter aux Sapins Barbus, avec les premiers vrais pogos qui apparaissent, et ici, même les sapins se déchaînent (si si, on n’a pas pris de substance illicite, y’a des branches de sapins qui dansent, et même des gens déguisés en sapins. Avoue, ça déchire, ça fout la raclée niveau branchitude aux licornes, super-héros et compagnie). Mention spéciale au charisme des demoiselles, notamment pour Guernica, sacrée gonzesse, et pour Filippa qui ne fait qu’une avec son instrument et prend un plaisir de folie à jouer, ça se voit, même au milieu du public, et qui nous agrémente de petits pas piqués pour sûr à un certain Angus Young. Je ne suis pas forcément une adepte des groupes de nanas dans le monde du rock, mais là j’avoue, c’est tellement bien fait, que si j’étais un mec, j’en perdrais mon latin ! Surtout, ne manque pas le quatuor féminin suédois si elles passent près de chez toi!

On enchaîne vers la petite scène avec les vosgiens de Dog’N’Style, qu’on suit de près chez Like a Melody. Je t’exempte de présentation, puisque tu peux retrouver des articles sur eux pour en savoir un peu plus. Ce soir, la première chose qui me frappe, c’est le nouveau visuel de scène que j’admire pour la première fois : même si c’est pas forcément mon trip (ben oui, ça reste des mannequins genre poupées gonflables quoi), ça leur correspond bien et surtout c’est très bien fait. Bien placé dans le running order du festival entre les princesses de Thundermother et la tête d’affiche, c’est sans surprise que le public (qui n’est pas déjà agglutiné aux barrières de la grande scène) se rassemble pour le show de Dog’N’Style. Et en les attendant, on s’aperçoit seulement qu’avec la nuit tombée, les sapins entourant cette grande scène sont tout de vert illuminés, c’est beau, on continue d’admirer le travail fourni par l’organisation. Bref, le concert démarre avec une chouette intro mais malheureusement on s’aperçoit tout de suite qu’un petit couac technique vient gâcher quelque peu le début du set. On n’entend pas du tout la voix de Greg, et de là où nous sommes, ça nous fait l’impression d’un play-back sans bande-son, c’est déroutant. Bref, problème réglé, on peut enfin se mettre dans l’ambiance. Et on ne sera pas déçus comme d’habitude, ils assurent le show à grands renforts d’énergie, de guitares folles et de batterie percutante. La setlist nous déroule un « Pub’s Calling » festif et efficace, agrémenté de sauts, d’une dose de bonne humeur et d’humour, sans oublier le whisky. Les quatre garçons qui continuent leur petit bonhomme de chemin en écumant les scènes (et les bières) aux quatre coins du pays, et même à l’étranger, sont certainement en train de devenir une jeune valeur sûre  du rock’n’roll. Du coup, on leur souhaite que ce succès mérité ne cesse d’augmenter (au moins à hauteur de leur taux d’alcoolémie).

Il est maintenant temps de se faire une place parmi les nombreux furieux rassemblés devant la grande scène, pour aller écouter la magnifique tête d’affiche : Mass Hysteria ! Présents depuis plus de vingt ans sur la scène française, on ne les présente plus, et rien que leur nom marqué sur une affiche suffit aujourd’hui à attirer un public toujours plus nombreux. Ça s’appelle juste le talent en fait. Le show démarre et on ressent physiquement le frémissement et la ferveur de la foule. Évidemment, on a droit à la quasi-totalité du très bon « Matière Noire », avec ‘Chiens De La Casse’, ‘Vae Soli !’, ‘Tout Est Poison’, ‘L’Enfer Des Dieux’, ou encore ‘Plus Que Du Metal’, entre autres. Titres d’une efficacité redoutable, clairement. Mais ils nous offrent aussi ‘Contraddiction’ ou ‘Respect To The Dancefloor’, sans oublier l’incontournable ‘Furia’ pour la fin et on est au summum de la merveillitude.
Cependant, là je n’ai pas envie de parler technique. Les mecs jouent bien, ils connaissent le job, ça on le sait. J’ai surtout envie d’émotions en fait. Et j’ai été servie. ‘Plus Que Du Metal’, ça résume très bien ce qu’on vit à un concert de Mass Hysteria. Certes, l’énergie dispensée amène à des circle pit ou des wall of death enflammés, mais Mouss n’oublie jamais de nous dire de nous aider à nous relever. Ça pogote, mais dans le respect toujours, on est décontractés, on peut se déchaîner en paix.
Ce que j’aime chez Mass Hysteria, c’est ce mélange d’influences musicales qui rassemble. Quand les samples de certains titres sont lancés, je reçois une injection directe dans mes veines, comme si la musique s’insinuait peu à peu en moi pour faire vibrer mon cœur au rythme des mélodies, « à la limite de la transe »Ce côté electro apporte un plus énorme, ça ne fait que renforcer la profondeur de leur son. Outre le fait que Mouss communique parfaitement avec son public, jusqu’à venir au contact au milieu de la foule c’est bien connu, l’impression de communion est réelle. Pendant ce concert, j’ai vibré, vraiment, j’ai ressenti de nombreuses émotions essentielles qui sont ce pourquoi on vit.
Il est vrai que j’ai suivi de plus ou moins loin la carrière de Mass Hysteria au cours de ces dernières années, mais à force de les voir un peu partout en festival, j’ai recommencé à m’y intéresser de près. Aujourd’hui, je peux avouer que je suis amoureuse des textes de Mouss. Ces textes, qui me percutent droit au cœur, qui me font réfléchir, qui me réconfortent ou m’interpellent. Ces textes, qui prônent la positivité ou l’insurrection. Ces textes, qui me prennent aux tripes et m’émeuvent au plus haut point même en live. Surtout en live. Ces textes, que j’aurais voulu écrire, pour certains. Ces textes, appuyés par des mélodies à la fois hypnotiques et remuantes, ou plus introspectives. Ces textes, déclamés par un leader charismatique qui transpire le « positif à bloc », un Mouss maître incontesté et respectueux de ses furieuses et furieux, un chanteur qui s’embellit avec les années. Certes, il n’a peut-être pas la plus grande voix de notre scène française, mais il a ce truc en plus d’empathie et de sincérité…
Tout au long du show, j’ai vu de la convivialité, des sourires sur les visages, j’ai vu des gens se lâcher, des gens émus, des gens qui découvraient le groupe, leurs grands yeux étonnés par la frénésie environnante. J’ai vu des gens découvrir le monde merveilleux des festivals et du metal, se frotter à leurs premiers pogos ou tenter leurs premiers slams. Des gens juste heureux.
Ce soir, je me suis sentie plus furieuse que jamais.
Lorsque le set se termine, mon corps et mes cordes vocales sont fatigués, mais je suis blindée d’endorphine, regonflée à bloc. Et comme j’ai coutume de le faire quand j’ai vécu un moment intense, je voudrais juste remercier Mass Hysteria : merci d’être là, d’y avoir cru, de continuer. Et rendez-vous bientôt sur scène, je l’espère.

Après toutes ces émotions, il nous faut malheureusement repartir, nous ne verrons pas Dirty Work Of Soul Brothers ni Backstage Rodeo. Mais à ce que j’en ai entendu dire, la soirée s’est achevée comme elle a commencé : dans l’énergie et la bonne humeur avec une musique de qualité.

Si tu crois encore que dans les Vosges, ça ne vaut pas le coup d’y aller, je ne te dirai qu’une seule chose : rendez-vous à la prochaine édition des Sapins Barbus, y’a des chances que tu veuilles être adopté !

Pour retrouver les Sapins Barbus :
Website : https://www.sapinsbarbus.com/
Facebook : https://www.facebook.com/SapinsBarbus/

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