Like a Melody | Live report : East Summer Fest – Dieulouard (54) – 22/07/2017


C’est reparti pour un tour au East Summer Fest, en Lorraine, pour sa septième édition ! On t’en a déjà parlé pas mal l’année dernière (report ici) et le festoche garde ses qualités : convivialité, ambiance familiale, taille humaine, tarif au poil et prog d’enfer ! S’étalant toujours sur deux jours, pour nous c’était seulement le samedi cette fois, mais ça ne nous a pas empêché de profiter à fond de cette (trop courte) soirée, avec pour invitée d’honneur la pluie, hé ouais la Lorraine quoi !

C’est sous le soleil qu’on arrive un peu avant 19h et y’a déjà pas mal de monde qui attend l’ouverture des portes, c’est bon signe ! Le festival conserve sa configuration habituelle avec sa restauration, ses stands de merch et commerces, son chapiteau show case et des artistes qui bossent en live : tant mieux, notre chronicité n’est pas perturbée et on est comme à la maison du coup. Après un petit tour du site, on commence par manger, comme ça on est parés pour la suite de la soirée. Et là, on s’aperçoit que Spiderman et Jésus sont parmi nous, ça promet !

 

Il est un peu plus de 19h30 lorsque les locaux de Snap Border débarquent pour ouvrir le bal. Alors, on t’en avais déjà parlé plusieurs fois aussi, notamment en chroniquant leur album « Alternative Current Box » (par là), et autant te dire que perso, j’attendais de les voir sur scène avec curiosité et impatience. Première surprise, un public déjà nombreux pour ce premier concert de la soirée est présent devant la scène. Certes, ils sont du coin, mais quand même ça fait plaisir. Résultat, aucune déception, au contraire ! On a eu droit à un set efficace, tout en énergie et en maîtrise, avec une voix puissante et des musiciens en forme. Ajoutez à cela la banane sur leurs visages et quelques encouragements du chanteur bien placés et ça fonctionne à merveille, le public esquissant les premiers pogos en est la preuve. Coup de cœur particulier pour ‘Ghost’ que j’avais déjà particulièrement aimé avec la version album. En bref, si tu veux voir un groupe qui envoie et qui mérite toute ton attention, je te conseille d’aller voir Snap Border !

 

Cette première petite pépite passée, pas le temps de souffler et rendez-vous sous la chapiteau pour une interview de la tête d’affiche de ce soir : Ultra Vomit. Évidemment, on s’attendait un peu (même beaucoup) à ce que ça parte en sucette et on a été servis, on a ri, mais qu’est-ce qu’on a ri ! Les quatre énergumènes s’en donnent à cœur joie dans la déconnade, avec une mention spéciale pour Manard et son (affligeant mais néanmoins efficace) humour. On passe un moment de pur plaisir avec eux, et je n’aurais pas spécialement aimé être à la place de l’animateur (ça aurait été trop dur pour moi de garder mon sérieux). Sinon, on a quand même appris des trucs hein. Et là, paf des trombes d’eau se mettent à tomber sur Dieulouard, une punition pour pêché de rigolade et de flemmardise ? Coupure de courant et problèmes techniques n’entachant en rien l’ambiance, on enfile les ponchos et on s’élance vers la scène pour la suite du programme.

 

Place aux Caméléons et leur rock festif teinté de ska qui font disparaître la pluie, le soleil ne se repointe pas dans le ciel mais tant pis on l’a sur scène ! Écumant les scènes depuis une vingtaine d’années, la joyeuse bande n’a rien à prouver et nous balance un set plein de bonne humeur, de rythmes dansants, de cuivres sans contrefaçon et de textes chantants. On passe un super moment avec eux, mais la pluie se repointe et oui, on l’avoue, on s’est mis à l’abri, on a donc écouté la fin du concert de plus loin. Peu importe, la bonne ambiance est communicative et ça se voit grâce au public courageux (pas comme nous) qui persiste devant la scène et qui en plus se remue. On sent que Les Caméléons font partie de ces groupes nés dans les années 90 qui ont seulement pour ambition de faire la fiesta sur scène, avec une petite touche revendicative, et puisque la sauce prend, ne changez surtout pas la recette !

 

On retourne illico sous la chapiteau pour l’interview de Snap Border et en prime un petit live. Pour le coup, on apprend plein de choses sur eux, on ne s’ennuie pas une seconde et on rigole aussi. Les cinq garçons, tout comme sur la scène auparavant, ont vraiment l’air content d’être là et leur petite session acoustique remporte un succès mérité, avec en point fort, toujours, la voix de Franck comme point d’encrage sur des mélodies impeccables.

Humides, on se dirige vers la scène pour le show des Burning Heads. Tournant eux aussi depuis un peu plus de vingt ans, et sur les scènes internationales, on s’attend à un live explosif. Leur punk rock teinté de reggae est réellement intéressant, le public a l’air d’en avoir pour son argent mais malheureusement, je déchante un peu et n’accroche pas vraiment. Alors, peut-être que ça manque un peu de sourires et d’ondes positives pour moi, ou peut-être est-ce la pluie qui commence à éreinter mon jugement ? Peut-être bien que la météo les affecte eux aussi… A revoir, pour ma part. Même si ce n’est pas la prestation qui m’a le plus emportée ce soir, je ne peux pas dire que le job n’est pas fait, ils sont pro et je retiens notamment la performance du bassiste. Et leurs reprises sont efficaces (comme celle des Clash). Et tant que le public suit, tout va bien ! Je vais quand même me mettre à écouter sérieusement leur discographie, histoire de ne pas rester sur un avis mitigé.

 

Pendant qu’on râle après cette météo qui nous afflige, Les Caméléons sont en show case. Une nouvelle fois, c’est un bon moment passé avec eux, avec en supplément une session live qui met la patate !

 

Et là, grand moment, le clou de la soirée se profile à l’horizon, la foule resserre les rangs devant la scène : Ultra Vomit se prépare. Pour avoir assisté aux balances aux premières loges, j’ai d’abord cru que j’allais voir un concert de Metallica. Puis j’ai compris. Tu croyais venir au pestacle ? Pas de bol, ces gars-là sont loin d’être des guignols ! Et c’est avec un public sous tension palpable que vers minuit et demi le show s’ouvre avec une intro à couper le souffle. OK, j’exagère un peu, mais les chorégraphies de chacun des membres du groupe sur fond du thème de Fort Boyard, après une arrivée « cartoonesque », ça a de la gueule. Tu peux rire, mais essaye de faire pareil, à mon avis tu rigoleras moins (ou tellement) ! La setlist fait la part belle aux morceaux du nouvel album « Panzer Surprise », avec notamment ‘Un Chien Géant’, ‘Calogira’ ou ‘Takoyaki’. Mais on retrouve avec plaisir des titres d’ « Objectif Thunes » qu’on kiffe à fond, comme ‘Boulangerie Pâtisserie’ ou ‘Je Possède Un Cousin’ et on s’éclate. On passe également un super moment sur ‘Pauv’ Connard’ parce qu’on adore nous aussi insulter le fan monté sur scène pour jouer ce pauvre connard, c’est jouissif (et en plus ça a l’air de lui plaire). Grand moment également avec le désormais célébrissime wall of chiasse sur ‘Pipi Vs Caca’ (les mecs s’appellent Ultra Vomit, je vous rappelle…). Perso, j’ai beaucoup aimé ‘I Like To Vomit’, simple, efficace mais tellement bon, pi au moins on peut chanter ! Sans compter l’incontournable ‘Je Collectionne Des Canards (Vivants)’, avec notre chouchou Andréas dont on attendait l’apparition avec impatience pour prendre notre pied (oui, on est un peu des groupies). Et pour le rappel, on n’oublie pas le tube de l’année ‘Kammthaar’, achevant d’emporter l’adhésion de tous.
Cessons de déconner. Ultra Vomit, avant d’être un groupe parodique, c’est avant tout des mecs qui envoient du poney ! C’est technique, c’est carré, c’est maîtrisé, ça tabasse grave à la batterie et ça déchire à la guitare. Sur ce coup-là, on comprend que Manard soit quelque peu fatigué après certains morceaux, parce que le gars il envoie du lourd derrière ses fûts. Quand à Flockos, même la crête en berne, celui-là ferait rougir de nombreux guitaristes, et le petit Matthieu à la basse nous « encharisme » malgré nous. Et que dire de Fetus ? Le type il gère sa voix, sans aucun doute possible, il peut tout chanter, il peut tout imiter, il joue comme un dieu, bref il est énervant.
Ajoutons à cela quelques intermèdes et discours au ton ravageur, une mise en scène travaillée (oui oui!) et je n’aurais jamais pensé dire ça un jour, mais c’est une des meilleures prestations live auxquelles j’ai assisté (tu as le droit de me lyncher ou de trouver que j’ai vu que des concerts de merde dans ma vie ). Les gars se congratulent et s’auto-pipent (pardon, c’est pas moi, c’est eux) en disant qu’ils sont excellents, et bien oui, vous avez été excellents, on confirme. Si tu ne les as encore jamais vu, cours vite t’acheter une place pour leur méga tournée parce tu ne seras pas déçu crois-moi ! Tu peux même venir en famille (ou pas).
Spéciale dédicace pour Andréas, le mec des canards (et commercial entubeur), dont la gentillesse est à la hauteur de sa folie.
Ultra Vomit : le groupe de l’avenir de la chanson française ! OK, en vrai, le groupe, un peu moins grind mais toujours braillard,  a sa place belle et bien méritée sur notre scène française ! Rendez-vous bientôt dans les Vosges les garçons, on sera là pour faire nos groupies, désolés !

Le East Summer Fest ne perd rien de son attrait au fil de ses éditions et nous a proposé une nouvelle fois une soirée comme on aime. On remercie particulièrement les techniciens qui gèrent et les bénévoles qui gardent le sourire même avec une météo pourrie, ainsi que Roxane (organisation et programmation), dont vous pourrez retrouver une interview très bientôt ! À l’année prochaine !

Info : Les photos ne sont pas libres de droit, pour toute utilisation, merci de contacter les auteurs, Yannick et Pauline !

Pour retrouver le East Summer Fest c’est ici : https://www.facebook.com/East-Summer-Festival-182805485103303/

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