Like a Melody | Live Report : Her + Lucy Rose – Festival R.Pop La Roche sur Yon (85) – 06/07/2017


Aaaaah l’été ! La saison des festivals ! L’occasion d’enrichir ta culture musicale et d’assouvir ta soif d’émotions pures. C’est exactement cela dont il était question, jeudi 6 juillet, lors du festival R.Pop à la Roche sur Yon. Seconde édition de ce festival qui je l’espère perdurera très très longtemps. Tu veux savoir pourquoi il est si spécial ? Car ses mots d’ordre sont “treize concerts gratuits en un mois”. La ville a le plaisir de t’accueillir en plein air, dans le jardin de la Mairie. Un petit espace convivial. Cette Vendée hyperactive donne la chance de découvrir des artistes émergents, provenant de France, de Grande-Bretagne, des USA en passant par le Nigeria ainsi que l’Australie. Tu as désormais le secret pour bien débuter ta route de festivalier !

Au programme ce soir, Her et Lucy Rose en première partie. La scène est parée d’innombrables instruments. Le public patiente sur l’herbe, bière à la main. La fosse est déserte. Pourquoi n’osent-ils pas ? Peu importe, je me réserve la place au premier rang ! Deux ou trois conversations plus tard, Lucy Rose entre sous des applaudissements timides. Effectivement ici, seuls trois fans l’attendaient impatiemment (dont… moi). Étrange, alors qu’il s’agit d’une artiste internationale. Les yonnais, curieux, s’approchent.

Lucy Rose est une chanteuse et compositrice britannique. Trente-et-un ans et déjà trois albums à sa discographie. De plus, la demoiselle a sorti récemment un documentaire racontant sa tournée solo en Amérique Latine l’année passée. Résidente chez Columbia Records depuis 2012, son dada c’est le folk. La jeune femme se balade entre la batterie, le piano, la guitare électrique et acoustique. A travers ses chansons, tu pourras entendre du Niel Young ou du Joni Mitchell puisque ce sont eux qui la font vibrer. Plus actuelle, on la compare à Angus et Julia Stone, The Staves, Aurora
A 21h30, la petite silhouette s’avance au centre et nous enivre de sa voix si claire, fluette mais chaude. Sans intro, elle attaque directement avec ‘Love Song’ un titre de son nouvel album. Lucy Rose ne se présentera que plus tard, tout en s’excusant pour son français médiocre. Nous l’excusons car son anglais est parfaitement compréhensible. Deux anges gardiens à ses côtés. L’un bassiste, choriste, guitariste et barbu. L’autre est pianiste, guitariste et violoniste. A eux trois, ils enjoliveront notre soirée, adouciront nos visages, rendront la musique un peu plus précieuse encore. Le public semble enfin captivé. Assise derrière le piano, Lucy annonce à quel point elle est fière de sortir son troisième album le lendemain. Elle nous joue alors ‘No Good At All’, un délicieux avant-goût de “Something’s Changing”. Elle nous fait maintenant cadeau d’une chanson qui lui tient particulièrement à cœur. ‘Moirai’ se glisse dans nos écoutilles. Instant de spleen… “let me down, let me down…” ce sont ses mots. Ce soir, nous nous sommes promenés au travers de ses trois œuvres. Que c’était doux ! See you soon miss Lucy.

La nuit nous a rejoints. Her en a fait de même.
Présentons LA grande découverte de la soirée. J’ai un peu de retard puisque Her est un groupe fondé depuis 2015. Une ascension fulgurante que Victor Solf (chant, clavier) et Simon Carpentier (chant, guitare) doivent à la femme. Ils l’aiment et lui font honneur en deux albums. “Her Tape #1” et “Her Tape #2” confirment leurs dires “on est féministe”. Le duo français expose son point de vue de la BBC à KEXP, d’un concert aux Trans Musicales (2015) jusqu’à New York. C’est avec une pop sensuelle, mélangeant électro et soul que ces dandies conquièrent le monde.

Après de grandes embrassades en coulisses, il est temps pour Her et ses musiciens de monter sur l’estrade. Chacun à son poste. Une batterie, trois guitares électriques, une basse, un séquenceur, des chœurs. Rassure-toi, ils ne sont que cinq sur scène mais beaucoup sont doués de plusieurs talents. ‘We Choose’. Plutôt triste, profonde et percutante. Un choix intéressant comme introduction. Bientôt ‘Neighborhood’, celle-ci est plus rythmée. Nos corps ondulent, nous ne pouvons plus lutter. Victor impose sa voix surpuissante, son grain soul, légèrement cassé. Les mains en l’air, largement ouvertes vers nous. C’est un grand homme déambulant dans sa tenue de gentleman, les cheveux plaqués en arrière. Simon est malheureusement absent. Il doit se reposer. Son autre moitié lui dédie alors ‘Blossom Roses’ dont le clip est sorti récemment. La soirée bat son plein. ‘Five Minutes’ retentit. Le public yonnais reconnaît le single. Décomplexés, nous chantons, nous dansons. Le bassiste est possédé tout au long du set. Les yeux révulsés, secouant ses tresses africaines et le son intracutané. Nous enchaînons avec une reprise de Sam Cooke ‘A Change Is Gonna Come’ afin de mieux comprendre qui ils sont et pourquoi ils sont. Il y aura eu beaucoup d’énergie au jardin de la Mairie. Un seul regret, malgré nos sollicitations, Her n’est pas remonté sur scène. Aucun problème, ils avaient déjà tout donné !

Comment conclure lorsque ces deux performances t’ont laissé bouche bée.
Des refrains encore plein la tête.
Une bonne envie d’y retourner.
Et toi ? Tu feras quoi l’année prochaine, de juin à juillet ?
Si tu ne peux pas attendre… Her est en tournée en France et ailleurs (surtout ailleurs). Lucy Rose et son Worldwide Cinema Tour sillonnent le monde.

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