Like a Melody | Live report – Hellfest 2017 – Day 1 – 16/06/2017

C’est le mois de juin, et pendant que d’un côté on fête l’arrivée de l’été, de l’autre on se réjouit de l’approche du grand rendez-vous annuel des fans de metal du monde entier : le Hellfest.

En arrivant sur le site, quelques changements se font remarquer, notamment l’entrée qui est maintenant matérialisée par un immense ampli servant de portique. La fameuse cathédrale est en revanche toujours là, même place, là où on l’attendait, prête à laisser entrer les quelques milliers de visiteurs du festival. Elle a reçu quelques améliorations depuis l’année dernière : elle crache du feu maintenant. D’ailleurs en parlant d’amélioration, en voici une autre de taille : si l’année précédente l’entrée sur le site était assez laborieuse et pouvait prendre jusqu’à une heure, cette année cela ne prend jamais plus de dix minutes. En cause, la mise en place de bracelets électroniques et de portiques, servant à fluidifier les déplacements d’un nombre de festivaliers toujours plus important. La superficie du site a aussi été augmentée : c’est plus vivable, et plus adapté au nombre de personnes. Côté Warzone, la statue de Lemmy est toujours là, veillant sur le festival. Le skate-park a été converti en brumisateur, ce qui n’est pas plus mal vu les fortes chaleurs annoncées ce week-end. Non loin de là, on peut retrouver un fuselage d’avion, qui semble s’être écrasé dans le bois du Muscadet. Pour la petite histoire, ce fuselage provient d’un vrai Antonov An2 de 1957 ayant servi plusieurs années dans l’armée avant de passer avion de collection. À la suite d’un accident (aucune victime heureusement), seul le fuselage sera récupéré, et il finira quelques temps plus tard sur le site du Hellfest.

Inglorious

Pour débuter cette première journée, Inglorious est le groupe parfait ! Cette formation hard rock à l’ancienne dégage une réelle énergie sur scène, et malgré le créneau difficile qui leur est attribué, ils réussissent très bien à capter l’attention du public. Un groupe à retenir.

Sidilarsen

Si leur style de musique n’est pas forcément ma tasse de thé, les toulousains assurent bien sur scène, et leur premier passage sur la Mainstage du Hellfest est plutôt réussi.

Booze & Glory

Petit passage du côté de la Warzone pour Booze & Glory. À mi-chemin entre punk et rock anglais, leur show est plutôt dynamique et s’écoute bien, sans pour autant réinventer les codes du genre.

Textures

Retour au niveau des mainstages pour le premier concert que j’attendais vraiment dans cette édition, et ce pour deux raisons. La première, c’est que les albums studio de Textures sont tout simplement excellents. La seconde, c’est que ce sera malheureusement la dernière occasion de les voir, puisque le groupe a décidé de se séparer à l’issue de cette tournée. Et quel dommage ! Musicalement, on retrouve des rythmiques saccadées caractéristiques de leur style très technique, accompagnées d’une bonne alternance growl/chant clair. Si le show en lui-même n’est pas le meilleur du fest, c’est pour la musique que je reste.

Animals as Leaders

Ayant déjà vu Animals as Leaders en salle, je ne jette au concert qu’une oreille distraite. Ce groupe de metal progressif est assez particulier : pas de bassiste, mais deux guitaristes jouant sur des huit cordes, accompagnés d’un batteur. Pas de chanteur non plus, les compositions sont uniquement instrumentales. Le résultat donne une musique très recherchée, et surtout extrêmement technique. Le bémol à cela est que celle-ci se prête assez peu au live, surtout en festival.

Avatar

Avatar est un groupe assez indescriptible pour lequel la mise en scène a presque plus d’intérêt que la musique elle-même. Il y a du metal industriel là-dedans, du death mélodique aussi, mais surtout un thème, celui du cirque, exploité à fond. Le chanteur se métamorphose ainsi en une sorte de Monsieur Loyal maléfique, attirant toute l’attention sur lui et ses grimaces incessantes. Un groupe taillé pour la scène, c’est certain.

Devin Townsend Project

Face à la scène, quasiment au niveau des barrières, j’attends impatiemment l’arrivée sur scène d’un musicien que j’admire beaucoup : Devin Townsend.

Le bilan est en demi-teinte. D’un côté le jeu de guitare et la voix extraordinaires de Devin sont là, et en live sa maîtrise vocale est d’autant plus impressionnante. Son sens de l’humour et son autodérision sont là aussi, tout comme son côté « pas de prise de tête » (on pouvait d’ailleurs l’apercevoir s’occuper lui-même du check des instruments avant d’entrer en scène et prendre quelques photos au passage !).

Mais d’un autre côté, le concert manquait d’une certaine saveur. D’abord au niveau de la setlist : « Transcendence » est quasiment le seul album représenté. La mise en scène quant à elle reste très sobre : on est très loin des délires de Ziltoid ou du véritable spectacle qu’était Retinal Circus. En fait, tout cela est surtout dû au format festival : pour un groupe habitué aux concerts très longs s’apparentant quasiment à des spectacles, les cinquante minutes réglementaires allouées à leur show ont un goût amer, et c’est bien dommage.

Powerwolf

Deuxième fois que je vois ce groupe, et l’effet reste le même ! Pour reprendre les mots du sympathique Attila (chant), les allemands de Powerwolf nous offre ici une « grande messe du heavy metal ». La mise en scène est théâtrale, comme la musique d’ailleurs, l’interaction avec le public toujours présente et l’ambiance est au rendez-vous !

Corvus Corax

Alors comment dire… Corvus Corax, c’est une peu l’inverse de ce qu’on a habituellement : sur le papier, ça paraît totalement foireux, mais en vrai c’est absolument génial. En gros, les gars font du metal avec un nombre d’instruments incroyable, mais si possible des instruments n’ayant aucun rapport avec le metal, ni avec la musique actuelle d’ailleurs. On retrouve tout à tour cornemuse, biniou, bombarde, mandoline, et une foule d’autres instruments moyenâgeux que je serais incapable de nommer, ce qui donne un joyeux cocktail médiéval à tendances celtiques, de quoi mettre même un fan de black metal de bonne humeur ! En plus de leurs compositions, le groupe s’offre le luxe de nous faire une reprise d’Amon Amarth à leur façon avec ‘Twilight of the Thunder God’ : le résultat est totalement jouissif !

Deep Purple

Après un passage plutôt mitigé en 2014, Deep Purple revient cette fois avec la ferme intention de reconquérir le public clissonnais, avec cette fois-ci un créneau d’une heure trente en tête d’affiche. Force est de constater que le résultat est clairement au-dessus, avec notamment un Ian Gillan en bien meilleure forme vocalement, et une setlist qui fait la part belle au classique. Néanmoins, de la part du groupe ayant autrefois produit l’un des meilleurs albums live au monde (« Made In Japan »), on était probablement en droit de s’attendre à une performance plus impressionnante.

Alestorm

Pour finir, direction la scène Temple pour les pirates d’Alestorm. Malheureusement, ça ne prend pas : le son approximatif, l’heure tardive et la trop grande quantité de monde me font finalement quitter le concert plus tôt que prévu. Tant pis, Alestorm ce sera pour une autre fois.


Crédit photos : Lola Photographies – Laurence Amielh / Photos non libres de droits.

Les commentaires sont fermés