Like a Melody | Billet d’humeur : Linkin Park – Pour le meilleur et pour le pire !

Pourquoi ? À quoi jouent-ils ? Voici le genre de questions que je me suis posé après l’écoute de « One More Light », le septième album du groupe Linkin Park. Hors de question pour moi de le chroniquer. Voici donc un billet d’humeur, parce qu’au bout d’un moment il faut arrêter de déconner !
Petite piqûre de rappel, Linkin Park à l’origine est un groupe de neo metal ( OUI de neo metal !!!!) crée en 1996 qui s’est fait connaître en 2000 grâce à son premier album studio, le fabuleux « Hybrid Theory » (un des album les plus vendus du XXI siècle). S’ensuivra quelques années plus tard un album de même calibre « Meteora ». La principale particularité du groupe est de mélanger le hip hop au metal. Ce dernier représenté par la guitare et la basse (Brad Delson et Phoenix) ainsi que le chant de Chester Bennington, le rap quant à lui par les scratch du Dj Joe Hahn et les couplets de Mike Shinoda.

En 2007, premier tournant musical (pour certains le début de la fin). Après avoir reçu quelques critiques visant les structures des morceaux (couplet rap, refrain chanté, couplet rap, refrain chanté, pont chanté), le groupe sort son troisième album « Minutes To Midnight », plus engagé, moins metal et plus rock. Le style du groupe change, mais l’album reste très  bon. Dans le même temps, un nouveau public fait son apparition.

Nous voici maintenant en 2010, l’electro est à la mode, présente dans tout style de musique, et avec « Thousand Suns », Linkin Park ne déroge pas à la règle. En live cela se fait sentir, la setlist étant très éloignée de l’époque du « Live In Texas » datant de 2003 (live que tu regardes encore aujourd’hui avec beaucoup de nostalgie). Le public change, certains fans décrochent et d’autres découvrent le groupe grâce à cet album.
2012, « Living Things » fait son apparition (le pire album selon moi, enfin avant « One More Light »). Une première partie qui tient à peu près la route (en se forçant un peu) puis une seconde beaucoup moins, avec quasiment pas de guitare, une electro omniprésente  et un style légèrement plus pop. Certains nouveaux fans le considèrent comme le meilleur album du groupe.

 

Avec la sortie de « The Hunting Party » en 2014, le groupe annonce un retour aux sources, avec un album plus rock, plus garage, plus bourrin, plus brut ! L’album commence par ces lyrics : « No control, no surprise ». Les fans de la première heure se réconcilient avec le groupe grâce à ce disque, qui ne sera pas une réussite en terme de ventes.

Enfin lorsque le groupe annonce la sortie d’un nouvel album pour 2017, on ne connait pas la direction musicale choisie par les californiens. Il est important de rappeler une chose concernant Linkin Park, c’est qu’il s’agit d’un groupe ultra talentueux qui malgré les directions prises musicalement, a livré des albums de qualité, c’est surtout le style musical choisi qui déplait. Concernant les concerts, ce sont de superbes shows qui avoisinent les 1h30, durant lesquels les fausses notes ou les ratés sont rares voire inexistants.
Le groupe choisit ‘Heavy’ comme premier morceau, histoire de nous faire patienter avant la sortie du CD. Surprise générale, c’est de la pop et le titre est ultra calme… La déception est énorme. Viendront ensuite ‘Battle Symphony’, ‘Good Goodbye’ et ‘Invisible’. Le choc est brutal, les craintes sont confirmées. C’est de la pop ultra commerciale, et on irait jusqu’à se demander ce que sont devenus le bassiste et le guitariste du groupe (chômage technique ??). Quant au rap de Mike Shinoda, il a droit à un petit couplet sur ‘Good Goodbye’ mais rien de plus. On espère presque à une blague du groupe, on se rassure comme on peut en se disant que les autres titres qui constitueront l’album seront différents. Mais il n’en sera rien !!! Finalement on se dit que ‘Heavy’ n’est pas si mal et qu’à part peut-être un ou deux titres que l’on tolère, le reste de l’album n’a plus rien à voir avec le style Linkin Park.

Est-ce que ce sont les ventes de l’album précédent, moins élevées que d’habitude, qui ont poussé le groupe à prendre cette direction ? Pas sûr vu la sortie médiatique de Chester Bennington visant les détracteurs de « One More Light » « ‘Oh ce n’est pas du metal donc je n’aime pas’, très bien, ce n’est pas grave, mais si tu es le genre de personnes à dire un truc comme ‘ils ont réfléchi en termes de marketing en faisant cet album pour gagner de l’argent’, et bien là tu peux venir me voir à la sortie pour que je te casse la gueule parce que ce n’est vraiment pas la bonne réponse. ».
Il faut rappeler que les membres du groupe n’ont plus vingt ans et peut être que sauter partout en gueulant ne les intéresse plus. Mais bon, d’un autre côté, en écoutant « One More Light » on se fait chier. Sur cet album le groupe a plus misé sur le fond que la forme, car les lyrics sont profondes et touchantes.
Pour les groupies (« Chester est trop beau et chante trop bien ») ainsi que pour un public lambda, « One More Light » est un bon album où tout titre est susceptible de passer à la radio. Mais pour les rockeurs, metalleux ou la presse spécialisée, l’album est clairement à oublier (le site alternativnews.com a conclu sa chronique par « recommandé si vous aimez vous faire chier / ou si vous êtes ultra fan du groupe… et encore… ».
Il y a qu’à voir les réactions après leur prestation au Download le 9 juin dernier, certains se sont fait chier, d’autres sont partis pendant la session electro du set. «Le problème c’est que c’est du 50/50 une partie avec les morceaux trop bien de leur début et une autre avec leurs nouvelles chansons moins bien, ce n’est pas ce qu’on attend d’eux. » « On attend du Rock et du rentre dedans ! »
Il fallait voir la réaction du public lorsqu’ils ont entamé le bon vieux ‘One Step Closer’. Mais même lorsque qu’on approchait de la fin du concert et qu’ils ont envoyé cinq ou six titres qui démontent et ont retourné le festival, il a fallu qu’ils calent un ‘Heavy’ tout pourri au milieu et cassent le délire. Ce week-end ils étaient  présents au Hellfest et même son de cloche : »Ce n’est pas des morceaux a jouer au Hellfest » ou encore « … sur certains morceaux les guitaristes se sont fait clairement chier, ne savaient même pas où se mettre… »  (Ils ont eu droit a quelques sifflets et Chester a été la cible d’un jet de projectile sur ‘Heavy’).

Avec « One More Light », LP touche le fond, à l’image du nom de certains morceaux comme ‘Invisible’ ou encore ‘Sorry for Now’ (oui vous pouvez l’être). On va donc attendre le prochain album en espérant autre chose, peut-être plus dans le hardcore, le groupe ayant l’habitude de changer de style, alors pourquoi pas ? Certains diront que l’album est différent mais bon, d’autres qu’ils faut s’adapter à l’évolution du groupe. Au bout d’un moment faut arrêter de déconner, on ne peut plus s’adapter, cette fois-ci on subit ! Je vous laisse je retourne écouter « Hybrid Theory ».

Signé : un fan aussi triste qu’énervé après avoir écouté « One More Light » !

Bonus : 

Ca c’était avant!

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