Like a Melody | Live Report : Tagada Jones + No One Is Innocent + Charly Fiasco @Le Bikini, Toulouse – 27/04/2017


Par cette belle soirée d’avril 2017, alors que les français, dans une poignée de jours, choisiront leur futur dirigeant, la salle du Bikini à Toulouse affiche carton plein. Inutile de vous dire qu’en cette période hautement politique, le combo No One Is Innocent et Tagada Jones ne risquait pas de passer inaperçu, connaissant les engagements de ces deux groupes.

On commence avec Charly Fiasco, un groupe de punk rock français dont l’attitude plutôt fun et légère n’empêche pas d’envoyer sévère sur scène. Leur prestation se termine sur un magnifique « Chenille Pit », la version toulousaine du Circle Pit !

On enchaîne ensuite sur un groupe qui n’a plus rien à prouver sur la scène rock française. Sur les routes depuis plus de vingt ans, No One Is Innocent est ici ce soir pour dénoncer les injustices de ce monde, à grand renfort de riffs énergiques et de lumières gérées parfaitement. L’énergie dégagée par No One est tout simplement incroyable. Très dynamiques sur scène, les musiciens jouent avec une passion qui se ressent jusque dans la fosse. Le groupe interprète une setlist de plus d’une heure, bardée de morceaux accusateurs, mais aussi porteurs d’espoir, allant de ‘Silencio’ à ‘Djihad Propaganda’,  de ‘La Peau’ à ‘Nomenklatura’. Ce titre est d’ailleurs conclu par un puissant « La jeunesse emmerde le Front National », repris par le public à l’unisson. Les fans seront invités à monter sur scène pour le dernier morceau, ‘Charlie’, en compagnie des No One et de Niko, chanteur de Tagada Jones. Fidèle à sa réputation, comme les Bérus en leur temps, No One se fait parfois quelques ennemis, mais aussi beaucoup d’amis, comme en ce soir d’avril qui restera gravé dans nos mémoires pour longtemps.

La suite de la soirée, c’est Tagada Jones, groupe de punk rock rennais en tournée pour leur nouvel album, « La Peste et le Choléra » (chronique ici). Les Tagada ont la rage au ventre, et eux aussi savent le communiquer lorsqu’ils sont sur scène. On le sait et on l’apprécie : Tagada ne fait pas dans la dentelle. Des rythmiques simples mais efficaces, et des paroles agressives mais terriblement lucides, voilà ce qui a fait la renommée du groupe depuis des années. Ce soir, les deux derniers albums sont largement représentés avec des morceaux tels que ‘Mort aux cons’, ‘Tout va bien’ ou encore ‘Karim et Juliette’. Le titre ‘Je Suis Démocratie’, écrit au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo, apporte un message très fort : au-delà des clivages, c’est un véritable appel à l’espoir et à l’unisson qui est proclamé ici. La fin du concert est marquée par l’arrivée d’un invité de marque : Xa Mesa, batteur du groupe Parabellum. Les Tagada rendent ainsi un vibrant hommage à leurs prédécesseurs avec une reprise de ‘Cayenne’.

Le retour à la réalité est difficile, mais on ressort de la salle satisfait, content d’avoir pu crier ce qu’on pense, et content qu’il y ait aujourd’hui encore des groupes pour en faire le relais. Espérons que ça durera…

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