Like a Melody | Live report : Dungortheb + Blazing War Machine + Lacuna Coil – La Souris Verte (Epinal) – 08/04/2017


En ce beau week-end de printemps, quoi de mieux le samedi venu que de s’offrir une soirée metal dans la petite salle vosgienne qu’on affectionne tant : La Souris Verte ! Au programme, trois groupes, de la convivialité, de la sueur et des oreilles frétillantes !

Et ce sont les locaux de Dungortheb qui ouvrent le bal ce soir ! Forts de leur expérience avec de nombreuses scènes foulées, malgré leur petit nombre d’albums studio et plusieurs changements de line-up, les cinq garçons comptaient nous en mettre plein la vue avec leur death metal calibré pour la scène. Pari réussi les gars !
Entrée sur scène à 20h30, la salle est déjà bien remplie pour ce début de soirée, et l’on découvre avec joie une intro et une mise en scène travaillées, preuve qu’ils ne sont pas là pour faire de la figuration ! L’une des caractéristiques remarquables de leur son : la technicité ; à ce niveau on est servis ! Outre le chant emmené avec énergie et vigueur par Alex, qui en plus nous apparaît très souriant ce soir (ce qui aide fortement à faire passer la pilule aux non-initiés à leur musique, oui oui on a vu des regards sceptiques et légèrement effrayés dans la salle !), les musiciens envoient du lourd, chacun maîtrisant sa part sans aucun doute possible. Bonnes notes pour la rythmique et les mélodies qui sont efficaces, preuve en est : on remue tout au long du show. Mentions spéciales pour Hervé à la batterie, qui tabasse à un haut niveau, et pour Jeremy à la guitare lead, qui nous démontre ce soir l’étendue de son talent. Sans oublier Sam (basse) et Jean-Yves (guitare rythmique) qui ne sont pas là que pour faire beau dans le décor !
En bref, les Dungortheb nous prouvent qu’ils en ont sous la pédale (non je ne dis pas ça parce qu’ils sont vosgiens, même si j’avoue qu’on est venus surtout pour eux!), non seulement en faisant preuve d’une maîtrise sans équivoque, mais aussi par leur générosité et leur plaisir à être sur scène. Et c’est bien dommage d’ailleurs que malgré les tentatives du groupe, notamment d‘Alex, pour faire remuer le public, ce dernier n’a malheureusement pas réagi à la hauteur du show offert. On vous reparle de Dungortheb rapidement chez Like a Melody, et pour ceux qui regretteraient d’avoir manqué leur passage, séance de rattrapage le 14 mai prochain Chez Narcisse, on se retrouve là-bas ?

Après une petite pause, c’est l’heure pour Blazing War Machine d’envahir la petite scène ! On remarque que le groupe est tout de même fortement attendu dans la salle, certainement en grande partie pour monsieur Franky Costanza, qu’on ne présente plus, à la batterie. Groupe existant depuis 2005 déjà, ils nous présentent un show teinté de leur metal extrême aux accents indus et symphoniques, avec une (grosse) pointe de black metal.
Et c’est une belle découverte : une énergie présente tout du long, encore une fois une maîtrise à tous les niveaux, une mise en scène sobre, directe et efficace à la fois, tous les ingrédients pour passer un bon moment ! Côté voix, Irina envoie ce qu’on attend d’elle, et même si j’avoue à l’ordinaire ne pas être spécialement emballée par les chanteuses qui « braillent », je suis surprise de trouver ça plaisant. Passons outre les remarques entendues « elle a du charisme la chanteuse », dues à son décolleté plongeant : le public metalleux serait-il un tantinet macho ? Pour ma part, mention particulière pour Phil au clavier, parce que moi j’adore les claviers, qui apportent une touche subtile et envoûtante dans la gravité et la lourdeur de certains passages mélodiques. Gros coup de cœur pour Izakar (guitare lead et chant), qui en plus de dompter sa guitare avec perfection, est habité au possible, apportant un aspect authentique au spectacle. N’oublions pas Fab (guitare) et Adam (basse), qui bien entendu jouent excellemment, mais qui en plus font le show eux aussi. Quant au talentueux Franky, que dire de plus à part une prestation sans faute, et un plaisir à jouer qui ravit tout le monde. D’ailleurs, dans l’après-midi avait lieu une masterclass batterie, et d’après ce que j’en ai entendu, ça valait le coup !
En conclusion, un très bon moment passé avec eux qui donne envie de s’intéresser de plus près à leur musique, et je ne pourrais que vous conseiller d’aller y prêter oreille. Et en plus vous savez quoi, on a même eu le droit à un petit wall of death bien sympa au début du show, histoire de vous donner envie d’aller vous remuer en live en leur compagnie.

Après ces deux moments trop courts à mon goût, il est l’heure d’aller écouter la tête d’affiche du jour : Lacuna Coil ! Le groupe de metal italien a fait ses preuves depuis longtemps et on ne les présente plus non plus. Pour ma part, je ne connaissais que très peu leur musique, et même si j’ai déjà écouté leurs anciens albums avec un certain plaisir, j’attendais avec intérêt de les découvrir sur scène pour la première fois. Evidemment, la grande majorité du public est acquis à leur cause, quoi de mieux pour tout fan de profiter d’un groupe à renommée dans une petite salle près de chez soi ?
Parmi les tubes issus de leurs différents albums, ils sont surtout là ce soir pour présenter le dernier en date « Delirium », et c’est sans équivoque que les cinq membres du groupe débarquent sur scène costumés avec des camisoles. Alors certes, de par leur expérience de la scène et leur talent, je ne peux nier que le show est bien rôdé, et les nombreux fans présents semblent réjouis, en reprenant en chœur certains morceaux. Cristina fait preuve d’une belle maîtrise vocale, bouge bien et parle beaucoup entre les morceaux, les musiciens font le job, et Andrea au chant assure aussi ses parties. Cependant, il semble que tout ça soit un peu trop calculé à mon goût et dès le début je ne suis pas du tout emballée. J’ai entendu dire qu’ils étaient fatigués ce soir, est-ce là le problème ou moi qui ne suis pas réceptive ? En tout cas, une chose me dérange : la gestuelle d’Andrea me rappelle sans cesse un autre chanteur (américain, à cornemuse), et je me focalise là-dessus tout du long car je trouve que ça ne colle pas avec la musique de Lacuna Coil. Un morceau en particulier attire mon attention vers la fin du show, qui me fait bouger et chanter à mon tour : c’est la reprise d’ « Enjoy The Silence » de Depeche Mode. Pour le coup, fan du groupe de Dave Gahan, je trouve la reprise intelligente et bien faite, ce qui me redonne un peu d’enthousiasme.
Mais définitivement en attendant le rappel, je trouve le concert trop long. Je le redis, le groupe fait le job, sans valeur ajoutée pour moi, mais l’essentiel étant que les fans soient satisfaits !

Encore une belle soirée passée à la Souris Verte, et merci aux groupes présents !

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