Like a Melody | Interview : The Fabulist – « Du bruit, de la sueur et de l’amour »


Quatuor du centre-ouest de la France, pour ne pas parler du merveilleux département des Deux-Sèvres, The Fabulist, crée en 2015, ne cesse de croitre. Avide de tremplins musicaux et de rencontres avec son public, ce groupe de rock progressif a de quoi t’enchanter. Et ils vont t’enchanter. Nathan (chant), Clément (chœurs et batterie), Léo (guitare) et Matthieu (basse) se sont rejoints sur les bancs du lycée. Je te propose de découvrir un univers énergique, puissant, planant, puisant son inspiration dans le blues rock. The Fabulist a un EP “Miss Fit” et un album “Incipit” à son actif. Du talent, de l’envie, un bel avenir… Du rock !

J’ai rencontré Nathan et Clément lors d’un dimanche ensoleillé (pendant que tu te gavais d’œufs en chocolat). Rendez-vous dans leur Q.G à Bressuire. Savoure.

_Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ?

Nathan Jacques : Alors moi c’est Nathan Jacques, je suis à la guitare et au chant.
Clément Brard : Et moi c’est Clément Brard, je suis aux chœurs et à la batterie.

_D’où vient le nom du groupe ?

N : Avant on avait un autre nom. Les gens ne le retenaient pas donc on a voulu garder un nom anglais, vu qu’on chante en anglais, mais qui était le même mot en français.
C : Les gens pouvaient retenir plus facilement.

_C’était quoi l’autre nom ?

C : C’était Dandy Siblings. Ce n’est pas un nom qu’on retient facilement et c’est pour ça qu’on a changé pour The Fabulist.

_Qu’est ce que le nom The Fabulist représente pour vous ?

N : Fabulist allait avec les chansons qu’on écrivait. En anglais, ça a un double sens. Un fabuliste c’est quelqu’un qui écrit des fables mais aussi un fabulateur. C’est un peu ce qu’on fait dans nos chansons ; on raconte des histoires mais qui sont romancées.

_Parlez-nous de votre parcours.

C : Techniquement, on se connait depuis très longtemps. Matthieu, Léo, Nathan ont déjà participé à un projet ensemble, PULSE. Ils ont fait quelques scènes. Après Matthieu et moi, on a fait nos classes de batterie ensemble, au conservatoire. Avec Nathan aussi, on a fait quelques cours ensemble. Ensuite, on est arrivé en terminale. On avait tous des groupes respectifs qui ont un peu explosé avec les études.
N : Explosé ouais ! (rire)
C : Ouais, qui se sont un peu séparés car il y en avait qui étaient plus vieux que nous. Du coup, on s’est tous regroupés. D’abord sous une autre formation, puis c’est devenu cette formation qu’on a maintenant. Depuis, on tourne ensemble même si nos études nous élargissent l’horizon mais bon…
N : Voilà c’est ça en gros, on avait d’autres projets avant et puis on s’est regroupé. Ça fait un an qu’on est sous cette formation.

_Comment se passe le processus de création ? Qui fait quoi ?

N : Au début, quand on a créé le groupe, j’étais parti à l’étranger. J’avais écrit des chansons. J’ai dit “les gars, il me faut des musiciens pour les jouer”. Du coup, c’était principalement écrit par moi. La mélodie et les paroles. En gros comment ça se passe ? J’amène mes chansons. J’ai les accords, j’ai la ligne mélodique tout ça et chacun rajoute sa partie. Et quand Léo est arrivé, la composition était beaucoup plus répartie. Lui aussi a commencé à composer.
C : Après de toute manière on écoute ce qu’ils ont créé. On se concerte. Parfois Nathan a des idées de batterie ou de basse. On en discute. Parfois on arrive à s’entendre, parfois on en trouve d’autres… Mais c’est souvent comme ça ; ça vient de lui, il se propage sur Léo, ensuite nous on se débrouille.

_Pourquoi l’anglais ?

C : C’est assez simple ça.
N : Anglais parce que comme je disais tout à l’heure, j’ai commencé à écrire quand je vivais à l’étranger. Pendant un an aux États-Unis. J’écrivais en anglais parce que j’aimais bien la langue, ça me plaisait d’écrire en anglais. Puis en revenant j’ai continué. J’ai essayé en français, ça ne me plaisait pas. Mais c’est vrai que c’est un truc qu’on a envisagé de faire.
C : On l’évoque souvent. Un texte ou deux.
N : Ça devient presque un avantage concurrentiel sur les autres groupes parce que plus personne ne chante en français. Mais ce n’est pas pour tout de suite.
C : On attend d’avoir l’expérience d’écriture qu’il faut. C’est dans nos projets, c’est dans les valises. En fait c’est une idée qui nous transperce l’esprit de temps en temps.
N : Mais on ne voudrait pas que ça dénature le projet non plus.
C : Je pense que ce serait sous une autre forme, peut-être pas sous ce nom.

_Comment définiriez-vous le style dans lequel vous évoluez ?

C : Oh putain !
N : On s’est donné beaucoup d’étiquettes et on nous a donné beaucoup d’étiquettes. On a trouvé un truc qui regroupe à peu près ce qu’on fait. Au dernier tremplin, on leur a demandé d’appeler ça du rock progressif.
C : Ça évoque assez la chose. Ça englobe ce qu’on fait vraiment.
N : Au début, on faisait du blues rock et puis on a ajouté des influences psychédéliques.
C : C’était très brut de décoffrage et entre temps on a utilisé des pédales à effet qui font en sorte que le son fasse quelque chose d’un peu plus joli. Qui attaque moins les oreilles. Un peu psychédélique, d’où le côté progressif.

_Vous avez sorti “Incipit” fin janvier 2017. Pouvez-vous nous raconter l’histoire de cet album ?

N : Les premières chansons ont été écrites il y a trois ans. Les dernières, il y a un peu moins d’un an. C’est pour cela qu’on l’a appelé “Incipit”. Pour poser les bases, le commencement. Toutes les chansons sont très différentes. C’était toute cette période où on cherchait notre style. Donc il n’y a pas trop de cohérence entre tous les morceaux. C’est plus une compilation de divers trucs plutôt qu’un album qui suit un fil rouge. C’est pour ça qu’on l’a appelé comme ça. Le financement, on l’a lancé en mai.
C : Fin avril, début mai. Il nous a tenu jusqu’au 26 juin, je crois. On a récolté mille cinq cent quinze euros.

_C’était plus que ce que vous espériez ?

N : Ouais de quinze euros !
C : C’était déjà pas mal quand même ! On a eu plus de soixante-quatre contributeurs. Franchement très surpris de l’engouement des gens. De voir qu’on a eu plus de gens qu’on ne connaissait pas que de gens qu’on connaissait. C’est une bonne chose.

_Quelles sont vos influences ?

N : Elles ont beaucoup changé les influences.
C : Mercredi ils avaient vu juste… Ils avaient dit Radiohead, les Doors, Arctic Monkeys bien sûr.
N : Led Zeppelin.
C : Dans tout ce qui est plus récent on a…
N : Paolo Nutini, Jake Bugg, BIRDSTONE.
C : BIRDSTONE, on peut les citer quand même !

_Scène ou studio ?

C : Ça dépend… Avec ce projet, moi franchement, plus la scène. Mais c’est vraiment le processus de création qui me donne l’envie d’aller sur scène. Parce que quand on est en studio c’est cool. On essaie de progresser, de chercher des idées pour le morceau. De me dire qu’on arrive à le performer sur scène avec l’envie qu’on a de le présenter aux gens… On est vraiment content d’être sur scène. Toi t’es plus studio ?
N : Scène, je kiffe mais je dirais studio parce que j’ai beaucoup plus de satisfaction à écouter une chanson enregistrée et finie. Se dire “wouah on a fait ça !”. Enfin, on est putain de content quand on sort de concert ! Mais, je trouve qu’il n’y a rien de comparable avec la satisfaction qu’on a quand il y a un morceau fini et enregistré.
C : Mais la scène quand même.

_Meilleur souvenir en live ?

C : Le premier concert avec la formation qu’on a maintenant. C’est un putain de souvenir. C’était le 4 mars à la MJC de Morlaix. C’était le premier concert qu’on faisait avec Léo à la guitare et Matthieu à la basse. Ça faisait deux semaines qu’on les avait rajoutés au projet et qu’on avait vraiment commencé à bosser. C’était une super surprise !
N : Peut-être la même. Parce qu’avant on jouait, les gens trouvaient ça bien… Mais quand on a commencé avec la nouvelle formation, il y a eu beaucoup plus d’engouement de la part du public.
C : Les gens ont adoré et c’est ce qui nous a poussé à composer pour le CD. C’était aussi pour savoir si avec une autre formation on arriverait à continuer ce qu’on avait commencé. Là pour l’instant, ça va ! C’est vraiment le concert qui a débuté quelque chose de bien.

_Vous diriez quoi à quelqu’un qui ne vous connait pas pour l’attirer à un concert ?

N : Il y a du bruit, il y a de la sueur et…
C : Et de l’amour. Du bruit, de la sueur et de l’amour.
N : Si, je pense qu’il y a une ambiance assez sympa pendant nos concerts. On a joué au Mexicano, il y a deux jours, et ça a bien marché. Les gens avaient l’air content. On se donne à fond sur scène.
C : Pour info, si tu veux voir un show, viens.

_Un lieu où vous aimeriez jouer ?

C : Albert Hall ce serait vraiment la consécration.
N : En plus accessible…
C : On peut se tenter le Zénith de Nantes. Peut-être pas quand même.
N : Le Rocher de Palmer serait pas mal.
C : Dans la grande salle à Bordeaux, ouais ça pourrait être pas mal !

_Avec quel groupe rêveriez-vous d’enregistrer un morceau ?

N : BIRDSTONE. (fou rire)
C : Ce serait vraiment le groupe local avec qui j’aurais envie de jouer ! Mais je pense, Led Zeppelin, vraiment. Si c’était réalisable. Mais le Led Zepp des années soixante dix pas celui de maintenant.
N : Ouais normal. Moi ce serait avec Alex Turner de Arctic Monkeys.
C : C’était mon deuxième choix.
N : Ou Last Shadow Puppets. Mais sinon en accessible BIRDSTONE.

_Votre morceau absolu du moment ?

C : Le dernier Royal Blood.
N : Moi, ‘Redbone’ de Childish Gambino.
C : S’il y a la question “le morceau qu’on préfère de tous les temps”, pour moi ce sera ‘Moby Dick’.
N : C’est pas un morceau.
C : Mais si c’est un putain de morceau.

_Un truc inavouable que vous écoutez ?

N : BIRDSTONE. (rire) Non peut-être pas quand même. Il n’y a rien qu’est inavouable.
C : Mince… Ah si ! Qu’est-ce que j’écoute ? Biffy Clyro. Si c’est inavouable mon gars.
N : Ah bon ? Je connais pas. Enfin je connais de nom.
C : Si c’est un groupe anglais. Si tu sais, c’est une putain de pop. Dans mon école c’est inavouable, tu ne peux pas dire que t’aimes ça.
N : J’ai pas d’exemple. Ça m’arrive d’écouter des chansons country un peu pourries mais j’ai pas d’artiste en particulier.
C : Les Casseurs Flowters. Je ne sais pas si c’est inavouable mais j’aime bien écouter ça.
N : Ça m’arrive aussi alors.

_Un concert qui vous a marqué en tant que spectateurs ?

C : Le concert de Last Shadow Puppets à Rock en Seine 2016.
N : Putain, ça fait longtemps que je ne suis pas allé à un concert j’ai l’impression ! Ah si ! Je vais dire Beyond. On a fait un tremplin avec un groupe qui s’appelle Beyond. On ne s’attendait pas à voir un truc comme ça sur une scène de Brest. Donc ouais, assez marqué par leur prestation.
C : J’avoue que Beyond nous ont bien mis un coup de pied au cul. On se serait vu trois semaines plus tard, j’aurais eu un putain de concert à te dire mais là je ne l’ai pas encore vu. C’est dommage. C’est Snarky Puppy. C’est génial. Je pense que je vais prendre la claque de ma vie. Enfaite, c’est un groupe composé des meilleurs instrumentistes possibles de leur catégorie. T’as pas plus fort. C’est juste de la prestation.

_Que pensez-vous de la scène émergente française ?

C : Elle évolue très très bien. T’as pas le même ressenti toi ?
N : Je trouve qu’il y a des trucs très très bons mais ce n’est pas ce qui marche auprès du grand public.
C : Elle se porte très bien mais elle est pas assez diffusée. Tu vois, elle est assez sectaire.
N : C’est un peu caché par tout ce qu’il y a au-dessus. Tous les trucs un peu pourris qui prennent toute l’attention.
C : Ouais voilà, tous les trucs qui passent à la radio en ce moment cachent vraiment tout ce qui se passe au fond des caves de toutes les grandes villes. Il y en a quand même qui ressortent très bien comme les LYSISTRATA, voilà je les ai calés. C’est un putain de groupe émergent qui est énorme. J’ai partagé une paire de chaussures avec le guitariste…
N : Après ce n’est plus trop émergent. C’était émergent il y a un ou deux ans, les Feu! Chatterton. C’est émergé on va dire.
C : Mais aussi Radio Elvis, ça marche plutôt bien.

_Les projets de The Fabulist ? L’actu du moment ? Des dates à venir ?

N : On est en train de composer pour enregistrer le deuxième album cet été. Il ne sera pas diffusé avant 2018 parce qu’on enregistre la première partie cet été, mais on attendra qu’il soit fini pour le sortir.
C : On va le faire en deux parties. Là, on a la première qu’est composée mais qui n’est pas finie d’expérimenter.
N : On ne l’a pas encore bien dans les pattes.
C : On va surtout bosser cette partie pour l’enregistrement qu’on fera fin juin. Après, on prendra plus de temps pour la deuxième.
N : Mais on ne fera pas comme le premier album. On ne sortira pas d’EP. On sortira peut-être un ou deux singles pour faire attendre les gens. Ensuite, on sortira l’album en entier.
C : Au niveau de l’actu, on est en concert le 26 avril à Angers au Chic Bar pour la SPAA Angers (Société Protectrice des Animaux Autonomne d’Angers). Matthieu viendra avec une tête de chien ! Sinon le 10 mai, on joue au FACS (Festival Artistique de la Cité Scolaire) du lycée de Bressuire.

_La final du tremplin Jeunes en Scène à Brest, ça a donné quoi ?

C : Rien du tout.
N : Si, on a quelques numéros. Mais on ne l’a pas remporté car, comme on disait, il y a un groupe qui nous a scotché et qui a scotché tout le monde.
C : Non mais c’était mérité. Il y avait un bon niveau comparé au tremplin auquel on avait participé à Nantes.
N : On était surpris qu’il y ait plus de niveau qu’à Nantes ou à Bordeaux. Alors que Brest ce n’est pas vraiment la ville où tu t’attends à trouver un niveau aussi élevé.

_Enfin, avez-vous une anecdote à nous raconter ?

C : On en a une bien. Notre bassiste, Matthieu, ne fait jamais un concert avec ses vêtements. Il est toujours habillé par moi-même. Il porte toujours mes vêtements. Ça c’est une anecdote sympa parce que même sur les enregistrements en studio parfois c’est mes fringues qu’il porte. Il n’a jamais fait un live avec ses fringues, il n’en fera peut-être jamais. Peut-être à un moment précis mais on ne sait pas quand… Même le caleçon et les chaussettes sont à moi.

Merci The Fabulist ! A suivre de très près…

Pour retrouver The Fabulist :
Website : 
http://thefabuliststore.bigcartel.com/ 
Facebook : https://www.facebook.com/The-Fabulist-412144645616301/
Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCTaWjgYeuCnxSV8IBvuDFRA
Soundcloud : https://soundcloud.com/the-fabulist

 

Les commentaires sont fermés