Like a Melody | Chronique : Yalta Club – Hybris


Il y a quelques semaines, début janvier, je consulte mon téléphone et vois une ribambelle de propositions de chroniques pour Like A Melody. Une bonne dizaine d’albums à écouter, toujours le même style qui revient, rien qui ne m’emballe. Un peu déçue, je remonte la page et tombe soudain sur Yalta Club. Curieusement, rien qu’au nom et à l’image du clip, la proposition attire mon attention. Un petit instinct en moi me souffle que je ferais bien de cliquer de toute urgence, même pendant cette pause de cinq minutes top chrono. À la hâte, j’écoute ce titre de Yalta Club qui, par la suite, deviendra mon préféré d’un album majestueux. En à peine trente secondes, le choix est fait. Et quelques jours plus tard, en découvrant l’album en pleine gueule de bois, les yeux fermés pour chasser la lumière, je me bénis de m’être ruée sur la chronique.
Ce premier album de Yalta Club, successeur de l’EP « Midas » sorti il y a six mois, est un véritable échappatoire, prônant le laisser-aller et défiant les limites de la beauté. Onze titres où la délectation sera le mot d’ordre.

Les six musiciens –mélangés entre la France et l’Allemagne– ouvrent sur l’intro ultra tribale de ‘Love’. L’enthousiasme contagieux de ce premier titre décroche un sourire sacrément incontrôlable qui redonne instantanément l’envie de retourner à la fête. Porté par le refrain “Why can’t we just love each other ?”, c’est un incontestable hymne à la danse et à l’Amour. Pas l’amour des amoureux, mais bien l’Amour sur Terre ! Les percussions sont jouissives, les nappes nous portent comme des nuages de feu, l’honnêteté des chœurs donne une envie irrésistible de se peindre tout le corps.
Maintenant que l’on est entièrement dévoué au culte de Yalta Club grâce à ce premier morceau à l’efficacité terrible, ils pourront faire ce qu’ils veulent de nous tout au long d’ « Hybris ». C’est précisément pour ça que l’on apprécie la redescente plus calme sur le titre suivant ‘Of Mice and Gods’, chouette référence au passage. Un morceau plus calme, certes, mais qui n’en est pas moins un tube. Les cinq vaudous de Yalta Club savent nous faire léviter, ça semble même naturel chez eux.
On arrive ensuite sur ‘Late’, le troisième morceau. À son ouverture, je me souviens immédiatement : la première fois que je l’ai entendu, c’était la délectation totale. Immense plaisir sur ce refrain incroyable, et le sentiment s’y retrouve, intact, encore une fois. Une invitation sublime au laisser-aller, les yeux fermés.
Le refrain est aussi grandement réussi sur ‘The Door’, et Yalta Club semblent maîtriser la recette d’un tube. La basse et les cuivres portent le morceau avec une élégance naturelle. « I wish the party could last forever », entend-t-on dans un couplet : c’est le sentiment exact que l’on ressent à l’écoute d’ « Hybris ».
Après la très belle ballade ‘Holy Kind’, émouvante notamment par ses mots (« And I feel fine like I haven’t for a while… »), ‘Stars’ marque la moitié de l’album. Déjà, oui. Et ça danse, encore et encore. J’admets trouver dans ce titre un léger manque d’originalité par rapport aux autres, sûrement de par sa rythmique vue et revue. Cela dit, après cinq titres excellents, on ne blâmera en aucun cas les génies de Yalta Club.
Le très posé ‘Diamonds and Coal’ apporte après une touche mélancolique plus présente que dans les morceaux précédents. Perturbant mais très chouette titre, qui ferait penser à une fin d’été, un retour de plage, de vacances.
Vient ensuite le sublime ‘Exile’. C’est bien celui-ci qui m’avait décidée à choisir cet album, celui-ci où trente secondes avaient suffi à me convaincre. Mon préféré sans hésitation, un morceau hors du temps, une évasion parfaite et terriblement troublante. À en pleurer. 6 minutes et 27 secondes de perfection musicale, et le double ne m’aurait pas dérangée.
‘New Day’ continue sur cette lancée mélancolique, tout en se présentant joliment douce et positive : « Cause we all know a new day’s gonna be there anyway – And we’ll feel like nothing really matters ». Un morceau particulièrement appréciable au fil des écoutes, dans lequel on retrouve d’ailleurs le sentiment étrange de ‘Diamonds and Coal’. Ces morceaux se rejoignent, deux courtes injections de moins de trois minutes entre joie et nostalgie suivies par ‘Instant God’, qui confirme combien j’adore la manière de chanter de Yalta Club : cette façon de prononcer les sons anglais, cet amour de la voix. « You can make it fast, you can make it slow… ». Plus je la réécoute, plus je trouve cette deuxième partie d’album génialissime dans sa sensibilité et ce qu’elle délivre. On laissera enfin ‘Something to Remember’ clôturer tranquillement l’album, après avoir, hélas, senti cette fin approcher inévitablement sur les derniers titres…

Ce premier opus semble présenter deux phases, deux chapitres distincts mais qui se complètent à merveille. « Hybris » s’écoute d’une traite et l’ordre des morceaux a été pensé de manière impeccable. Tous les instruments sont exploités ingénieusement et savent servir chaque morceau. C’est assez incroyable à quel point ces six artistes savent écrire des méga tubes dansants aussi bien que des ballades à l’émotion incontrôlable. Ils nous offrent ici un album très complet et riche, qui donne au final une sacrée envie, celle de découvrir le live !
Car parmi un chaos vide de sens et de couleurs, Yalta Club nous sortent de la noyade avec une simplicité désarmante, et nous proposent de nous détendre quelques minutes, en se laissant emporter les yeux fermés. Ce qui est certain, c’est que « Hybris » s’impose sans effort comme mon coup de cœur de ce début 2017.

Ma sélection :
‘Exile’
‘Love’
‘Late’
‘New Day’
‘Instant God’

Pour retrouver Yalta Club :
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Deezer : http://www.deezer.com/artist/4022805
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