Like a Melody | Chronique : Tim Carr – The Last Day Of Fighting


Vous vous souvenez de la jolie californienne Dia, chroniquée par nos soins en début d’année pour son brillant EP « Tiny Ocean » ? Il semblerait qu’elle soit très bien entourée, car on a découvert le premier album de son producteur Tim Carr, sorti il y a deux mois sur le label Dog Legs Music : un vrai délice, au goût différent mais à la délectation familière.

Tim Carr est un rêveur folk de Los Angeles à la sensibilité multi-instrumentiste et à la créativité débordante. Quand son album démarre, on entendrait presque les vagues s’échouer sur les plages californiennes à la tombée de la nuit ; car même s’il vient du soleil, c’est un album qui s’écoute d’abord dans l’obscurité.

« The Last Day of Fighting » s’ouvre sur la douce intro instrumentale ‘Whirling Girl’, dont le nom évoque déjà une belle image. Elle serait presque trop courte tellement elle vient naturellement et de manière très fluide. On pense tout de suite à l’anglais Bill-Ryder Jones et son album « If » sur cette ballade à trois temps : on y retrouve le même goût pour les nuances, la même tendresse et un laisser-aller magnifique. Avec un tantinet de mélancolie en moins, peut-être.
On découvre ensuite la voix merveilleuse de Tim Carr sur le deuxième morceau ‘Now Now’. Elle élève encore plus la sensibilité qui règne sur l’album et ses tendances à trembler rappellent parfois celles du chanteur de Bombay Bicycle Club. Deux véritables « tubes » mémorables sur ces premiers morceaux.
‘Easy For Me’ et ‘Beyond You’ poursuivent cette lancée à la détente indéniable, bien que moins marquants, peut-être parce qu’on s’est déjà habitué à la douceur exceptionnelle de l’album. Puisque nos yeux sont fermés depuis le début, on se laisse simplement aller dans le voyage.
Puis, ‘I Looked Up’ signe la moitié de l’album en laissant la sensation d’une élévation différente que sur les autres morceaux, moins sombre peut-être ?  Je retrouve ensuite sur ‘Kindred One’, plus fortement que la dernière fois, cette influence beaucoup plus évidente de Bombay Bicycle Club ! Pas seulement sur la voix, mais sur l’instrumental également, et l’ambiance générale. On pense notamment à leur deuxième album acoustique « Flaws » avec lequel la ressemblance est carrément flagrante sur ce titre.
Le ressenti plus lumineux des deux derniers morceaux se confirme pour de bon sur la fin de l’album. C’est comme si le jour se levait sur ‘Improv Interlude’, et qu’on se réveillait sur la plage. Nous voici en vacances en Californie, à camper sur le sable. Il est tôt, et cet interlude nous amène le soleil du matin…
Et c’est ainsi que l’on finit par tremper nos orteils dans la mer délicieuse de Los Angeles, puis à plonger sur ‘The Last Day Of Fighting’. L’évolution de cet album est désormais plus que claire : on passe de l’obscurité à la lumière, de la nuit au lever du jour. Et c’est assez incroyable, ce qu’il nous fait ressentir en huit titres.

C’est rare de vivre si fortement, grâce à la musique, l’évolution du temps (à deux sens) sur quelques heures seulement, condensées en trente belles minutes. Tim Carr a dévoilé le 16 décembre dernier son album au monde, sûrement sans soupçonner l’effet qu’il pouvait produire. Il suffirait d’être un peu vulnérable pour se le prendre en pleine face et le laisser nous envahir sous la peau. Une magnifique découverte, différente, singulière et follement intime, qui apaise avec une puissance terriblement naturelle.

On n’a plus qu’à le remercier pour cette offrande plus que magique.

Ma sélection :
‘Now Now’
‘Whirling Girl’
‘Kindred One’

Pour retrouver Tim Carr :
Website :
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https://timcarr.bandcamp.com
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