Like a Melody | Live Report : The Wow Signal + Gimmie @ Le Goody’s, Saint-Étienne (42) – 08/12/2016

« … pourtant c’est censé être par ici… attends c’est quand même pas là-bas au fond… ah ben si… bizarre… pas très rassurant… *ouvre la porte*… oh mais c’est génial en fait à l’intérieur ! »

Voilà en gros ce qu’on se dit en allant au bar-concert Le Goody’s à Saint-Étienne. L’endroit est assez difficile à trouver au fond d’une impasse, mais finalement la salle est accueillante, bien agencée et clairement pensée pour accueillir des concerts. La scène n’est pas immense mais franchement pas mal pour la taille de la salle. Ce soir, deux groupes se produisent : Gimmie et The Wow Signal.

Gimmie :

Formé début 2016 par Marlou (chant), Vincent (guitare), David (basse) et Guillaume (batterie) Gimmie est un groupe de rock alternatif dont c’est le premier concert ce soir. En plus de rapporter à la première initiale d’un acronyme en quatre lettres cher au milieu des aspirateurs, mais surtout du hard rock australien (ce qui, en soi, est plutôt classe), le terme Alternative permet au groupe d’esquiver d’une pirouette le fatidique étiquetage-collage dans une catégorie bien définie, et leur laisse la possibilité d’emprunter à divers genres musicaux. Et ils en profitent !

Après nous avoir laissé pendant un certain temps contempler le très beau logo lumineux de douze mètres sur quinze (presque !) au fond de la scène, les musicien se mettent en place, et le show peut commencer. D’abord une intro enregistrée : l’effort de mise en scène est présent, c’est louable, cependant cela traîne un peu en longueur, si bien que la hype retombe un peu. C’est dommage, une intro plus courte aurait sans doute mieux fonctionné… Pas grave, cette fois le set est lancé ! Et on attaque avec ‘Moving On’, leur premier single. Ce titre, je l’avais déjà écouté en version studio, sans être réellement emballé : il m’avait paru un peu trop hésitant entre pop légère et rock pesant. Mais là, c’est différent. En live, c’est plus fort, plus lourd, plus prenant ; le morceau prend une tournure se rapprochant résolument d’un rock psyché britannique actuel que j’affectionne beaucoup. Et cela colle parfaitement bien à la symbolique très British du groupe.

Parce-que oui, en plus de chanter en anglais, Marlou parle au public dans cette même langue. Voilà qui peut laisser dubitatif : il est de notoriété publique que le citoyen français moyen a tendance à développer une certaine allergie à la langue de Shakespeare. D’expérience, lorsqu’un artiste anglophone se produit en France, l’interaction verbale avec le public se limite en général à une communication unilatérale ponctuée en retour d’un éventail restreint d’onomatopées réussissant malgré tout à franchir la barrière de la langue. À la décharge du public français, la plus grande volonté du monde est souvent insuffisante lorsque la personne sur scène s’exprime avec un accent texano-australiano-zimbabwéen : ici, ce n’est heureusement pas le cas. Marlou échange avec nous dans un anglais parfait, très compréhensible, qui a pour effet secondaire de nous transporter sans tarder au fond d’un pub anglais une bière à la main. Personnellement j’aime bien, l’avenir leur dira si l’avis est unanime.

Bref, quittons la Grande Bretagne et revenons dans notre petite salle stéphanoise : entre temps, les morceaux s’enchainent : ‘Heart Beat’,  ‘Get Close’, ‘365 Days’… Côté section rythmique, le tempo est plutôt lent dans l’ensemble, avec un jeu de batterie très carré de la part de Guillaume et une basse bien présente jouée par David, qui s’autorise d’ailleurs quelques coups de slap par-ci par-là. Vincent, à la guitare, est littéralement à fond : il s’éclate avec les effets et enchaine les soli. On pourrait lui reprocher de jouer un peu trop pour lui-même, mais soyons honnêtes : son jeu contribue grandement à donner cet effet psyché que j’aime tant.

Le titre ‘How To Be A Heart Breaker’ se dote d’une très chouette partie acoustique, où Marlou reste seule sur scène, guitare sèche en main. Puis le set s’achève sur ‘Kill’em’, un morceau beaucoup plus punk et dynamique qui permet de finir cette première partie de soirée sur une note joyeuse !

The Wow Signal

La soirée continue avec The Wow Signal, un power trio lyonnais qui officie dans un rock psychédélique plutôt hard. Leurs influences regroupent aussi bien des groupes actuels tels que Tame Impala ou Twin Peaks, que les pionniers du hard rock et du metal que sont Led Zeppelin et Black Sabbath.

Le set démarre tranquillement avec ‘Corporal Ascent’, issu de leur premier EP « Morning Tanura ». Les rythmiques sont bonnes malgré une batterie ressortant un peu trop dans le mix, et une voix qui au contraire ressort peu. Peu de surprises pour le moment, même si ça reste agréable à écouter.

Puis à mesure que les titres s’enchaînent, on migre vers un son plus audacieux, avec un côté prog-psyché beaucoup plus présent, quelques changements de rythme bien sentis, et enfin une longue improvisation musicale à base de rythmes lourds et de soli infatigables, se terminant par – oh surprise ! – la coda du morceau ‘Sheep’ de Pink Floyd.

Finalement, le démarrage était un peu difficile pour The Wow Signal, mais le résultat en valait la chandelle ! Un groupe à retenir !

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