Like a Melody | Chronique : Last Train – Fragile

Photo : Boby

Mélange de Stereophonics, Royal Blood, Nine Inch Nails et de votre premier groupe de lycée, Last Train pourrait faire du bien à la scène rock française en lui mettant un bon coup de pompe dans le cul. Malgré quelques défauts qui peuvent aussi passer pour des qualités (la voix de Jean-Noël rappelant celle de Kelly Jones (Stereophonics) et Daniel Johns (Silverchair) au même âge, la difficulté de comprendre certaines paroles), les alsaciens font plutôt penser à des groupes rosbeef (heureusement ils n’ont pas adopté leur coupes de cheveux dégueulasses) qu’a des franchouillards. On pense donc à Royal Blood pour certains riffs pachydermiques ou aux Arctic Monkeys pour le groupe de jeunes sortis de nulle part et dont tout le monde a besoin. Mais là où les mecs de Sheffield balançaient tout dès leur premier EP, les alsaciens savent déjà, et malgré leur jeune âge, calmer le tempo là où il faut, pour mieux relancer la machine.

Pour ouvrir ce nouvel EP, nous avons du Trent Reznor dans l’attitude et un riff frondeur à la NIN pour ce qui s’avère être le meilleur morceau de l’EP: ‘Way out’. Puis le rythme redescend avec ‘House on the Moon’, et son riff aérien évoquant Radiohead ou Foals, jusqu’à une dernière partie très grunge où l’on pense à Pearl Jam, et c’est très bien. One side Road’ arrive ensuite et après une intro très Garbage (avant le chant quoi), c’est open bar pour le bassiste qui nous régale pour amener le passage relativement psyché du morceau, qui lui-même laisse place à un final plus lourd, pas encore du niveau d’un Royal Blood, mais l’intention est là est c’est déjà pas mal putain. Dernier titre du EP, ‘Fragile’ démarre doucement avec son atmosphère nostalgique et son spleen tout en rage contenue. On se voit bien écouter cette chanson là accoudé au bar, la tête chancelante d’idées noires jusqu’à ce qu’un sourire en coin nous éclaire le visage, et qu’on fasse tout valser. Parce que bon, se lamenter ça va deux minutes (1 min 57 ici en fait), les instrus nous remettent doucement la tête à l’endroit, et même si les émotions distillées sont en balance, on sait que l’on à affaire à un groupe de rock, pas à BB Brunes (putain les mecs, ces noms!), et qu’on aura droit à une petite envolée finale.

Bref, Last Train est un groupe prometteur, avec une personnalité, un artwork et une production déjà très pro (merci le studio White Bat Recorders de Rémi Gettliffe) avant même d’avoir sorti son premier album. Espérons que ces jeunes espoirs nationaux ne finissent pas trop vite aux Victoires de la Musique. Espérons aussi qu’ils ne chopent pas trop tôt de cette maturité qui, bien trop souvent, vient virer la fougue des débuts pour laisser place à une musique trop léchée, aboutie, moins crade et directe, et donc plus chiante. Retrouvez-les sur scène à partir de mars, entre autres le 9 mars à Lyon, le 10 mars à Belfort, le 9 mai à Paris et un peu partout en France ! (Liste des dates ici)

Pour retrouver Last Train :
Facebook :
https://www.facebook.com/lasttrainofficial/
Bandcamp : https://lasttrain.bandcamp.com/
Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCd-cG_0aBLNsdL-Nbf3yTdw

Et voici ‘Way Out’ :

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