Like a Melody | Chronique : Brant Bjork – Tao Of The Devil


Ecouter la musique de Brant Bjork en hiver (qui plus est en Lorraine) n’est pas la même chose que l’écouter dans l’été brûlant des routes du parc de Joshua’s Tree, où vit le multi-instrumentiste (ex-batteur de Kyuss puis Fu Manchu…). Mais que les choses soient bien claires : il est impossible de ne pas gigoter (mettez le membre que vous voulez ici […] ) sur un bon morceau de Brant Bjork, peu importe où l’on se trouve. Et il est vrai que les premières paroles du morceau d’ouverture, ‘The Gree Heen’ (« I’ve got all that I need… ») lui donnent raison. Car oui, après n’avoir rien eu ou si peu (il a été abandonné à la naissance et recueilli par un suédois et sa femme en Californie), il a maintenant tout : le talent, la coolitude innée, le soleil et la liberté; celle qui lui permet de faire la musique qu’il veut, quand il veut. (L’une des raisons principales de son départ de Kyuss qui a sonné le glas du groupe, était de refuser le virage « commercial » que Josh Homme voulait lui donner et qu’il réussira à prendre avec QOTSA). Et ça fait dix albums que l’indépendance de Brant fonctionne…

Le petite dernier s’appelle « Tao of the Devil » et ne déroge pas à la règle. ‘The Gree Heen’ donc, entame ce nouveau LP avec un rythme très stoner, lourd et moins cool stoner typique du BB, mais l’envolée finale n’en est que plus jouissive. On retrouve par contre dès le second morceau, ‘Humble Pie’, ce côté heavy blues cher au Californien. Avec son texte autobiographique, parlant de ses premiers pas d’enfant adopté (« mama was a rolling stone… (…) sold me out (…) a broken heart was a key to set me free »), le tite rappelle l’album « Saved by Magi »c de 2005. Puis sur le troisième titre, ‘Stackt’, BB revient au style qui a fait sa marque de fabrique, avec un riff qu’on pourrait qualifier de stoner groovy, la musique parfaite pour une petite virée dans le désert californien : coucher de soleil, coyotes et cactus. Et ça continue avec le riff de ‘Luvin’ ‘, accompagné comme d’habitude par une batterie moulée dans le riff, tout en saccades pleines de groove couillu… Ensuite ça monte même d’un cran avec ‘Biker No.2’ et sa seconde partie plus échevelée, mais toujours avec une guitare accordée bien bas. Tout ça met juste assez de vaseline pour le gros coup de rein de l’album: ‘Dave’s War’, le rythme s’accélère, la guitare s’épaissit encore et Brant s’énerve, pour ensuite laisser place à une partie plus douce, presque tribale, qui n’est pas sans nous rappeler le formidable premier album du chevelu: « Jalamanta », (album à se garder pour les fins de soirées d’été…) Mais c’était peut-être pour introduire le calme et envoûtant ‘Tao of the Devil’, avec son air défaitiste (« I got the blues, deep in my bones ») pour terminer cet album dans la fumée d’un calumet de la paix, enivrant.

L’édition coffret collector vinyle (ou cd) propose en bonus un morceau instrumental ‘Evening Jam’, dont la première partie n’aurait pas fait pâle figure dans un épisode de Starsky & Hutch, après une intro toute en pédale wah-wah à la Jimi Hendrix, pour ensuite s’orientaliser avant un dernière partie bien bluesy.

En conclusion, cet album est toujours bien du Brant Bjork, avec son son caractéristique, mais ce n’est pourtant pas le même album que ses prédécesseurs, car en gardant la même recette, Bjork nous fait à chaque fois un nouveau gâteau, et celui-là comme les autres, appelle à la gourmandise…

Pour retrouver Brant Bjork :
Website :
http://www.brantbjork.net/
Facebook :
https://www.facebook.com/BrantBjorkOfficial/
Bandcamp :
https://brantbjork.bandcamp.com/
Instagram :
https://www.instagram.com/lowdesertpunks/

Pour finir, voici le clip de ‘Stackt’ :

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