Like a Melody | Live report : Andreas et Nicolas + Ludwig von 88 – La Souris Verte (Epinal, 88) – 02/12/2016

Noël approche à grands pas et j’ai dû être très sage cette année puisque j’ai déjà eu droit à un beau cadeau en ce début de mois ! En ce vendredi 2 décembre, j’ai eu la chance d’être invitée à une soirée fente de gueule, révolution et pogo à gogo dans la petite salle vosgienne qu’on chérit tant par ici : La Souris Verte. Allez, je te raconte cette soirée fort réchauffante, que j’attendais encore plus que mon calendrier de l’avent Reine des Neiges (que je n’ai d’ailleurs pas eu) en compagnie des rois de la soirée : Andreas et Nicolas et Ludwig von 88.

Tout d’abord, si tu n’as jamais assisté à un concert d’Andreas et Nicolas, je te conseille de suivre les deux petites règles qui vont suivre : règle numéro un, si tu es romantique à tendance « j’ai vu quarante-sept fois tous les Twilight et j’ai pleuré à chaque fois », si tu ne supportes pas les concepts se cachant derrière des mots à tendance douteuse finissant en -philie, si tu es un fervent défenseur de la cause animale et si tu n’es pas venu équipé de ton humour degré intersidéral, ben prend tes jambes à ton cou et fuis loin d’ici ; règle numéro deux, si tu tiens à rester propre et à conserver ton intégrité et ta dignité, va dans le fond de la salle ou au balcon où tu seras en sécurité, car les assauts d’Andreas pourraient bien te compromettre. Ceci étant dit, tu es maintenant psychologiquement prêt pour assister à un show qui va te décrocher les mâchoires et te faire bobo dans les côtes, comme ce fut le cas ce soir-là. (Tu peux retrouver ici un autre report qui parle d’eux sur Like a Melody au cas où tu souhaiterais t’informer avant de poursuivre). Après une intro spatiale du meilleur goût, qui fait toujours son petit effet cosmo-dramatique, sur une scène aussi bordélique qu’habituellement, c’est parti pour une (trop courte) heure en compagnie des deux garçons et du fidèle Singe Batteur. Et ce soir, on a droit à une déferlante de titres, comme ‘Wa Ouh ! Wa Wa Ouh !’, ‘Les Chaussures de Ski’, la très jolie ‘Ours et Compagnie’, ‘Chatroulette’, ‘Elle Change La K7 Dans La Tête Du Chat’ (j’avoue j’ai une petite préférence pour celle-là), ‘Mon Costume De Singe’, ‘Ma Super Chérie’, ‘Je Déteste Le Sexe’, j’en passe et des meilleures ! Tubes qu’on adore reprendre en chœur malgré le degré d’insanité parfois élevé des paroles, ça fait un bien fou de ne pas culpabiliser, en fait on s’éclate autant qu’eux ! Sans compter les gros tubes comme ‘Je Suis Narcoleptique’, qui a toujours son effet scénique fracassant, ou ‘Singe Batteur’, court mais tellement efficace. N’oublions pas de noter les effets spéciaux qui déchirent (haha), l’ours (en peluche) qui vole, le (faux) bébé qui vole aussi, les répliques douteuses du duo, les prises à parti percutantes du public, la folie d’Andreas à chaque fois qu’il descend dans la fosse (il va même jusqu’à grimper sur les gens, y’en à un à côté de moi qui s’en souvient encore), du faux vomi (qui tâche un peu quand même, toujours selon le même témoin), des confettis cœurs (mes préférés) et surtout, le plus important, des rires parfois jusqu’aux larmes dans tout le public (j’ai quand même vu des visages quelque peu offusqués, ceux-là n’avaient sans doute pas été préparés avant). En bref, encore un live de folie pendant lequel tu muscles tes zygomatiques, tu fais des cœurs avec les mains, tu remues tes fesses en rythme, tu te cultives (comment ça on ne peut pas se cultiver à un concert d’Andreas et Nicolas? Moi j’ai appris plein de choses sur le monde animal ! Ah, pas les bonnes c’est ça ? Et à propos de sexualité ? Non plus ? Autant pour moi !) et je ne peux que te conseiller d’aller les voir quand tu en as l’occasion pour passer un moment de détente assurée, pour te défouler, pour régresser, pour t’éclater quoi ! Et je tiens à préciser que si si c’est de la vraie musique, si si ils chantent juste, ils sont maîtres dans l’art de faire du n’importe quoi avec talent. Et sinon ils sont sympa en vrai ? De vrais petits canards tombés du nid (ok, un peu vilains quand même les canards…).

Après tout ça et une petite pause qui s’impose pour remettre ses neurones dans le bon ordre, il est un peu plus de 22h quand arrive enfin sur scène le groupe que l’on ne présente plus et qui fait un retour tant attendu cette année : Ludwig von 88. J’avais déjà eu la chance de les voir il y a peu à Nancy mais j’avais un besoin vital d’une dose supplémentaire. Quand le concert débute, l’intro t’attrape tout de suite mais pas de bol ce soir, des soucis techniques (indépendants de leur volonté, ou pas…) gâchent l’ambiance, ma chair de poule retombe. Enchaînement sur le premier titre, une valeur sûre, ‘Oui Oui’, et tu sens déjà que Ludwig manquait au public et le public se manifeste à grands renforts de pogos dès le début du show. Tiens, d’ailleurs, je prend un moment pour observer la foule et je me rends compte que la moyenne d’âge reflète bien les fans de la première heure, et j’apprécie le fait qu’il y ait aussi des gens comme moi, qui ne les ont jamais vu avant, et pas mal de jeunes (qui ont été bien éduqués musicalement). Se suivront des tubes efficaces, alternant entre revendications, baba attitude et folie douce, comme ‘Louison Bobet’, ‘Guerriers Balubas’, ‘Mon cœur S’envole’, avec des points forts pour ma part tels que ‘J’ai Tué Mon Père’ et ‘William Kramps’. Enfin arrive la (perso) très attendue ‘New Orleans’, qui réjouit mon cœur et berce mes oreilles, cette chanson restera à vie dans mon top 10, et l’entendre en live me transporte hors du temps (pardon pour la mièvrerie mais voilà cette chanson quoi, toi aussi tu as certainement ce genre de chanson qui te prends aux tripes dès les premières notes, peu importe où tu l’entends  et combien de fois, parce qu’à chaque écoute  c’est comme si c’était la première fois avec son lot de tressaillements cérébraux et de papillons ventraux). Bref, à suivre encore et toujours des tubes, encore un moment fort sur ‘Paris Brûle-t-il ?’, ça se trémousse, ça pogote, ça slame, il fait chaud, je vois des gens heureux dans la fosse mais aussi sur scène. Après un vrai-faux au revoir, c’est reparti pour un tour pour le plus grand bonheur de tous et c’est pas fini parce qu’un autre rappel arrive (ben oui quoi on a pas eu ‘Houlala’). Et là c’est une fin en grandes pompes que nous propose le groupe, on régresse tranquillement sur ’30 Millions d’Amis’ et ceux qui ne sont pas fatigués se déchaînent une dernière fois pendant le Trash Medley et évidemment arrive la conclusion (Haaaaaa!) avec un ‘Houlala’ toujours aussi fou-fou. Et sinon les musiciens ils assurent ou pas ? Le chanteur il sait toujours chanter ? Ils bougent les vieux ? Voici quelques une des questions que j’ai pu entendre ou lire à plusieurs reprises et donc je vais y répondre. Oui les musiciens jouent, Charlu et Nobru sont souriants et on prend plaisir à les voir, quant au côté purement technique, en fait je m’en fous. Oui le chanteur chante, Karim est bel et bien présent, faisant vivre ses textes et puis moi de toute façon je suis déjà acquise à sa voix. Et enfin oui ils bougent, l’arthrose n’a pas l’air d’avoir eu raison d’eux hein, l’énergie est là, n’en déplaise à certains. Je ne peux aussi que constater la réussite des effets scéniques, oui les confettis et les ballons c’est efficace, tout comme le feu et les pétards, et les costumes sont à la hauteur du set, tu voulais voir du Ludwig non ? Ben t’es servi ! Est-ce qu’ils ont bien fait de revenir ? Ma réponse est évidemment oui tu t’en doutes. Non je ne suis pas nostalgique, on ne peut pas être nostalgique d’une époque qu’on a pas connu… Tu doutes encore de la place de Ludwig von 88 sur la scène française d’aujourd’hui, moi je te dis que tu te trompes parce que les textes engagés font toujours mouche et sont toujours d’actualité, parce que la folie qui se dégage est contagieuse, parce que se retrouver ensemble alors que tous différents, pour faire la fête c’est un beau moment, et parce que oui ils manquaient à beaucoup de monde. Pourquoi j’aime Ludwig von 88 ? Parce qu’ils ont compté beaucoup dans ma vie musicale à un certain moment, parce que j’aime la voix de Karim, parce que l’alternatif c’est bon pour la santé, parce qu’ils n’ont jamais été égalés, parce que c’est comme ça ! Alors moi je me fous bien de tous les détracteurs, je suis juste heureuse de les voir en fait. Certes je n’irais pas jusqu’à dire que c’était le meilleur concert de ma vie scéniquement parlant, mais du côté des sentiments, parce que Ludwig von 88 est l’un de mes groupes d’amour, l’amour je l’ai pris en plein dans la tronche et ça fait du bien (c’était bon mais c’était court quoi)! Par contre, déconnez pas les garçons, maintenant faudra penser à revenir de temps en temps assez régulièrement!
Avec un remerciement tout particulier pour Monsieur Karim Berrouka (dont tu peux retrouver une interview ici sur Like a Melody) !

Info : Les photos ne sont pas libre de droit, pour toute utilisation merci de contacter l’auteur – © Pauline Hammy
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Andreas et Nicolas 1


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