Like a Melody | Chronique : The Devin Townsend Project – Transcendence

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Clarifions les choses dès le départ : nous parlons ici du plus grand artiste musical de ces vingt dernières années. Musicien talentueux originaire des vastes contrées canadiennes, repéré très tôt par un autre artiste déjà bien implanté dans le paysage musical, et possédant une voix à la fois flexible à souhait et reconnaissable entre mille. Vous l’aurez reconnu, il s’agit bien évidemment de Justin Bieb… AH ! Tu ne t’y attendais pas à celle-là ? Comment ça, si ? Quoi, tu as lu le titre de l’article ? Bon tant pis, mais tu pourrais au moins avoir l’air étonné, faire semblant de ne pas avoir deviné, vers quelle cité nous allions t’envoyer !

Bref, Devin Townsend. Un musicien hors norme. Tantôt chanteur, guitariste, tantôt producteur, auteur, compositeur et tantôt humain ; il serait difficile de résumer sa discographie en si peu de lignes. Ce qu’il faut retenir, c’est que Devin a exploré durant sa carrière un nombre impressionnant de genre musicaux, les a combinés pour en créer de nouveau, en y ajoutant à chaque fois sa touche personnelle, toujours avec ce goût des arrangements denses et des productions grandiloquentes. Du monument de la musique progressive qu’est « Biomech » aux refrains pop ultra catchy de « Addicted » ; du métal extrême radical de « City » (et du groupe Strapping Young Lad en général) à l’opéra complétement dingue « Ziltoid The Omniscient », avec Devin Townsnend on ne sait jamais à quoi s’attendre. C’est dans cet état d’esprit que non abordons « Transcendence », le nouvel album du Devin Townsend Project où l’on retrouve Ryan Van Poederooyen à la batterie, Dave Young à la guitare, Brian Waddell à la basse, Mike Saint-Jean au clavier et bien-sûr Devin Townsend au chant et à la guitare.

Une fois n’est pas coutume, commençons par nous attarder sur la pochette de l’album, signée par Anthony Clarkson. Le travail est remarquable, les artwork et photos à l’intérieur sont magnifiques. Sur la couverture, on a une juxtaposition de symboles de l’au-delà avec notamment une déesse hindoue, un agneau, des anges… comme si l’artiste cherchait à illustrer le titre de l’album à tous prix, pour un résultat sans réelle cohérence. Est-ce également le cas de la musique de l’album ? Nous allons voir ça !

L’album commence sur une reprise de ‘Truth’, originellement le morceau d’ouverture de l’album « Infinity » de Devin Townsend (1998). Voilà qui annonce la couleur : « Transcendence » semble continuer dans la lancée du précédent opus « Epicloud » qui rappelait déjà beaucoup « Infinity ».

Après cette belle introduction instrumentale de presque cinq minutes, cette tendance semble se confirmer avec ‘Stormbending’, et l’arrivée du chant de Devin tel un boulet de canon : il n’y a pas à dire, cet homme a une des voix les plus extraordinaires du metal actuel. Le morceau se veut grandiloquent à souhait, avec un solo de guitare pas forcément technique mais bourré d’effets et totalement épique ! Et c’est ça qu’on aime !

‘Failure’, le premier single de l’album, en revanche, casse un peu le rythme. Littéralement d’ailleurs, car le morceau garde les même rythmiques saccadées tout le long, ce qui lui donne l’impression de tourner en rond. Le morceau se dote néanmoins d’un très beau solo, rappelant ceux de ‘Deep Peace’ et ‘Tiny Tears’ (album « Terria »).

Vient ensuite ‘Secret Sciences’, le deuxième single de l’album. Avec son intro acoustique et son refrain très accrocheur, celui-ci a plus des airs de tube. Un tube de plus de sept minutes, certes, on est loin du formatage radio, mais un tube quand même !

Tout le contraire du morceau suivant : ‘Higher’. Le début paraît assez banal, presque ennuyeux. On serait tenté de passer à la piste suivante. Puis on s’aperçoit qu’on a en réalité affaire à un de ces morceaux à tiroir dont les progueux ont le secret. Les couches musicales s’ajoutent, les rythmes s’accélèrent, et pendant quelques minutes on croirait presque avoir ressuscité Strapping Young Lad.

Après un ‘Stars’ peu mémorable, on entame le morceau titre : ‘Transcendence’. C’est beau, relaxant, mais sans surprise. ‘Offer Your Light’ marque une réelle rupture. Déjà, l’intro au synthé surprend, et… oh, Anneke Van Giersbergen, te voilà ! Ça fait plaisir, je trouve que de manière générale elle manque beaucoup à cet album. Pour info, la chanteuse a par le passé beaucoup collaboré avec Townsend, pour un résultat toujours au top : sa voix et celle de Devin s’allie extrêmement bien. Ainsi, avec ce duo vocal et des rythmes rapides, ‘Offer Your Light’ ajoute un dynamisme qui manque au reste de l’album.

On ne garde cependant pas cette tendance avec ‘From The Heart’, plutôt calme, et la reprise ‘Transdermal Celebration’ de Ween qui vient conclure l’album, pas forcément de la meilleure manière qui soit.

Ce que je reprocherais à cet album, c’est d’être trop long et trop peu varié. Finalement, bien que tout semblait les rapprocher, « Transcendence » est en réalité bien différent de son alter-ego «Epicloud». L’approche musicale et le son restent identique, mais là où « Epicloud » misait beaucoup sur l’impact quitte à avoir quelques titre franchement cheap, «Transcendence» présente des morceaux de bonne facture, mais finit par perdre le spectateur à trop vouloir faire dans le grandiloquent et l’épique. En fait, « Transcendence » est un peu à l’image de son illustration : il en fait trop là où la simplicité serait parfois plus appropriée.

Mais attendez, ne partez pas si vite ! Parce que l’album contient quelques titres bonus ! Enfin, « quelques »… Plutôt un disque complet avec quarante-trois minutes de musique en plus. En clair : dans sa version collector, « Transcendence » est un double album. Voyons ce qui se cache là-dedans…

On commence par ‘Gump’ : alors autant vous dire qu’on est parti sur carrément autre chose que la première partie de l’album. Ici, on fait dans l’indus, et le rapide, comme sur « Physicist » (2000), album duquel une réinterprétation de ‘Victims’ est d’ailleurs tirée. Ça se calme un peu ensuite avec ‘Celestial Signals’ : très aérienne au début, la chanson devient de plus en plus entêtante à mesure qu’on avance. Puis on revient sur du lourd très typé indus avec ‘Support The Cause’ et son rythme très militaire, puis ‘Into The Sun’, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler du Meshuggah, et enfin ‘Time Overload’.

A partir de ‘Lexus’, évolution de style : le côté industriel s’estompe et on passe à du bon gros son heavy. ‘Farther On’ continue sur cette lancée, suivie de l’auto-reprise ‘Victim’ et son rythme effréné ultra efficace, même si le peu de différences avec la version d’origine pose la question de l’intérêt de cette réinterprétation. Puis arrive ‘MonkeyMind’. A ce moment-là, le groupe a décidé qu’ils n’en avaient plus rien à foutre et décide de faire dans le posage de couilles assumé et revendiqué. ‘MonkeyMind’, c’est trois minutes de blast beat et de shred. Oui du shred ! De l’astiquage de guitare à n’en plus finir ! Profitez en parce que ce n’est pas tous les jours que vous entendrez ça, surtout de la part du gars  Townsend, mais franchement ça fait plaisir à entendre !

On arrive à l’avant dernier morceau : ‘Canucklehead’. Cultivant la doctrine du « toujours plus », on a cette fois un bon titre de heavy metal old school… avec des airs de rockabilly !! Bon sang mais comment c’est possible d’être aussi versatile ?!

« Holding Paterns » – c’est le nom de cette deuxième partie de l’album – se termine sur le titre ‘Loud’ (qui paradoxalement ne l’est pas du tout) une petite ballade tranquille achevant une longue balade mouvementée dans le paysage musical du sieur Townsend, qui nous envoie en pleine face une nouvelle démonstration de son génie.
Tout ne m’a pas convaincu sur ce double album, mais ne pas en reconnaître la qualité serait une erreur.

Ziltoid For President.

Pour retrouver The Devin Townsend Project :
Website :
www.hevydevy.com
Facebook : www.facebook.com/dvntownsend
Twitter : twitter.com/dvntownsend
Deezer : www.deezer.com/artist/5582
Youtube : www.youtube.com/user/poopynuggeteer  (beaucoup de contenu exclusif sur cette chaîne : making of, behind the scenes, etc.)

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