Live Report : Les Transes Cévenoles #19 – Sumène (30)

Les Transes Cévenoles
Ce n’est que quatre jours avant le début des réjouissances que je me suis dit « pourquoi pas faire un tour aux Transes Cévenoles ». Pour être honnête, je ne connaissais pas le festival qui fêtait sa dix-neuvième édition l’avant dernier week-end de Juillet, et c’est une amie qui m’a fait remarquer que La Pietà s’y produisait. Et comme je voulais vraiment voir La Pietà en live, et que c’était l’occasion d’aller passer un week-end aux portes des Cévennes, la décision a été rapide.
Les Transes Cévenoles, pour ceux qui ne connaissent pas, est un festival familial qui se déroule sur deux jours dans tout le village de Sumène, dont la programmation mêle musique, arts de rue et ateliers, et dont la majorité est gratuite (sachant que les quelques concerts payants sont proposés à 5€). Au programme, des artistes venant de tous horizons et de styles bien variés. Il y en avait presque pour tous les goûts.

Jour 1

C’est vers 15h que nous arrivons donc à Sumène le samedi après-midi. Le temps de faire un petit tour du Plan, la place principale où se trouve la scène des concerts du soir et les différents stands de ravitaillement et nous nous décidons pour aller voir le spectacle « StoïK » de la compagnie Les Güms, duo burlesque basé sur le gestuel, plutôt agréable , qui faisait bien rire les enfants… Comme les plus grands !

Un peu plus tard se produisait Lior Shoov à l’intérieur du temple. L’accès étant limité et mon accompagnant n’ayant pas de place, je n’y suis passée que pour quelques morceaux, le temps de découvrir une folk légère et minimaliste et une artiste israélienne pleine de sensibilité, qui se présente avec humour en chanson. Il semble que la demoiselle soit clown de formation, et elle accompagne son joli timbre de voix d’un ukulélé, et de divers petits instruments qui vont façonner sa musique. Un moment très agréable.

Puis direction la place de l’ancienne gendarmerie pour voir ce que la compagnie Ironie du Corps proposait à travers le spectacle « Mon problème avec la danse contemporaine ». Il s’agissait en fait d’une danseuse officiant seule et qui se demande pourquoi elle danse et cherche à donner du sens à ce qu’elle fait. La représentation est assez hypnotique et le public semble captivé, mais moi ce n’est pas vraiment ma tasse de thé et de toute façon il est temps de retourner au Plan, puisque j’ai rendez-vous avec La Pietà pour une interview que vous pourrez très bientôt retrouver sur notre site !

Il est ensuite temps de manger assis dans l’herbe au son des Frères Jacquards qui jouent devant leur caravane 60’s. Ces trois là reprennent et mélangent des tubes de manière complètement décalée. En effet, ils chantent des morceaux sur l’air d’autres morceaux et le résultat a l’air d’amuser le public.

Puis vient enfin l’heure de s’approcher de la grande scène ! Ravie de voir La Pietà à l’œuvre, je ne suis pas du tout inquiète et je sais que ça va être vraiment bien. Enfin je pensais savoir, mais pas à quel point. Car ce fût une vraie belle claque. Et ce n’était que le cinquième concert du projet, lauréat du dispositif de repérage des Transes Cévenoles !

La Pietà c’est tout un univers qui prend vie sur scène, avec un son puissant qui sonne à la fois bien rock, bien electro, aux textes accrocheurs, bruts, rageurs, percutants et accessibles, en français. La Pietà, qui cultive le mystère et l’anonymat avec son masque de chat, a justement choisi le slam plutôt que le chant au format classique pour pouvoir s’exprimer sans contraintes. On peut lire sur son site que « La Pietà n’est pas là pour plaire, mais pour déranger ». Ce qui est sûr, c’est qu’elle est en mesure de toucher beaucoup de monde avec sa musique et ses textes personnels mais potentiellement populaires, extraits d’un roman en cours d’écriture.
Accompagnée sur scène par ses deux LaPietàMen, la demoiselle masquée donne tout et dégage une énergie de dingue, allant jusqu’à traverser la foule pour ne faire plus qu’un avec les spectateurs ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces spectateurs ont été réceptifs. J’étais assez impressionnée par cette ambiance explosive à laquelle le public s’est totalement abandonné pour danser, emporté par les beats qui se succèdent. Je peux affirmer sans craintes que je n’ai pas été la seule à avoir un vrai gros coup de cœur ce soir là.
Pour le moment, seulement deux chapitres de trois titres chacun sont sortis, mais alors vivement les prochains et surtout j’ai hâte de recroiser La Pietà plus longuement sur scène. Un soir, à la folie !

Changement radical d’ambiance ensuite avec la venue de Betty Bonifassi, artiste montréalaise (mais née à Nice), qui défend sur scène un album hommage aux chants blues des esclaves des années 20 du Sud des États-Unis, récoltés par l’ethnomusicologue Alan Lomax. Un live chargé en émotions, emmené par une sacrée voix ! Là aussi, la puissance est de mise. Accompagnée de super musiciens, Betty chante avec ses tripes et nous fait remonter le temps, tout en modernisant ces chants d’esclaves. Un très bon moment !

La soirée s’est achevée vers la moitié du set de Betty Bonifassi pour moi, la faute à une grosse migraine. Et c’est bien dommage car j’aurais vraiment aimé pouvoir découvrir l’ultime groupe du jour, Smokey Joe & The Kid, combo bordelais de hip hop bien groovy. Les balances de l’après-midi laissaient présager un super set mais tant pis, ça sera pour une autre fois.

Jour 2

Au programme du deuxième jour des Transes pour nous, Monsieur le Directeur avec son spectacle « Beethoven Metalo Vivace », la compagnie suédoise ReAct !, les énervés malgaches The Dizzy Brains, alias la claque musicale du jour, et un peu de chill au bord du Rieutord, la rivière qui traverse Sumène, car oui, il faut bien profiter un peu du coin aussi.

Monsieur le Directeur, donc, en costume queue de pie qui nous promet la ‘9ème Symphonie’ jouée à la guitare saturée depuis les airs, accroché à sa corde lisse. Un mélange musique – cirque – humour qui prend très bien et fait rire les petits comme les grands. Une prestation assez courte mais un moment très sympathique et très drôle avec un Directeur vrai musicien et qui n’hésite pas à rendre son spectacle encore plus vivant en improvisant avec son public !

La Compagnie ReAct ! Actions Moving, basée à Stockholm propose ensuite son spectacle « King of the Jungle », qui dépeint avec humour et dérision la jungle urbaine suédoise (mais finalement universelle) et ses employés de bureau programmés pour travailler en utilisant la danse, les acrobaties et les improvisations comme moyen d’expression. L’ensemble est sympa, et l’on regarde avec amusement cette troupe de travailleurs partager avec nous leur pause café, ou chercher une mallette perdue (le drame!).

Nous décidons ensuite d’aller profiter un peu de la rivière en attendant d’aller manger. En tant que grande frileuse, seules mes chevilles ont pu toucher l’eau un peu trop fraîche à mon goût mais cette pause hors du temps a fait un bien fou !
Le temps de manger et nous revoilà devant la scène du Plan pour la fin du set de Lénine Renaud, groupe de chanson française.

Puis place pour le dernier show auquel nous avons assisté, celui des malgaches The Dizzy Brains. Sur papier, du rock garage venu tout droit de Madagascar, présenté comme bien énervé, ça a l’air vraiment cool. Leur description fait envie en tout cas. Hâte de voir ce que ces jeunots ont dans le ventre. Et bien, le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils en ont ! Ouah c’te claque ! Emmené par Eddy, le charismatique et très expressif chanteur, le quatuor, aussi formé de Mahefa, frère d’Eddy à la basse, Poun à la guitare et Mirana à la batterie, déroule un set bestial et percutant. Du pur garage, assez provoc dans les textes qui dénoncent pas mal entre autres la corruption et la misère ou parlent de sexe. Il faut savoir que le groupe est censuré et boudé par les salles de concerts qui ont peur des représailles chez lui, à Madagascar, où le rock est loin d’être le style le plus en vue. En tout cas ici les quatre garçons sont vraiment à l’aise sur scène et nous en mettent plein les oreilles !

Voilà, les Transes Cévenoles c’est terminé pour nous pour cette année, et c’était bien chouette. L’accueil était vraiment humain et chaleureux, l’ambiance familiale la programmation musicale ou arts de rue, assez pointue, variée et de qualité et le tout dans un joli cadre. Bref, bravo et merci aux Elvis Platinés, à tous les gens ayant œuvré pour le bon déroulement du week-end et aux artistes pour cette dix-neuvième édition du festival !

Info : Les photos ne sont pas libre de droit, pour toute utilisation merci de contacter l’auteur – © Marine Poppins
Cliquez sur la photo ci-dessous pour avoir accès à la galerie complète.

La Pietà


Les commentaires sont fermés