Live Report : Festival de Beauregard 2016 – Hérouville Saint Clair (14)

Samedi 2 Juillet

J’ai fait bonne route, il fait beau, j’ai retrouvé mes amis déjà sur le site, et après un petit détour par l’espace presse, je peux à présent aller profiter des concerts.

Mon festival commence donc avec The Horrors. La formation britannique nous propose des compositions sombres et entêtantes, parsemées de sonorités cold wave années 80. J’avais écouté quelques morceaux à la maison que je n’avais pas trouvés déplaisants, mais sans en retenir vraiment un en particulier. Eh bien le concert m’a fait le même effet ! Le groupe est froid et peu communicatif, bref, un set sans grande passion ni relief… Dommage.

Puis ce sera le tour des Naïve New Beaters que j’ai vus la semaine d’avant au Rock Dans Tous ses Etats à Evreux. Ils arrivent sur scène le sourire aux lèvres, en combinaisons de travail blanches aspergées de taches de peinture.  Bon, alors déjà, ils sont là pour amuser le public et ça se voit. Le chanteur David Boring discute beaucoup entre les morceaux et aussi pendant, propose des chorégraphies complètement ridicules qui font beaucoup rire l’assemblée. Leurs compositions « pop-rock-disco-funky » sont entraînantes et incitent à danser. Les musiciens nous présentent donc un show décalé et drôle, ils ne se prennent (vraiment) pas au sérieux et délirent bien avec le public. Un bon moment, divertissant et très sympa.

Brigitte. Sous ce nom de groupe se cachent deux femmes hyper sexy et charmeuses qui jouent à fond la carte de la séduction. La scène est décorée de palmiers dorés, d’un flamand rose et de deux fauves. C’est kitsch ! Elles arrivent, habillées de robes de soirée noires en lamé, très échancrées. Elles scintillent dans la lumière du soleil qui décline. Les deux femmes sont très souriantes, prennent des poses glamour et minaudent avec les spectateurs. Alors ce n’est clairement pas le style de musique que j’aime, ni mon style de concert, mais à photographier, c’est très chouette !

La Femme. Le set démarre avec leur nouveau morceau ‘Sphynx’ issu de leur dernier album qui devrait sortir à l’automne. Les sonorités psychédéliques et le rythme entêtant me plaisent bien, à mon grand étonnement puisque les quelques titres d’eux que j’avais entendus auparavant m’avaient fait rapidement couper le son de mes enceintes… Mais la petite et bonne surprise du début ne durera pas, les morceaux se suivent et se ressemblent et cela devient vite lassant. Le public a l’air d’apprécier, c’est vrai qu’il en faut pour tous les goûts, mais je n’en fait pas partie. La chanson ‘Mycose’ achèvera mon opinion : non, vraiment, je n’adhère pas !

Robert Plant and the Sensational Space Shifters. Ohlala Robert Plant !!! Moi qui écoutait souvent Led Zeppelin dans mon enfance et adolescence (merci Papa <3), je suis très contente de pouvoir le voir en vrai … mais de loin parce que la foule s’est empressée de se masser en barrière. Sa crinière blonde et bouclée est devenue plus grise, mais le vieux lion n’a rien perdu de sa voix ni de son énergie. Nous avons affaire à un show d’une grande maîtrise, rien d’étonnant, l’expérience est là ! Robert Plant nous emmène dans sa discographie solo mais revient bien évidemment sur des grands classiques de Led Zeppelin tels que ‘Dazed and Confused’, ‘Whole Lotta Love’, ‘Babe I’m Gonna Leave You’ ou encore ‘Rock and Roll’. Avec ses musiciens, il les revisite avec des sonorités africaines ou espagnoles qui transforment les chansons pour leur donner un nouveau souffle. Formidable !

Lilly Wood and the Prick. Ils ont la lourde tâche d’enchaîner après Robert Plant… Compliqué. Mais la pop-folk du groupe entraînera les spectateurs dans un nouvel univers, somme toute bien sympathique.

The Avener. Encore un nouveau changement d’ambiance avec cette fois-ci de l’electro. En quelques minutes, le parc du château se voit transformé en un club à ciel ouvert ! Ça bouge bien et les jeux de lumière sont beaux. Même si je ne l’écouterais pas pendant des heures (et ne regarderais pas non plus parce qu’il n’y a pas grand-chose à voir), ça fait vraiment du bien de pouvoir danser et sauter un peu ! Et à en juger par l’attitude du public autour de moi, The Avener sait emporter les foules.

The Kills. Le duo rock anglo-américain formé par Alison Mosshart et Jamie Hince était très attendu en cette heure tardive. Ils sont venus présenter leur dernier album « Ash & Ice » sorti en juin. Ils sont accompagnés en live d’un batteur et d’un clavier et même s’ils ne sont que tous les deux sur le devant de la scène, ils occupent tout l’espace de leur prestance. Alison arpente la scène de long en large en une démarche sexy et féline, elle concentre l’attention. Jamie ne reste pas dans l’ombre et vient plusieurs fois plus près des premiers rangs sur l’avancée de scène. La foule, moi y compris, s’enthousiasme pour leur rock énergique et fougueux. Petite déception personnelle : ils n’ont pas joué ‘Satellite’ qui est un de mes morceaux préférés de leur album précédent… et pour ça, je leur en veux ! 😀

Dimanche 3 Juillet

Le dimanche commence sous les nuages et une fine pluie mais cela n’empêche pas les festivaliers d’être venus en nombre pour ce dernier jour.

Et c’est Jeanne Added que je vais découvrir en premier. Deux amies l’ayant déjà vue et m’en ayant dit beaucoup de bien, je suis curieuse de la voir. La jeune femme ne ménage pas ses efforts pour occuper tout l’espace : elle sautille, encourage la foule, court sur la scène de long en large… Son enthousiasme est communicatif ! Elle nous délivre un set rock très énergique avec de temps à autre des compositions un peu plus douces. Belle prestation !

Jain. Une toute jeune fille monte sur scène avec sa robe sage noire et blanche à col claudine. Elle est souriante et nous délivre un set plein de fraîcheur et d’énergie. Même si elle joue sur une boîte à rythme et que cela devient assez répétitif au bout de quelques chansons, on peut lui reconnaître que seule en scène pour son jeune âge, elle sait mener son set et mettre l’ambiance. Elle conclura sa prestation par un petit bain de foule sur son titre phare ‘Makeba’, enfermée dans une bulle de plastique transparente !

Beirut. Les deux amis qui m’accompagnent sur ce week-end de festival sont très fans. Et super impatients de voir un de leurs groupes préférés. Il faut dire que Beirut se fait plutôt rare en concert en France et que leur venue est un peu un évènement. Un peu comme PJ Harvey d’ailleurs, dont je vous parlerai ensuite. Beirut est un groupe américain et est classé dans le registre folk, mais les six membres font aussi de la pop ou de la musique de style tzigane dont certains titres me font penser aux bandes son des films d’Emir Kusturica mais en version calme. Vous voyez ? Car en plus des instruments habituels, les musiciens jouent avec des violons, des trompettes, des saxophones, des ukulélés, un tuba, un accordéon… qui font là un mélange surprenant mais riche, harmonieux et élégant. Mes amis étaient ravis et moi, j’ai fait une belle découverte !

PJ Harvey. Alors là, c’est moi qui suis impatiente ! Je connais PJ Harvey depuis plus de quinze ans et n’ai encore jamais eu l’occasion de la voir. Elle entre en scène dans une tenue bleu foncé et noir, avec des plumes de mêmes couleurs dans les cheveux, accompagnée d’une dizaine de musiciens (dont son fidèle acolyte John Parish) comme en fanfare, avec grosses caisses et tambours, violons et saxophones. Elle débute par ‘Chain of Keys’, un titre de son dernier album « The Hope Six Demolition Project » sorti quelques mois plus tôt, en avril. La setlist sera principalement composée de titres de cet album mais nous profiterons de grands classiques de sa discographie tels que ‘To Bring You My Love’, ‘Down By The Water’ ou ‘Let England Shake’. Certains spectateurs lui reprocheront son manque de communication et sa froideur, il est vrai qu’elle ne fait pas de grandes démonstrations d’affection, mais ce n’est tout simplement pas sa façon d’être, et ce n’est absolument pas adapté à son registre musical. Certains qui ne la connaissent pas trouveront ça chiant (oui oui je vous ai entendus !) mais les fans profitent et se régalent. PJ Harvey est grandiose et charismatique mais sait se faire discrète pour mettre en valeur ses musiciens masculins qui assurent également les chœurs. Elle nous quittera sur ‘River Anacostia’, jouée avec une orchestration et des chœurs graves pour terminer uniquement a cappella. Une prestation d’un grand professionnalisme et d’une classe folle ! Je suis impressionnée !

Et je finirai mon week-end au château avec Louise Attaque. J’ai voulu rester jusqu’au bout pour PJ Harvey, ce qui me met dans la situation délicate de devoir me frayer un passage parmi la foule compacte alors que je suis encore loin de la scène… Mission difficile mais réussie quelques minutes plus tard, juste au moment où la bande de Gaétan Roussel commence. Et dès le départ, on voit bien qu’ils sont là pour nous faire bouger à fond ! Leur bonheur de jouer, après toutes ces années d’absence, est bien réel et communicatif. Leurs tubes ‘Lea’, ‘Les nuits parisiennes’ ou ‘Ton invitation’ sont reprises en chœur par la foule. L’ambiance est hyper festive et sera un chouette point final.

Le festival a encore fait fort en ce début d’été pour sa huitième édition : une programmation mêlant artistes grand public et artistes plus pointus ainsi qu’une affluence record avec près de 90 000 festivaliers sur les 4 jours. Merci à l’équipe d’organisation pour son accueil chaleureux et aux bénévoles pour leur sourires.

Rendez-vous l’année prochaine !

https://www.festivalbeauregard.com/

Toutes les photos par ici : http://sliceoflives.piwigo.com/index?/category/46-festival_beauregard_herouville_saint_clair_2_et_3_juillet_2016

[Marjorie]

Les commentaires sont fermés