Vintage : Louis Armstrong – What a Wonderful World

What A Wonderful World (‘Quel monde merveilleux’) est une chanson écrite en 1967 par Bob Thiele et George David Weiss, enregistrée pour la première fois par Louis Armstrong et sortie sous forme de single au début de l’automne de la même année. George David Weiss est notamment l’un des auteurs de l’adaptation américaine de ‘The Lion Sleeps Tonight, connu en France sous ‘Le Lion est Mort ce Soir’.

L’histoire dit qu’au moment de l’enregistrement, Larry Newton, directeur du label ABC, était venu saluer Armstrong, nouvelle signature de son label. Quand il a appris que l’artiste enregistrait ce morceau, il a essayé de s’interposer, le trouvant trop lent et bien trop éloigné du répertoire habituel de Louis Armstrong. Il a donc fallu sortir Newton du studio et le mettre à la porte. Lors de cette session d’enregistrement, Louis Armstrong n’a été payé que 250 dollars, pour s’assurer que la totalité de l’orchestre serait rémunérée correctement.

Malheureusement, le titre n’a pas du tout eu le succès espéré aux États-Unis : Larry Newton refusa d’en faire la promotion. Il s’en est vendu à peine mille copies dans tout le pays. EMI a ensuite forcé ABC à le sortir correctement en album l’année d’après. Néanmoins, il connut un véritable succès en Grande-Bretagne. Louis Armstrong fut ainsi le plus vieil artiste à obtenir la première place des charts dans le pays (il avait 66 ans à l’époque). Mais la chanson connaît un deuxième succès aux États-Unis vingt ans plus tard car le réalisateur Barry Levinson l’intègre à la BO de son film « Good Morning Vietnam » et elle ressort en single.

Les paroles sont les observations et les impressions de quelqu’un sur les choses du quotidien qu’il voit et qui l’émerveillent : les arbres, les roses, le ciel, les nuages, les couleurs d’un arc en ciel, les enfants qui représentent l’avenir… Il conclut le refrain par une phrase optimiste qui donne son titre à la chanson : « and I think to myself, what a wonderful world » (« et je me dis au fond de moi, quel monde merveilleux »).

On pourrait voir un sens ironique à cette chanson : le monde n’est évidemment pas merveilleux pour tous. Elle a été composée à une période conflictuelle et difficile de l’histoire américaine : les États-Unis sont en pleine Guerre du Vietnam, et la ségrégation fait souffler un vent de révolte. Ce titre était censé apporter un peu de paix et d’optimisme dans cette période troublée.

Ce titre, devenu un standard, a été largement repris. Les Flaming Lips, Rod Stewart, Stevie Wonder, Iz et même Joey Ramone en ont livré une version. Cette dernière sert d’ailleurs de générique de fin au documentaire « Bowling For Columbine » de Michael Moore sorti en 2002.

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