Live Report : Le Journal de 20h vous présente le Hellfest

11751785_713770355422936_5639521384207286268_n - CopiePrésente : l’édition spéciale Hellfest

Bastien : Bonsoir et bienvenue dans le journal de Melody, il est 20 heures et nous sommes ravis de vous accueillir ! Pour nous accompagner ce soir, Nicolas chroniqueur sur notre site : bonsoir Nicolas !

Nicolas : Bonsoir ! Heureux de vous accompagner pour cette édition !

B : Et dans l’édition de ce soir, parlons d’un certain festival nommé « Hellfest ».
Est-il nécessaire de parler de cette déprime post-festival qui touche chacun d’entre nous ? Déjà quelques jours et ce retour (violent) à la réalité. Où sont passés les copains du pit ? Qu’avez-vous fait de votre pichet ? Le copain / copine de file d’attente pour le merch ? L’émotion, la sensation dans le creux du ventre quand apparaît l’artiste tant attendu ? Nous étions sur les lieux, reportages.

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JOUR 1 – Vendredi 17 Juin 2016

B : Hellfest. Tout a si bien commencé entre nous. Dès le vendredi matin, j’attaque tambours baIMGP0455ttants pour observer la première prestation scénique du festival avec Witches et leur thrash / death metal. Jouer à cette heure-là, dès la première fournée n’est pas chose aisée. Pourtant la foule se masse et déjà quelques ovations se font ressentir, qui ne cesseront de croître jusqu’à la fin du show. Bonne entrée en matière ! Les tympans échauffés, j’amène mes esgourdes du côté de la Mainstage et la fin de Shinedown. Première petite surprise avec ce son issu de la Floride, le batteur Barry Kerch dit d’eux qu’ils sont « un groupe de rock’n’roll ». Mais pas que : les refrains accrocheurs de leur hard rock ultramélodique font du coude à mes sens.

N : De mon côté , je commence la journée par de très bonnes découvertes sur les scènes principales avec The Shrine, AudreyHorne2Audrey Horne et Shinedown également qui nous offrent tous trois un hard rock bien rythmé et réussissent à faire bouger le public encore peu nombreux à cette heure-ci. Des groupes à retenir ! Delain joue également sur la Mainstage 1 : leur metal symphonique dans le style de Within Temptation m’attire moins, mais le public a l’air d’adhérer !
On enchaîne avec le Bal des Enragés : plein de beau monde de la scène punk et rock alternative française qui reprend les standards du rock. C’est sympa, on passe un bon moment, mais sans plus. C’est plus pour les musiciens une manière de s’éclater entre potes qu’un véritable concert.

B : Qu’entends-je chère confrère ! Car c’est bien pour le Bal des Enragés et Mass Hysteria que j’ai rejoint la fosse maintenIMGP0486ant. Oui, la scène française est là, et le public le sait car nous sommes massés en nombre devant les crash barrières ! La fine fleur de la troupe s’amène pour nous proposer un show, bien que réduit (40 minutes au lieu des 2h30 habituels !), qui verra défiler certains membres de Tagada Jones, Lofofora, Aqme, Parabellum, Punish Yourself, Black Bomb A, Loudblast ainsi que les performeurs Laurent et Klodia : rien que ça ! Le public, bien qu’harangué par les averses, répond furieusement à la troupe. Alors je te rejoins sur ce point, c’est une manière de s’éclater entre potes, mais à  peine débuté que déjà fini, on se mettait à peine dans le bain !
La furie ne disparaîtra pas complètement : Mass Hysteria les suivra sur la Mainstage deux pour l’un des concerts qu’il ne fallait pas manquer lors de cette édition !

N : Avant de parler d’eux, j’ai jeté une oreille distraite aux très bons Halestorm ! Mais arrive l’heure de Mass Hysteria. Je m’approche de la scène plein de bonne volonté, me disant que l’ambiance va être top, que c’est l’occasion d’apprécier mieux ce groupe. En plus ils prévoient un wall of death géant ça va être génial ! Mais non rien n’y fait, je n’aime vraiMassHysteria9ment pas du tout la musique de Mass Hysteria. Du coup je pars au bout de cinq minutes.

B : De mon côté, le rendu fut différent (le côté fan ?) : un Mouss en grande forme
, le changement de line up il y a quelques temps n’a en rien chamboulé l’énergie et la fougue de l’immense foule présente. On sent une véritable connexion durant cet après midi, qui atteindra son paroxysme au moment de ‘L’enfer des Dieux’ : le contexte actuel, le festival, la masse devant les Mass, et surtout ces nuages menaçant en face de la scène avec le vent qui se lève… Tout était réuni pour immortaliser dans les esprits ce moment ! Et cette connexion durera encore le temps du plus grand Wall of Death qu’ait connu le Hellfest après celui de Dagoba il y a deux ans !

N : Chacun ses goûts ! Pour ma part, le premier gros groupe de cet après-midi, c’est Volbeat. C’est la deuxième fois que je les vois : le concert est plutôt sympa, le son est propre, et ce croisement de heavy metal et de rock n’ roll fait toujours mouche, mais sans réelle surprise par rapport à la première fois (je suis moins bien placé aussi), à part la phrase de sensibilisation de Michael Poulsen : « si vous ne portez pas de bouchon d’oreille vous risquez de vous faire virer d’AC/DC » qui a fait ma journée !

B : Après ce torDropkickMurphys3rent d’émotions, on retiendra la performance de Dropkick Murphys qui, sans forcément incendier la foule a su insuffler joie et de bonheur sur les visages des festivaliers (on parle de ‘Rose Tattoo’ ?). Il y a eu aussi et surtout LA grosse affiche du soir avec les monstres Rammstein : un show comme attendu, des flammes, du théâtral, une prog millimétrée qui a fait son effet. Presque un peu déçu parfois en trouvant le temps un peu long, la faute à l’étau humain autour de nous ? Possible, une attente trop grande également ? Plausible. On ne pourra pas leur enlever par contre que c’était un très bon concert ! Nous nous rejoignons sur ce point il me semble ?

N :  Oui Rammstein ! Musicalement, ce n’est pas forcément mon truc, mais c’est le genre de concert à ne pas rater. D’ailleurs, c’est plus un spectacle qu’un concert. Un gros travail est fait en termes de lumière et de pyrotechnie : c’est carré, millimétré comme tu le disais, très Allemand en fait. Cependant je trouve que ça manque d’âme, c’est trop impersonnel à mon goût. Par contraste, j’ai trouvé la phrase finale de Till Lindemann très touchante : « Hellfest, vous êtes formidables, merci beaucoup, danke schön ». Dommage que ce soit la seule fois où ils brisent le quatrième mur…
Fin du concert de Rammstein, tout le monde se dirige vers la Mainstage 2 pour The Offspring. Alors déjà à la base, je n’ai pas vraiment compris ce qu’ils foutaient, mais en plus de squatter une Mainstage en fin de soirée, ils ont l’air de totalement se faire chier sur scène et ramènent un public de merde. Bref sans intérêt. Sachant qu’il y a deux très bons groupes sur les autres scènes ce n’est pas la peine de s’attarder ici.

B : Un pétard mouillé oui ! Dexter, c’est toi ? On ne parlera pas des erreurs au long des morceaux, tiens d’ailleurs je vais rejoindre ma jeunesse qui vient de se barrer au quatrième morceau.

N : Je pars donc direction la Warzone pour Kvelertak, un bon groupe black-pagan. C’est sympa mais l’ambiance n’est pas forcément au rendez-vous dans la fosse, c’est dommage ! Je me dirige donc vers le Temple où est en train de jouer le célèbre Abbath, ex chanteur-guitariste du groupe Immortal, pionniers du black metal. C’est le jackpot ! Abbath arbore toujours son maquillage noir et blanc (il parait d’ailleurs qu’il est fan de Kiss, d’où le maquillage !), lui et ses musiciens jouent d’anciens morceaux d’Immortal ainsi que des titres de son récent album solo, toujours dans le black metal mais avec des touches de hard rock. Sous ses airs de gros dur, Abbath est un gars vraiment cool sur scène : il parle avec le public et déconne malgré les problèmes techniques auxquels le groupe a droit. Bon, il faut avouer que son accent est tellement fort qu’on ne comprend pas grand-chose à ce qu’il dit, mais ça ne fait rien on capte les grandes lignes ! Et puis musicalement, ça donne !

Après cette courte pause, nous reviendrons sur la deuxième journée de ce Hellfest édition 2016. Ne coupez pas vos tablettes, PC et autres téléphones, vous risquez de manquer du très lourd !

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Au Hellcity Square, ils savent recevoir !

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Avez vous testé la Tyrolienne des Mainstage ?

JOUR 2 – Samedi 18 Juin 2016

B : Ah Hellfest, tu nous tues. Rien qu’à l’idée de devoir raconter qu’en ce samedi, pléthore d’interviews furent réalisées mais surtout une flopée de IMGP0616belles rencontres furent faites, cela me chagrine de ne plus y être. Le Disneyland du metal n’a jamais aussi bien porté son nom. Car c’est aussi ça, de l’échange et des souvenirs avec un ami, un amour ou une simple personne de passage. La journée se passera donc principalement à l’espace presse, mais quelques pauses me permettent d’assister à l’heure de l’apéro (ou plutôt du cinquième) au concert énergique des Sales Majestés, qui ont mis la Warzone à l’épreuve. Malgré l’heure, la fosse est pleine et le public se démène pour laisser un beau souvenir aux punks, à revoir d’urgence !

N : Une petite différence de mon côté cher collègue, car après avoir passé plus d’une heure dans la file d’attente qui n’avançait pas, je rentre enfin ! Le temps de manger, et on se dirige vers Atreyu sur la Mainstage deux. Je ne connaissais pas ce groupe, le metalcore n’est pas forcément mon style favori mais ces gars-là assurent bien sur scène. Mention spéciale pour le batteur Brandon Saller qui réussit la tâche difficile de chanter en même temps qu’il tape sur les fûts. Son jeu batterie est par ailleurs impressionnant !
Une fois le set d’Atreyu terminé, direction la Mainstage un pour un groupe que j’attendais au tournant : Sixx:AM. Sixx:AM, c’est l’association de trois musiciens talentueux à la carrière déjà prolifique : James Michael, DJ Ashba (ex Guns N’ Roses, mis au chômage prématurément par le retour de Slash à bord des GnR) et surtout Nikki Sixx, bassiste, membre fondateur et principal compositeur du groupe porte drapeau du glam rock des années 80 : Mötley Crüe. Du coup, je venais surtout en tant que fan de Mötley sans vraiment connaître la musique de Sixx:AM. Il s’avère que c’est du hard rock actuel, très différent de la musique du Crüe, mais super bon. Sur scène, les musiciens sont très dynamiques, on sent une réelle complicité entre eux, ils savent mettre l’ambiance. Nikki Sixx, avec ses 57 ans, est toujours autant en forme ! Ça fait vraiment plaisir des voir des artistes réussir à se renouveler aussi bien, plutôt que de ressasser la même chose depuis des années et de remplir des salles simplement grâce à leur nom !

B : Pour ma part, les guiboles sont restées au même endroit, la fin d’après-midi sera passéTheToyDollse sur cette même scène punIMGP0644k tant spéciale. Avec UK Subs et Bad Religion, les aficionados en ont eu pour leurs esgourdes, tant les zikos étaient au poil. Même constat : malgré un âge plutôt senior, UK Subs a assuré un set complet tout en prenant du plaisir, que le chanteur Charlie Harper s’empressait de partager avec le public venu en nombre pour eux. Mais la véritable claque du jour sera à mettre sur le dos des Toydolls ! Une joie de jouer partagée avec le public, le frontman surnommé Olga a mis tous les sceptiques d’accord en donnant un concert déjanté, la sécurité s’en souviendra ! Le punk qui était en chacun de nous s’est déchaîné, vous reprendrez bien un slam ou deux ?

N : J’étais à l’opposé ! Avec un changement totale de registre : direction le Temple pour Fleshgod Apocalypse ! Les italiens font dans le grandiose avec un black metal symphonique à la fois puissante et lyrique, on se prend totalement dedans ! Côté mise en scène et costumes, c’est très travaillé : le style vestimentaire des musiciens évoque la renaissance italienne, et leur maquillage blanc donne un côté plus mystique. Ils jouent sur de beaux instruments en bois rappelant des violons et autres instruments classiques. Un léger bémol au niveau du son cependant : on a du mal à entendre la chanteuse ainsi que le pianiste.
Sick Of It All continue son concert sur la Mainstage deux, et je vais me placer pour le concert suivant sur la Mainstage un. Cette fois, pas question de se mettre dans le pit devant scène : la place idéale est un peu plus loin, proche de la régie son. Parce que le musicien qui arrive n’est pas là pour nous faire pogoter, mais plutôt pour nous offrir une heure de virtuosité à l’état pur ! Son nom ? Joe Satriani bien sûr ! Le résultat est prodigieux : une heure de guitare uniquement instrumentale, pas une fausse note, il réussit à captiver notre attention pendant tout ce temps, sans fioritures. Un des guitaristes les plus doués et créatifs de notre époque.
Petite pause ensuite, puis je me balade entre Disturbed et Within Temptation pour finalement revenir à la Warzone pour Ludwig Von 88. C’était leur premier concert depuis plus de vingt ans, et vu le monde autour de la Warzone ils étaient plus attendus que le messie, mais personnelleLudwigVon88ment je n’accroche pas du tout. Que ce soit la boîte à rythme (apparemment le batteur avait piscine ce jour-là), les costumes achetés à la foire fouille la veille, ou l’esprit « on s’en fout on vient juste pour s’éclater pas besoin de préparer », ça a vite fait de me saouler. Je veux bien que ce soit du festif mais il y a des limites, on est au Hellfest, pas au bistrot chez Gégé. Là j’ai eu l’impression de voir Patrick Sébastien.

B : Sur ce point, je te rejoins encore une fois. L’engouement qu’a suscité leur retour a été tel que je m’attendais à un groupe monstrueux, quelque chose qui allait rester dans les mémoires. Bien que très sympathiques à première vue, les Ludwig m’ont semblé être un groupe qui n’avait rien à faire au Hellfest, et encore moins sur une scène de cette importance. Pas en accord, reformé quasiment pour l’occasion, avaient-ils au moins répété ? Au diable le côté historique du groupe, ce qu’on voulait c’était s’éclater, du coup on s’est barré.
Et pour finir la journée, la tête d’affiche qui avait l’air là à défaut de ne pas en avoir d’autre. Pas réussi à convaincre James Hetfield ou Angus ? De toute façon, l’un était trop cher et l’autre trop, euh… Passons. C’est donc Twisted Sisters qui se présente sur la Mainstage, et une petite surprise ! Pour leur tournée d’adieu (private joke à Scorpions, Judas Priest et Black Sabbath), Mike Portnoy (Dream Theater) remplace leur regretté membre A.J. Pero, et leur arrêt à Clisson sera une réussite. Pour la der en France, le frontman Dee Snider est sur tous les fronts ! Rien ne l’arrêtera durant un set où l’Américain a joué avec la foule, un véritable showman qui fait passer d’un très bon concert à celui d’excellent souvenir dont on aimera se rappeler.
Le clou du spectacle sera à mettre à l’actif de l’hommage à Lemmy Kilmister, dont le mausolée était visible du côté de la Warzone. Un vibrant diaporama, suivi par l’intervention de Phil Campbell mais surtout un magnifique feu d’artifice : R.I.P. Lemmy.

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Le magnifique mausolée de Lemmy, présent sur la Warzone

Après une courte page de publicité, vous aurez le privilège de savoir comment s’est passé cette dernière journée !

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Le Skatepark a été bougé cette année, une superbe idée car mieux placé. Plus agréable !

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Pour passer le temps, vous pouviez vous rendre du côté de la Warzone !

JOUR 3 – Dimanche 19 Juin 2016IMGP0764

B : Nous sommes de retour pour la dernière ligne droite ! Et en cette journée finale cher festival, tu nous en as mis une sévère. Non contents de nous en mettre plein les yeux avec les décors Mad Maxien et des bénévoles toujours aussi souriants que disponibles et qu’on ne remerciera jamais assez pour leur travail de l’ombre, tu as achevé ce qu’il restait de nos tympans.
A peine réveillés que Municipal Waste envoyait la purée, avec un backdrop de Donald Trump du plus bel effet, circle pit après circle pit, le groupe a beau passer tôt la foule est présente pour répondre au frontman ! Pas ma tasse de thé habituellement, mais venir par curiosité et passer un bon moment : check !

N : De mon côté, je débute directement à l’Altar avec Fallujah, un groupe de death metal atmosphérique américain unique en son genre, à ne pas louper ! C’est d’ailleurs leur premier concert en France ! Je me place au premier rang, où il y a déjà pas mal de fans du groupe apparemment. Le concert leur permet de promouvoir l’album Dreamless sorti récemment (cf. partie Chronique sur notre site). Niveau son ce n’est pas forcément top au premier rang, on a du mal à entendre les aigus des mélodies atmosphériques propres aux groupe, mais en termes d’ambiance c’est bon ! Ca enchaîne les circle pits, et le public est très réceptif ! C’était un très bon concert, un peu court, mais on espère les revoir bientôt en France !
Retour ensuite sur la Mainstage pour Vintage Trouble…

B : Car Vintage Trouble nous a fait passer un chouette moment malgré un style totalement différent. Des teintes de IMGP0769blues viennent se mêler aux touches éparses de rock, on sent l’énergie monter de la scène et qui se transmet de spectateur en spectateur ! Le moment à ne pas louper ? Un magnifique slam de Ty Taylor (chant) d’un bout à l’autre de la foule. Surpris par cet accueil, le chanteur a vanté l’ambiance unique du festival sur les réseaux sociaux. Surprenant ? Loin de là !

N : Tout à fait ! Encore un groupe que j’attendais avec impatience ! Vintage Trouble, ce n’est pas du metal, c’est encore moins du punk, ce n’est pas vraiment du rock… et pourtant le public leur a réservé un accueil triomphal ! Il faut dire que ces gars-là ont toutes les cartes en main : avec leur blues rock tout droit venu des années 60, ils ont sur scène une énergie, un sens du rythme et un contact avec le public qui parlera à tout métalleux averti ! Un super bon moment ! Pour revenir à ce que je disais tout à l’heure, je trouve qu’un groupe comme Vintage Trouble a largement plus sa place au Hellfest qu’un The Offspring. Les premiers misent sur une musique et une prestation scénique excellentes, les seconds misent sur leur notoriété mais n’ont pas grand-chose à proposer. La messe est dite.

B : Surtout après l’arrivée de No One Is Innocent sur la Mainstage. Encore une fois, malgré le milieu d’après midi, la foule s’IMGP0783est déplacée pour la première du groupe en Enfer. Un show d’exception, Shanka (guitare) distille ses plus beaux riffs, et le reste du groupe suivra. Kemar (chant) gardera le smile du début à la fin, tout comme le pit qui a pris un pied incroyable.

N : Groupe majeur de la scène rock française il ne faut pas l’oublier, les No One ne m’avaient pas vraiment emballé quand je les avais vus l’an passé en première partie d’AC/DC : la faute à une sono désastreuse, une scène trop grande et un public peu réceptif. Cette fois, rien à voir : les gars sont dans leur élément, ils dégagent une énergie sur scène qui fait plaisir à voir ! Le public adhère totalement, et moi aussi !

B : Après un bref arrêt bière, direction la scène « The Valley » pour tendre l’oreille vers  Rival Sons. Une superbe eIMGP0852ntame de début de soirée, et le chanteur Jay Buchanan qui ouvre les hostilités directement, pieds nus ? A-t-il senti les vibrations que lui envoyait la foule ? Une prestation de haut vol avec un public plus posé que sur d’autres scènes, mais en osmose avec le groupe. Le stoner passe à merveille, notamment quand retentissent les morceaux ‘Electric man’ ou bien ‘Pressure and time’ !
La fatigue nous tient, mais la bière nous maintient pour la dernière ligne droite !

N : Pas de Valley pour moi, je m’approche encore un peu de la Mainstage 1 afin d’être bien placé pour Gojira. Sur la Mainstage 2, Tarja commence son show, que je suis sur l’écran géant.  Franchement, c’était triste à dire, mais si la personne sur scène ne s’était pas appelée Tarja Turunen, je pense que je n’aurais même pas écrit ce paragraphe. Mais là… Mince, Tarja, qu’est ce qui t’est arrivé ? Pour rappel, Tarja Turunen possède une formation chanteuse d’opéra, elle forme en 1996 le groupe Nightwish, considéré comme pionnier du metal symphonique, qu’elle quittera en 2005. Qu’on se le dise, elle a une voix extraordinaire. Mais là, j’ai eu l’impression d’entendre un concert pop sans saveur, avec des envolées lyriques totalement inappropriées. Alors qu’est-ce que c’est ? Peut-être un excès de confiance en soi l’ayant poussée à continuer de composer seule ? Je ne sais pas, mais en tout cas le résultat n’est pas au rendez-vous, et c’est bien dommage. Je vais aller écouter ‘Oceanborn’ pour me consoler !
On se met en place dans le pit pour les vikings d’Amon Amarth. Déjà, la scène est vraiment stylée, avec deux grands drakkars qui sortent du sol. Le concert est excellent, Johan Hegg est un bon frontman, et le public est réceptif ! En plus des pogos et circle pits habituels, on fait aussi un paquito, comme dans les ferias ! Mais si vous savez, quand on se met tous assis par terre et on balance nos bras d’avant en arrière ! C’est la première fois que je vois ça dans un concert metal et c’est vraiment sympa ! Côté setlist, c’était très varié. Ils jouent notamment deux titres du nouvel album « Jomsviking » : ‘First Kill’ et ‘Raise Your Horns’.Megadeth8
Après cela, on continue avec Megadeth. Même si j’aime bien la musique de ce groupe,
je trouve leur show un peu décevant. Ça manque de dynamisme, il y a peu d’échanges avec le public, Dave Mustaine est on ne peut plus statique : on finit par s’ennuyer un peu.
Ça y est, Gojira arrivent sur scène ! Joe, Mario, Jean-Michel et Christian attaquent directement dans le dur avec ‘Toxic Garbage Island’, issue de l’album « The Way Of All Flesh ». Dans la fosse, c’est incroyable, une ambiance de taré ! Ça bouge de partout, des circle pits se forment et on voit passer des slammeurs à n’en plus finir. Honnêtement, j’en ai rarement vuGojira autant : il en venait de tous les côtés ! Tout le monde joue le jeu, on garde le sourire et on apprécie le moment présent ! C’est ça l’esprit du Hellfest ! En cinquante minutes, ils glissent trois morceaux de l’album « Magma » sorti
quelques jours plus tôt, mais aussi quelques classiques comme ‘L’Enfant Sauvage’ ou l’incontournable ‘Flying Whales’ et sa montée en puissance absolument incroyable en live ! Le concert permet aussi d’apprécier pleinement la virtuosité de Mario à la batterie, dont c’était l’anniversaire ce jour-là ! Il a donc eu droit à une superbe ovation de la part de la foule en délire du Hellfest !

B : Toujours à la Valley, je jette un coup d’œil à Jane’s Addiction. Certains m’ont loué leur histoire : fondé en 1985, Perry Farrell, Dave Navarro et la bande ont inspiré des groupes tel que Queens of the Stone Age ou même Nirvana. Premier groupe de rock alternatif majeur aux Etats Unis, le succès est compréhensible tant leur influence a pesé sur le visage du rock d’aujourd’hui. Après s’être séparés, ils reviennent finalement en juin du côté de Clisson. Je comprends l’engouement suscité : bien en place, on sent une véritable puissance qui émane de la scène à chaque morceau. Mais n’étant pas plus fan que cela, je quitte la tente pour rejoindre le dernier concert personnel de cette édition : Ghost.

N : Un des meilleurs concerts du festival en somme. La nuit tombe, le spectacle peut commencer. Arrivée des Nameless Ghouls sur une intro dans le style du film ‘Eyes Wide Shot’, puis entrée triomphale du chanteur Papa Emeritus III avec son maquillage, son sceptre et sa mitre sur la tête.IMGP0865
On ouvre sur ‘Spirit’, issue de « Meliora », puis ‘From The Pinacle To The Pit’ et sa fameuse ligne de basse. Dans le public, on reprend tous en cœur « You are cast out from the heavens to the ground!… »
Puis Papa Emeritus III fait tomber le chapeau et le bâton de berger Justin Bridou, et gagne franchement en dynamisme pour attaquer ‘Cirice’, titre phare de l’album « Meliora », puis le cultissime ‘Year Zero’ où le public entonne à tue-tête le refrain qui ferait faire un AVC à Christine Boutin : « Hail Satan, welcome year zeeeeeeeroooooo! ». Le concert se termine de la meilleur manière qui soit avec ‘Monstrance Clock’, accompagnée de la chorale de Clisson, d’un feu d’artifice, d’une pluie de billets à l’effigie de Papa Emeritus III, enfin de quoi mettre en PLS un bon nombre de groupes en tête d’affiche !

B : Plusieurs fois manqués, toujours loués, il était écrit que Papa Emeritus et le Hellfest seraient notre point de rencontre. Un concert en apothéose : porté par les airs mélodieux des Ghouls, nous avons assisté à une prestation enchanteresse, nous permettant de s’évader loin, très loin de toute réalité. Le jeu de lumière est extraordinaire, le frontman communique avec le public et lui partage même quelque
s offrandes, un échange qui se traduit ensuite par une belle communion sur les tires joués, notamment un magnifique ‘He is’ qui a fini de me convaindre.
La confirmation donc : Ghost est absolument à cocher si l’occasion se présente !

N : Je ne vois que le début de Black Sabbath. Ozzy semble fatigué, néanmoins le résultat à l’air un peu meilleur qu’il y a deux ans sur la même scène. Mais il faut bien avouer que Black Sabbath n’est plus ce qu’il a été. Il est plus de 23 h, mon dernier repas date de midi, du coup je quitte Sabbath (de toute façon j’étais beaucoup trop éloigné) et vais manger une tartiflette.
Tout en mangeant ma tartiflette par ailleurs excellente, je m’approche de l’Altar où joue Paradise Lost. Je ne connais pas vraiment ce groupe, mais leur doom metal gothique et mystérieux est très agréable à écouter. Je me place d’ailleurs juste derrière la régie, ce qui permet de se rendre compte du travail effectué par les ingénieurs son et lumière. Sans eux, pas de concert !

Clap de fin

Comme toujours, plus qu’un festival, c’est un pèlerinage pour moi, pour toi, pour eux. Et quoi qu’en disent les médias, il vient de devenir le deuxième festival en France. Pour un style jugé extrême, underground et surtout vu d’un mauvais œil, il fait la nique à tous. Ce serait peut-être le moment de se réveiller et d’ouvrir les yeux ?

Et sous les dernières notes qui s’envolent dans le vent, alors que lentement la cathédrale apparaît une dernière fois, cette parenthèse de quatre jours revient en une fraction de seconde : le Hellfest, un paradis.

Divers

Merci de nous avoir suivis, c’était l’équipe spéciale Hellfest, à vous les studios !

 

Photos par Marc Antoine et Bastien, non libre de droits.

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