Live report : Festival Les Ardentes – Liège (Belgique) – 6/07/2016

Pour sa dixième édition, le festival belge s’offrait en tête d’affiche Indochine, déjà présent il y a dix ans pour la première. Et il n’en fallait pas plus pour que je me décide à monter en Belgique en ce mercredi 6 juillet !
Le festival liégeois, fort de ses quelques quatre-vingt-dix mille festivaliers cette année, est plutôt à tendance éclectique. Mais s’il se revendique comme l’un des n°1 européens pour la scène urbaine, le Rock n’y est pas en reste. Constatez plutôt ces quelques noms présents aux éditions antérieures : Iggy Pop, Placebo, Shaka Ponk, Marilyn Manson, Sum 41… Let’s go pour une journée de folie chez nos voisins belges !

Nous partons vers 13h dans la Ferrari rouge de mon amie Jess (on a le droit de rêver!) pour environ trois heures et demie de route (pause non comprise) sous le soleil, à travers la France et le Luxembourg, pour arriver vers 17h à Liège. Petit conseil à nos amis frontaliers : des affiches ou des pancartes en plus dans la ville pour indiquer le festival ce serait pas mal ! Garées en PMR car ma Jess a des béquilles, nous nous félicitons de n’avoir que cinq mètres à faire jusqu’à l’entrée du festival ! Qui plus est, les personnes présentes aux parking et à l’accueil sont sympas, ça commence bien.

Après le contrôle de mise, on entre dans le festival en traversant le Wallifornia Park, véritable ruche créative où sont présents plusieurs collectifs d’artistes (caravanes, constructions, graffs, animations, mini concerts…). Puis vient la route des saveurs et ses nombreuses échoppes pour étancher la soif et remplir les estomacs, ainsi que plusieurs stands publicitaires, animations et boutiques. Le décor est agréable, le festival étant situé le long de la Meuse au sein d’un parc verdoyant. Nous marchons ainsi le long des pavés jusqu’à la grande scène, Open Air, afin de constater l’omniprésence des fans d’Indochine, arrivés pour certains depuis la veille. Effectivement la barrière est indochinoise ! Nous refaisons un tour pour se balader et assouvir quelques besoins physiologiques.

Et c’est à 18h et toujours sous le soleil que se présente sur scène Hyphen Hyphen ! Hyphen Hyphen - Les Ardentes (3)Je ne connaissais ce groupe que de nom, en partie grâce à l’obtention de leur Victoire de la Musique catégorie révélation scène de cette année. Et comme je ne m’attendais à rien, j’ai eu le droit à tout ! Que de folie et d’ambiance en cette fin d’après-midi ! Santa, la chanteuse, nous dévoile sa voix impeccable, forte et nuancée à la fois, dans une énergie intarissable et un style inclassable. Le guitariste, Adam, quant à lui, est un vrai kangourou et ses sauts tout au long du show sont impressionnants ! Le groupe est ravi d’être là, ils sont souriants, ils enchaînent les titres tour à tour plus ou moins calmes, et surtout ils sont très communicatifs, Santa s’exprime pas mal entre les morceaux. S’ils occupent bien tout l’espace scénique durant le concert, la chanteuse, se rendant plusieurs sur l’avancée (oui qui dit Indochine qui joue, dit avancée de scène), va même jusqu’à descendre plusieurs fois dans la foule, armée de son feutre elle repeint les visages et les bras des festivaliers avec les peintures de guerre typiques du groupe, et prend même le temps de faire quelques selfies, tranquille, au milieu des gens ! Les quarante-cinq minutes de show passent à une vitesse hallucinante, le public a majoritairement accroché au set du jeune groupe et nous on a eu un véritable coup de cœur pour eux ! Rendez-vous au prochain live dans notre région, Hyphen Hyphen !

Ibrahim Maalouf - Les Ardentes (1)

Pause miam-miam et coucou aux copains, et il est vite 19h30 pour l’arrivée sur scène d’Ibrahim Maalouf. Après le concert énergique et dansant du groupe précédent, il est assez difficile de se laisser emporter par le live cent pour cent instrumental du trompettiste-pianiste-compositeur franco-libanais et de ses nombreux musiciens. Mais l’artiste est plein de ressources et réussit quand même à nous emporter avec lui au fur et à mesure du show, venant chercher le public en profitant de l’avancée, nous invitant à faire les chœurs, et puis il est tellement souriant et convaincu par sa musique qu’on se laisse prendre au jeu. Malgré tout, l’heure passe mois rapidement qu’auparavant. Notons aussi quelques soucis techniques qui sont venus quelque peu gâcher la qualité du son durant le passage d’Ibrahim Maalouf.

Jusque là, nous avions un espace vital plutôt correct au milieu de la foule, mais plus l’heure fatidique d’Indochine se rapproche, plus la tension monte et plus la foule se resserre ! Il est donc 21h30 quand les britanniques de Suede entrent en scène. Suede - Les Ardentes (1)Fondé en 1989 puis reformé en 2010, le groupe mélangeant Glam Rock et Britpop, ne retient malheureusement pas notre attention. Même si le chanteur, Brett Anderson, mouille la chemise, allant lui aussi prendre des bains de foule, sautillant et prenant des airs théâtraux tout au long de sa prestation, les musiciens n’ont pas forcément l’air extrêmement emballés d’être là et du coup l’ambiance ne prend pas vraiment. Malgré tout, on aperçoit par ci par là quelques ultrafans du groupe qui s’agitent et reprennent en chœur les chansons des anglais, et n’oublions pas non plus l’effort fait au niveau visuel avec des fonds, pour certains sublimes, sur l’écran derrière les musiciens. L’heure nous paraît bien longue, il n’y avait pas d’écrans pendant ce show donc je plains les gens qui étaient loin, et il faut encore attendre avant de pouvoir assister au clou du spectacle qui nous a fait venir jusqu’ici.

La nuit est maintenant bien présente sur les Ardentes. Les quarante-cinq minutes avant le show d’Indochine sont, comme toujours, interminables, et ponctuées de bousculades en veux-tu en voilà, le fan voulant toujours être au plus près quitte à écraser quelques personnes en béquille au passage, et nous sommes à la limite de l’asphyxie lorsqu’il est enfin 23h15 ! Inutile de présenter le groupe fort de ces trente et quelques années d’existence, ni non plus l’engouement qu’il suscite à chaque passage sur scène.
Indochine - Les Ardentes (3)C’est parti, on est déjà en transe quand résonnent à nos oreilles les premières notes de la chanson ‘Le Baiser’, ouverture magnifique à ce set prometteur, dévoilant un long rideau blanc derrière le groupe qui va servir d’écran pendant le show. Notez au passage que cette première chanson étant l’une des préférées de Jess, on est au taquet niveau émotionnel ! Puis vient une reprise de ‘Heroes’ en hommage à ce cher David Bowie. Musicalement intéressante mais vocalement, bon on sait que Nicola n’est pas le plus performant quand il chante en anglais, mais on ne lui en tient pas rigueur, et le titre fait plaisir à entendre malgré tout. S’ensuivent ensuite des titres efficaces ‘Marilyn’, ‘Little Dolls’, ‘Punker’ qu’on avait pas entendu depuis un moment et le toujours génial ‘Miss Paramount’. On danse, on saute, on s’arrache les cordes vocales, et le groupe est fidèle à lui-même, du boulot bien fait et une ambiance au taquet dans la foule. Puis vient ‘Le Lac’, on se repose quelques minutes en profitant de ce texte magnifique, que pour ma part j’adore en live. ‘College Boy’ nous fait toujours le même effet, titre phare de « Black City Parade » et hymne à la tolérance, c’est toujours un grand bonheur de le fredonner, et on retrouve projeté derrière le groupe le clip passé à l’envers. Attention, c’est maintenant au tour de ‘Tes Yeux Noirs’ et la foule se resserre au maximum pour accueillir Nicola, qui comme à son habitude, descend faire le tour de la crash barrière pour aller au contact des fans. Bon aujourd’hui, on n’y est pas avec Jess, mais ça nous permet de nous remémorer nos instants passés avec lui sur ce morceau et du coup on prend plaisir à regarder les fans émus profiter sur les écrans. Ensuite c’est un ‘J’ai demandé à la Lune’ habituel qui enchaîne, que pour ma part je n’écoute jamais vraiment désolée, alors j’en profite pour observer le jeu des musiciens. Mention spéciale à Ludwig, batteur seulement depuis l‘Europe City Club Tour l’année dernière, dont j’apprécie de plus en plus le jeu, et à notre Oli national. Et là, Nicola nous annonce trois morceaux de l’envoûtant « Alice & June », chouette ça faisait longtemps, et lorsque ‘June’ démarre, ça y est, je pleure, un concert sans larmes n’est pas un concert pour moi ! ‘Adora’ et ‘Alice & June’ nous électrisent au possible, ça balance, c’est Rock’n’Roll ! Là tu te dis : j’ai plus de jambes, j’ai plus de voix, ayez pitié de moi, et paf c’est parti pour un ‘Black City Club’ déchaîné ! Au sommaire, un ‘Canary Bay’ exaltant, ‘Des Fleurs pour Salinger’ percutant, un ‘Paradize’ qui emmène véritablement au paradis, un ‘Satellite’ sautillant, et surprise ‘Astroboy’ ! Puis c’est la toujours d’actualité ‘3ème sexe’ qui arrive dans le Club, chanson qui fait toujours quelque chose en live, et nous on s’en fout avec Jess « on se prend la main ». Un petit ‘Black City Parade’ pour terminer le Club et le groupe nous dit au revoir. Comme toujours, c’est une bonne blague, on attend le rappel avec impatience. Le groupe réapparaît et on reconnaît de suite ‘3 nuits par semaine’ avec une chouette intro. Bon voilà, tu sautes, tu cries, tu fais des 3 avec les doigts, ça s’appelle le bonheur. Et malheureusement c’est sur les premières notes de ‘l’Aventurier’ qu’on se dit que cette fois c’est bien fini. Le titre nous achève, comme si on était pas déjà assez fatiguées, et il est l’heure de dire au revoir aux boys… jusqu’à la prochaine fois en août !
Pour conclure, Indochine en festival c’est trop court et la setlist est faite pour plaire à tout le monde. Mais avec toujours un visuel au top, des confettis à foison (autant vous dire que le festival a été redécoré vu le nombre impressionnant de tirs de canons à confettis pendant le show), les inconditionnels ballons, un groupe musicalement au top, un Nicola qui n’est qu’amour avec ses fans (malgré, notons-le quand même, une extinction de voix ce soir-là), nous on est contentes, on est reboostées, on a vu notre groupe fétiche pour la x-ième fois et on a bien ri quand Boris a été momifié par Nicola avec les confettis-rubans. C’était quand même pas notre meilleur concert mais on ne regrette rien ! Ok, on est une cible facile et déjà acquise…

En bref, on a passé du bon temps ici, aux Ardentes, festival sympa, avec une foule raisonnable, et toujours de belles têtes d’affiches et de jolis groupes à faire découvrir venus d’horizons divers et variés , chez nos amis belges. Et on reviendra certainement pour les prochaines éditions ! Et toi ?

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