Live Report : Festival Jardin du Michel – (Bulligny, 54) – 3/06/2016

Comment ça tu ne connais pas le Jardin du Michel ? Petit festival crée en 2005 (à l’époque il s’appelait encore « Au fond du jardin du Michel »), se déroulant sur trois jours, c’est un événement majeur en Lorraine qui regroupe en moyenne vingt mille festivaliers par an. Asaf Avidan, Lily Wood and The Prick, The Offspring, Alice Cooper, Skip The Use, Shaka Ponk, Alpha Blondy, IAM, Archive, Cypress Hill, ça te parle ? Ce sont quelques uns des artistes qui sont passés par Bulligny ces cinq dernières années. Lieu éclectique et familial, le JDM est l’un des festivals les plus appréciés en France par ceux qui le fréquentent. Alors viens, je t’emmène avec moi pour te faire partager ma journée du vendredi à l’occasion de cette douzième édition !

Nous arrivons vers 18 h sur le site du festival (la file d’attente pour les invitations et espace pro étant beaucoup beaucoup plus longue que le file normale, mon chéri m’a beaucoup attendue) et malheureusement la météo n’est pas de la partie cette année ! Bottes en caoutchouc et k-way sont l’uniforme de mise pour patauger dans la gadoue et affronter la pluie ! (enfin tu peux faire comme moi, les Dr. Martens font aussi l’affaire, mais par contre la capuche c’est mieux si toi aussi tu es rebelle du cheveu!).

Après une traversée compliquée parsemée de glissades, on se dirige vers la grande scène pour notre premier concert de la journée : Victoria+Jean. Il est 18h30 et il y a encore peu de monde sur le site, donc on se positionne facilement à la barrière pour pouvoir profiter au mieux du spectacle, et c’est parti pour cinquante minutes avec eux. Je ne connaissais pas ce duo (à la scène comme dans la vie) constitué donc de Victoria (guitare, chant) d’origine suédoise, et Jean (guitare), belge quant à lui. Et là super bonne surprise, le show, qui nous présente des morceaux de leur album « Divine Love », est intense, sensuel et électrique ! La voix écorchée de Victoria (qui travaille avec différents effets de micro) fonctionne parfaitement avec les riffs endiablés de Jean, un claviériste étant présent sur scène avec eux, le tout dans un son Rock qui envoie et qui t’envoûte à la fois ! Victoria maîtrise sa voix à la perfection, mais également sa guitare. Les deux sont clairement ravis d’être là, on ressent énormément de plaisir et de complicité sur scène. Jean est par moments complètement habité par sa musique, voire limite en transe. Victoria, elle, en plus d’être talentueuse, est sublime. Et c’est avec tristesse que le show se termine déjà, car c’est sûr ces deux-là sont un vrai coup de cœur, j’attends avec impatience de pouvoir les retrouver sur scène !

Direction maintenant le chapiteau pour retrouver La P’tite Soeur pendant quarante minutes. Groupe lorrain ayant déjà un certain nombre de concerts à leur palmarès, ils nous présentent une composition originale puisque les trois musiciens jouent respectivement avec une guitare, un banjo et une bassine en guise de contrebasse ! L’ambiance est conviviale et festive sous ce chapiteau déjà bien rempli malgré l’heure. Le trio, dont la musique n’est pas sans rappeler Les Hurlements d’Léo ou un certain David Vincent, nous fait partager ses chansonnettes dont les refrains sont repris en cœur par ses adeptes ! Et ça danse aussi ! Bref, c’est entraînant et ça correspond bien à l’image du festival : convivialité, partage, pas de prise de tête ! Je ne reste pas pendant l’intégralité du concert, déjà parce que ce sont des locaux donc j’aurai l’occasion de les revoir, et surtout je ne veux pas louper le groupe suivant et il faut bien manger à un moment !

Il est 20h et voici venir Dubioza Kolektiv sur la grande scène ! Après avoir assisté à des combats dans la boue par des festivaliers passablement éméchés et…nus !, on se place sans difficulté à la barrière, mais accompagnés par le retour de la pluie. La foule commence à être de plus en plus dense. Une annonce complètement délirante (en gros qui nous demande de faire du bruit, de sauter, de danser, d’insulter le groupe si besoin et de consommer des substances illicites) fait office d’introduction à l’entrée sur scène du groupe Bosnien ! J’avais écouté quelques titres auparavant pour m’imprégner de leur son mais vraiment c’est un groupe de scène ! Les huit garçons nous font le show, et ils le font bien ! Leur musique est un méli-mélo de Punk, de Ska, de Reggae, d’Electro, de Metal, de Hip Hop, et tout ça fonctionne très bien ensemble dans une énergie sans faille et non sans humour. Ils sautent partout, tout le temps, il y a très peu de pauses entre les morceaux, ils communiquent énormément avec le public (ils font même l’effort de parler un peu en français) et sont hyper souriants ! Je me surprend même à remuer pendant tout le show et à chanter avec eux (bon pas en bosnien bien sûr !). D’ailleurs les premiers pogos et slams apparaissent (boueux certes) et on aura même droit à un circle pit. Et on a aussi des confettis ! Encore une fois l’heure passe trop rapidement, on passerait bien plus de temps à faire la fête avec eux et on en a même oublié la pluie ! De nouveau une belle découverte, je vous encourage fortement à les voir sur scène, en tout cas moi c’est sûr dès qu’ils repassent près de chez moi j’y cours parce que ça fait du bien aux oreilles et au moral !

Il est 21h et n’ayant pas de besoins vitaux particuliers à assouvir, on décide de rester à notre place en attendant le prochain concert. La grande scène et ses environs commencent vraiment à voir arriver de plus en plus de festivaliers qui sont venus pour la tête d’affiche de cette douzième édition : Manu Chao La Ventura ! Nous faisons connaissance avec deux jeunes filles, l’une allemande et l’autre russe, qui sont venues spécialement au festival pour ce concert. Le temps passe rapidement et il est vite 22h mais le concert ne commence pas, il nous est annoncé qu’il y aura un peu de retard. On patiente donc et voilà le retour de la pluie, ça faisait longtemps ! Un bon quart d’heure plus tard, ça remue enfin sur la grande scène ! Fidèle à ses convictions et aimant faire passer des messages, Manu Chao laisse la parole à un groupe d’activistes défendant l’interdiction d’enfouissement de déchets nucléaires sur un site à quelques dizaines de kilomètres de là. Ces quelques minutes nous rappellent à quel point la musique de Manu Chao est engagée pour le monde, tout comme lui. Ça y est c’est parti pour le show et ça démarre en trombe ! Le groupe est très en forme, le guitariste surtout fait preuve d’une énergie hallucinante et passe son temps à venir chercher le public pour faire monter l’ambiance. Manu est quant à lui très expressif et sautillant. Se succèdent plusieurs morceaux mélangeant le répertoire de Manu et de la Mano Negra, tous réarrangés à la sauce La Ventura. On retrouvera entre autres des titres phares comme ‘Me gustas tu’, ‘Clandestino’ ou ‘King Kong Five’. On est bien mouillés mais on remue quand même, on fait les chœurs, on profite à fond même si ça bouscule grave dans la foule ! Après déjà presque deux heures de concert, il est minuit vingt et malheureusement il est temps pour nous de s’extraire de la foule et de songer à rentrer (je dois me lever à cinq heures le lendemain pour aller travailler). On s’échappe sans trop de difficulté de la barrière, tout en faisant attention à ne pas s’étaler vu l’état du terrain ! Je prend quand même le temps de regarder quelques minutes le concert de loin. Le temps de traverser le festival et de retourner à la voiture, il est déjà minuit quarante-cinq, et on est accompagnés par des tubes incontournables de la Mano Negra comme ‘Mala Vida’ et ‘Sidi h’bibi’. Lorsque nous montons dans la voiture, le groupe joue toujours et ce depuis deux heures trente maintenant… !

Et voilà, cette belle soirée au Jardin du Michel est désormais terminée ! Je retiendrai une ambiance conviviale malgré les conditions météo pourries, avouons-le ! Et surtout de très belles découvertes, une énergie hallucinante et un vrai partage autour de la musique !

Alors ça t’as donné envie ou pas ? Je te conseille fortement de prêter attention aux prochaines éditions, les affiches sont toujours surprenantes et attirantes ! Mais surtout pense à emmener ton kit anti-pluie si jamais tu prévois d’y aller, ça peut servir. On se voit l’année prochaine au Jardin du Michel !

Pour retrouver le Jardin du Michel (photos, affiches des années passées, etc) :

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