Chronique : Seed From The Geisha – Point Nemo

Après un premier album intitulé « Talk Peace to the Wolf », le quintet Seed From the Geisha a pris le temps (quatre ans et demi) de préparer la suite, « Point Nemo » sorti fin 2015.

Dès les premières écoutes, on pourrait tomber dans la facilité et décréter qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil, que le groupe reproduit ses influences datées des années 2000 pour la majorité et hop, on passe au suivant. Ce serait bien trop facile. Se repasser les morceaux plusieurs fois est nécessaire, déjà pour apprécier les arrangements soignés, mais aussi lui permettre de révéler tout son potentiel mélodique.
La piste instrumentale du départ déroute. Elle annonce une atmosphère brouillée, et je ne fait pas forcément la connexion avec le reste du disque.
La batterie est puissante, le chant aussi la plupart du temps, crié et poussé. Cette force rythmique et vocale n’écrase pas le reste, même si la basse est plus discrète. La balance se joue au niveau de la guitare qui enrichit les morceaux et donne une identité au groupe qui comme je le disais plus haut échappe de justesse à la redite des années 2000.

Cependant, on ressent des inégalités entre les différents titres, ‘Cast the Anchor’ et ‘Starving for Help’ (plus complexe dans sa construction) se distinguent. Un titre comme ’47’ me touchera seulement sur la fin quand la voix se pose, plus calme, et qu’une belle envolée mélodique enrobe le tout. ‘The Road’ ne sera pas le titre que je retiendrai, mais il a l’avantage de sonner différemment des autres compositions proposées et laisse une ouverture, j’avais tendance à penser que le groupe pouvait être enfermé dans le même type de sonorités. On est sur quelque chose d’un peu plus pop (un peu, c’est tout !), et attention, sur la fin le style Seed From the Geisha reprend sa place : chant de nouveau saturé et la batterie s’affole.
Les deux derniers titres correspondent à des versions acoustiques de ‘Cast the Anchor’ et ’47’. La perception initiale en est bouleversée, au chant, la retenue est là, aux percussions aussi. La mélodie que j’ai tant apprécié sur cet album est maîtresse.

Alors non, il ne faut pas pour autant museler Seed From the Geisha et les cantonner à des unplugged, loin de là, cette énergie que l’on ressent ne peut s’exprimer que pleinement sur scène. Le groupe a le mérite de se mettre à nu dans des versions sans artifices.

Pour retrouver Seed From the Geisha :
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Bandcamp : http://seedfromthegeisha.bandcamp.com/album/point-nemo
Youtube : https://www.youtube.com/channel/UC5zu5n7ZivTxSN1QUkq0IXA

 

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