Chronique : Memory Lake – Hurricane

Il y a deux ans naissait à Paris le trio Memory Lake, groupe de Trip Hop composé de Julie (chant), Thomas (guitare, clavier) et Matthieu (basse). Ils sortent ce 17 juin « Hurricane », leur premier EP, qui sera célébré et joué en avant-première à leur Release Party ce 15 juin à l’International de Paris.

Avant l’écoute de ces six titres, la pochette de l’EP donne déjà le ton. Un lieu calme sous les apparences, mais surplombé d’un ciel menaçant : c’est doux, mais c’est loin d’être tranquille. Chez Memory Lake, on aime les paradoxes, et ça se ressent !

Le premier morceau, ‘Vibration’, démarre sur des nappes mystérieuses et fragiles, rejointes rapidement par une basse qui appuie le mystère. La voix de Julie se pose, assurée et porteuse de son histoire, distillée en des paroles évoquant une passion regrettée. Le morceau est de plus en plus habité et orné de sons frémissants lorsqu’arrive le refrain, point d’orgue du morceau. La jolie vulnérabilité de ce premier titre se confirme sur l’éclat des mots « over sensitive », simple résumé de cette fragilité, soutenue par un instrumental solide.
Les nappes fondent et enchaînent sur ‘Le Passager’, dont la mélodie au clavier rappelle une danse macabre. On plonge alors dans les ténèbres de la nuit, le tout chanté en français. Le rythme est prenant et la basse le complète de façon juste. Le morceau est possédé, onduleux. On se délecte et on se laisse emporter dans cette atmosphère accrocheuse, reflétant la « douce présence » évoquée.
On passe ensuite au morceau qui donne son titre à l’EP, ‘Hurricane’. La guitare débute calmement, et on émerge du sommeil en suivant le trio. Sont-ils réellement éveillés, lorsque Julie chante « Oh I could catch sight of a unicorn / Or a mermaid, nothing less / Isn’t it a hurricane? / Wild behaviors, so I take » ? Memory Lake nous trouble, et on se laisse faire. D’autant plus quand on pense que le morceau va encore plus s’intensifier, ils redescendent sobrement sur une guitare/voix, et on aime s’y laisser surprendre.
‘Hammer’ marque la moitié de l’EP, là où l’on s’interroge sur l’évolution que va prendre le disque. Pas de déception avec ce premier accord morbide et le rythme qui s’ensuit. L’atmosphère est sombre sans être trop noire; on tangue. La ligne de basse est dansante et solide, les sons utilisés prenants comme à leur habitude. Quelque chose de malsain rode dans le fond, mais on danse quand même. Sarcasme ?
Le cinquième morceau, ‘Vincent’, livre une fois de plus l’éternel mystère présent dans cet EP. C’est un lâcher prise très progressif, légèrement ambigu et retenu au début. La basse danse encore une fois, obscure et captivante. On finit par s’abandonner, et on se noie avec eux quand « les courbes dansent, dansent ». En fait, c’est une contemplation de « Champ de blé aux corbeaux » de Van Gogh. Allez y jeter un œil au tableau, tout s’explique.
On finit ce premier opus sur ‘Moonlight’. Retour à la nuit. C’est une quête nocturne, une interrogation sur la lune, une volonté d’avoir plus : « How can I ever tame you ? », « Should I dig deeper ? ». Et on comprend. Qui ne s’est pas déjà posé devant la lune avec ces questions qui fusent, ce labyrinthe cérébral ? Au final, Memory Lake nous tiennent en haleine jusqu’à la fin de ce dernier morceau, pour nous y laisser un peu déboussolés, sans réelle réponse à tout ce mystère. C’est sûrement là leur objectif, conscient ou inconscient, et c’est parfait.

‘Hurricane’ est un premier EP à l’identité déjà bien marquée, vibrant, fragile, sensuel et prenant. Vous pourrez le découvrir ce vendredi 17 juin, et en attendant, on vous invite vivement à aller les voir ce mercredi 15 juin à l’International ! Il paraît que c’est différent en live, voilà de quoi éveiller encore plus le mystère…

Retrouvez aussi l’interview du groupe par ici !

Ma sélection :
‘Hurricane’
‘Le Passager’

Pour retrouver Memory Lake :
Website : http://memory-lake.com/
Facebook : https://www.facebook.com/memorylake.theband/
Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCBCENBZrzWPvSVftQMvJNGQ

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