Live Report : Zikenstock #13 – Le Cateau Cambresis (59) – Les 06 et 07 Mai 2016

Si il y avait un festival punk et ska à ne pas louper dans l’année, c’était bien ce festival se situant en campagne, comme son lieu l’indique, près de Cambrai.
Pourquoi ne faut-il pas louper le Zikenstock ? Parce que chaque année, les bénévoles qui font fonctionner cet évènement nous proposent une affiche hors du commun. Vous allez vite comprendre.
L’année dernière nous avons par exemple eu la chance de voir sur scène les Sham 69 avec leur premier chanteur Jimmy Pursey, ou encore GBH, les Cocksparrers, les Selecters et j’en passe.

Revenons donc sur cette treizième édition…
Comme à chaque tradition de festival, la fête commence dès le camping (une fois le campement installé forcément). Et c’est l’occasion de revoir les habitués des concerts du coin, de revoir des amis des éditions précédentes et également de recroiser de très bons amis des quatre coins de la France qui ont fait le déplacement pour passer un très bon moment en terre Ch’Nordiste ! (Clin d’œil aux amis Lorrains, Vendéens et d’Île de France). Une fois les retrouvailles effectuées et les quelques litres de houblon évaporés je ne sais où (oui la météo était très favorable cette année, et non ce n’est pas la peine de re-vérifier le lieu géographique de l’évènement, c’était bel et bien dans le Nord), nous entrons dans l’enceinte du festival qui propose à ses festivaliers plusieurs points de restauration, ainsi que quelques Distros venu vendre des galettes. Il n’y a qu’une scène sur ce festival et c’est tant mieux ! Située sous un immense chapiteau, elle peut accueillir un bon public déchaîné.

Pour démarrer cette nouvelle édition, nous accueillons un groupe dont j’ai déjà fait deux live reports précédemment, qui vient de fêter ses vingt cinq ans de carrière en compagnie des Sheriff, des Burning Heads et de PKRK à l’Aéronef de Lille, j’ai nommé les Toxic Waste !
Je n’ai pas grand-chose à raconter sur la performance, le public était présent et les pogos commençaient déjà à ravager ceux dont la température montait (Je vous laisse deviner de quelle température je parle). Une nouvelle fois c’était un plaisir de les revoir, mais les sets de festivals sont toujours trop courts. Le rendez-vous est pris pour la prochaine fois !

Arrive ensuite un deuxième groupe dont j’ai également fait un live report, une bande de potes faisant des reprises rock des hits français d’une autre époque… J’ai nommé les Opium du Peuple ! Une nouvelle fois, si ces zigotos passent non loin de chez vous, allez les voir. Ce sera l’occasion de votre vie pour pogoter sur du Laurent Voulzy, Pierre Bachelet en passant par Mylène Farmer et Louis Chedid. Une nouvelle fois, rigolades et pogos étaient au rendez-vous. Toujours un travail monstre au niveau musical et chant ainsi qu’au niveau chorégraphie. Nous avons même eu le plaisir de voir sur certains morceaux El Fourbos aka Laurent Lefourb que nous voyons régulièrement auprès du Bal des Enragés (qui étaient également présents à ce festival).

Pour la suite du festival on attaque l’international avec du lourd… J’ai nommé les Demented Are Go ! Célèbre groupe psychobilly anglais des années 80. C’était la première fois que je voyais ce groupe qui a déjà plus de dix albums à son compte. On peut dire que nous avons l’équivalence française avec les Banane Metalik. Excellent concert, les musiciens y ont pris leur pied et le public était déchainé. C’est toujours plaisant de voir que dans le milieu keupon, nous sommes assez éclectiques et que ce soit du punk, de la oï, du ska, du psychobilly l’ambiance reste la même. Du moment que le mouvement est présent, c’est le principal.

En parlant de ska… Le groupe à venir se prénomme The Aggrolites, et on pourrait également le rentrer dans la catégorie fusion reggae – ska. Le groupe s’est formé en 2002 et a sorti depuis cinq albums. Je connaissais le groupe par les biais de quelques CD dans ma collection, mais je n’y avais pas particulièrement prêté une grande attention. Le fait de les avoir vus en live a été pour mes oreilles totalement différent et j’ai ainsi eu une approche différente à la réécoute de leurs albums studio.

Le groupe suivant, c’est celui que j’attendais le plus de voir de tout le festival. Un groupe punk anglais s’étant formé en 1976 nommé The Buzzcocks.
Certes, il ne reste plus que deux membres issus de la formation d’origine, mais qu’importe, ce sont bel et bien des légendes du Punk que j’avais en face des yeux. Un set de dix-sept titres qui me parait à la fois trop court et trop long. Même si la voix de Pete Shelley a changé aux cours des années, la bonne humeur de Steve Diggle (guitare) et son contact avec son public reste inchangés. Quel plaisir de voir des monstres prendre plaisir devant un public aussi réceptif à leur musique malgré leur âge. Merci au Zikenstock d’avoir fait venir ce groupe.

Le groupe suivant est né en même temps que les Buzzcocks et sur la même île. Il rentre dans la catégorie punk gothique rock, il s’agit des Damned. Tout comme le groupe précédent, j’ai été très impatient de voir ce deuxième groupe phare de la scène anglaise des années 80. Beaucoup reconnaitront à la guitare notre bon Captain Sensible (guitare) avec sa tenue extravagante, ainsi que Dave Vanian (chant) seuls rescapés de la formation d’origine. Captain Sensible est un monstre sur scène, et tout comme Steve Diggle des Buzzcocks, il a un super contact avec son public. Ils ont repris leurs standards musicaux qui ont ravi les oreilles de ceux qui connaissaient le groupe depuis leurs débuts, mais également les oreilles des jeunes générations qui les découvraient pour la première fois sur scène.

Pour clôturer cette première journée du festival, nous retrouvons le collectif du Bal des Enragés, donc Like a Melody a déjà écrit de nombreuses lignes plus que positives. Pour faire court, à ceux qui ne connaissent pas encore ce collectif, il s’agit de Tagada Jones, Lofofora, Parabellum, les chanteurs de Punish Yourself, Aqme et guitariste de Loudlbast réunis pour reprendre pendant plus de deux heures des titres incontournable du rock metal des années 70 à aujourd’hui. Soit dix-sept artistes sur scène enchainant morceaux par morceaux devant un public déchainé. Y’a pas à dire, après plus de cinq dates avec eux pour cette tournée 2016, connaissent maintenant par cœur leur set list, c’est une joie immense et un plaisir intense que de voir cette symbiose entre ces musiciens, entre cette bande de potes qui sont la pour faire ce qu’ils aiment faire, de la bonne musique. Je ne les remercierai jamais assez.

La première journée terminée, il est temps de passer à l’after au camping, mais comme vous le savez tous, ce qui se passe dans les afters ne se révèle jamais…
Le lendemain, après une nuit agitée pour certains ou calme pour d’autres, nous retournons sur le site pour la deuxième et dernière journée du festival.

Nous assistons près du bar de l’évènement au duo d’Existance Saine qui nous propose des chansons punk en acoustique. Avec forcément des paroles bien engagées mais sur une musique bien délirante, le principal c’est que le message soit passé ! Et que la bonne humeur soit déjà au rendez-vous dès le premier concert. Merci à eux et à très bientôt sur les routes du Nord.

Le temps de se ravitailler au bar, il faut déjà rejoindre la scène principale pour le groupe prénommé les Clébards. Que dire sur eux… Je connaissais le groupe uniquement de nom, mais je n’avais jamais écouté. Ce fût une agréable découverte. En effet les Clébards nous proposent un punk folk rock bien rythmé et dégagent sur scène une bonne ambiance. Rien de tel que pour s’échauffer petit à petit pour la suite du festival. Et ce malgré un cassage de corde à deux reprise sur la guitare…

Le prochain groupe, j’avais eu l’occasion de les découvrir dans la salle du Glazart à Paris l’année dernière en première partie de Los Fastidios, il s’agit d’un groupe oï antifa français prénommé Hors Contrôle. Et depuis cette découverte l’année dernière je ne lâche plus ce groupe qui propose des textes très prenants au sujet des tristes actualités du moment. La salle du Gazart malheureusement n’offrait pas un son convenable… C’était totalement différent au Zikenstock, et quel concert ! Hors Contrôle nous offre un répertoire issu principalement de son dernier album et également en reprenant l’incontournable ‘Alerta Antifascista’.

Les Funeral Dress viennent quant à eux de Belgique, ils parcourent les routes d’Europe depuis 1985 et ont également participé a un Festival punk à Las Vegas en 2013. C’était la première fois que je voyais cette formation Belge et j’ai été agréablement surpris. Un très bon jeu de scène et un bon contact avec le public. Je n’hésiterai pas à aller les revoir lors de leur prochain passage à proximité.

Le groupe suivant à faire son apparition sort de la scène punk hardcore anglaise des années 80. Il s’agit d’Anti Nowhere League, groupe mené par Animal au chant, car on peu facilement le comparer à un grondement d’un ours ou d’un rugissement d’un tigre. Sur scène, rien a dire une bonne prestation, même si il me semblait que les morceaux se ressemblaient.

Revenons sur une musique plus douce, plus festive… et Accueillons (avec un grand A) certainement le groupe ayant la plus longue longévité sur cette édition du festival. Il s’agit des Skatalites dont il ne reste plus qu’un membre fondateur du groupe qui remonte à 1964. Originaire de Jamaïque, les Skatalite ont joué à l’époque un rôle important pour la popularisation du ska. Nous avons retrouvé sur la scène du Zikenstock, Doreen Shaffer (chant) ainsi que les autres membres qui ont remplacé au fil des années les membres fondateurs. Ils ont toujours la pêche et le sourire tout au long du set. Un vrai rafraichissement pour nos oreilles, c’était un groupe à ne louper sans aucun prétexte.

Retour sur un groupe avec une musique un peu plus… Brutale. Il s’agit de Conflict qui nous propose de l’anarcho punk tout droit sorti du Londres des années début 80. Nous retrouvons sur scène le chanteur charismatique Colin. L’ambiance du festival punk repart de plus belle. Nous découvrons également la nouvelle chanteuse qui s’est greffée au groupe depuis 2015, il s’agit de Jeannie Ford qui est venu chanter quelques titres sur scène. Une agréable surprise en live.

Continuons dans l’international et avec le dernier groupe punk oï antifa de la soirée. Il s’agit des Suédois de Perkele. Je ne connaissais ce groupe que de nom et je n’avais jamais vu ou écouté de leur composition avant de les avoir en face de moi au Zikenstock. Et quelle surprise ! Ce trio tourne depuis 1993 et a son compte six albums. Leur prestation scénique était des plus dynamiques et le groupe avait un très bon contact avec le public. Un groupe à suivre lors de ses prochaines tournées européennes.

Pour finir la soirée et cette treizième édition du Zikenstock, nous avons le plaisir de voir rentrer sur scène Roy Ellis, célèbre chanteur de skinhead reggae des années 70. Il débuta dans les années 64 avant de rejoindre le groupe Symarip à la fin des années 60. C’est dans une superbe ambiance festive où tout le public du festival est resté pour finir en beauté la soirée. Accompagné de nombreux musiciens sur scène, Roy Ellis à tenu un set de plus d’une heure trente dans lequel le public (enfin une partie) est montée sur scène pour l’accompagner au chant. Même si ce n’était pas spécialement du punk, le mouvement et la façon de penser était présente. Les fans de reggae ont pris leur pied et ceux qui découvraient ce chanteur charismatique suivaient le mouvement musical.

En conclusion, le Zikenstock #13 était réussi une nouvelle fois que ce soit au niveau des invités, des bénévoles, du camping et de la météo. C’est toujours agréable de voir des petits festivals devenir grands et proposer des affiches qui font rêver chaque année. C’est également agréable de revoir des festivaliers venant des quatre coins de la France et partager des super moments autour d’une passion commune. Merci aux organisateurs de nous permettre tout ça. Le Rendez-vous est pris pour l’année prochaine… Les yeux fermés !

Info : Photos non libres de droit – © Marc-Antoine Panda

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