Live Report – Betiz’Fest #14 – Cambrai 08/09-04-2016

Et non, il n’y a pas que les bêtises à Cambrai, il y a aussi l’un des premiers festivals de l’année, le Betiz’Fest qui, depuis 2003, donne rendez-vous à près de deux mille spectateurs. Situé en plein cœur de Cambrai, le festival a lieu dans la salle nommée « Le Palais des Grottes », et offre à ses spectateurs un mini camping sur place, ainsi que différents points de restaurations à l’intérieur de la salle.
Revenons donc sur les deux jours de l’édition de cette année… (Retrouvez toutes les photos en fin d’article)

Pour ouvrir cette quatorzième édition, le public du Nord accueillait un groupe bien connu de la scène metal canadienne. Il s’agit d’Anonymus qui dans le passé avait déjà fait très bonne impression lors de ses derniers passages en Europe. Nous retrouvions donc le quatuor de Montréal qui présentait la sortie de son septième album « Envers Et Contre Tous » sorti en Août 2015, et dont les dix titres sont chantés entièrement en Français. Leur prestation sur scène a été plus que positive, et j’ai par ailleurs retrouvé des connaissances de concerts qui étaient venues exprès dès l’ouverture des portes pour revoir ce groupe qui avait marqué leurs esprits une dizaine d’année auparavant. Vivement leur retour parmi nous !

La soirée continuait avec un groupe folk punk originaire de Lille, Arsène Lupunk Trio qui a offert un set plus qu’original. En effet cette bande d’amis reprenait en version folk acoustique les grands succès du punk français des années 80. Nous avons ainsi pu reprendre en chœurs dans le public les titres tels que ‘Cayenne’ de Parabellum, ‘Je m’emmerde’ des Rats ou encore ‘Les Bottes Rouges’ des Wampas. Le tout mélangé avec une dose d’humour tout au long de leur set. Un vrai plaisir à écouter sur scène, bien qu’ils sillonnent principalement les bars de la région.

Ensuite nous retrouvions Les Sales Majestés pour un peu plus d’une heure de pur punk français. Nous savons tous qu’Arno (Future) a quitté le groupe récemment, remplacé par son frère Yves au chant. Le groupe a donc connu un très gros changement de line-up, et compte actuellement parmi ses membres Frédéric Giraud à la guitare, Jérôme Frulin à la basse et le petit dernier, Thomas Calegari à la batterie qui venait de faire son deuxième concert en leur compagnie. Je ne vais pas revenir sur les titres joués cette soirée, on retrouve forcément les classiques du groupe et les titres du dernier album « Ni Dieu Ni Maître ». L’ambiance dans le public était des plus chaudes, et pogos et slams étaient au rendez-vous.

Comme nous étions chauds, nous poursuivions la soirée avec Black Bomb A, groupe de trash hardcore français qui vient juste de sortir son CD live enregistré en fin d’année dernière à Mulhouse dont une chronique est visible sur notre site par par ici. Que dire de nouveau à propos de Black Bomb A ? C’est un groupe que j’essaye de voir un maximum quand ils passent près de chez moi, et c’est à chaque fois un pur bonheur de voir les performances musicales et vocales de Poun qui ne cesse de me surprendre. En plus des slams et des pogos commencés avec les Sales Majestés, nous avions, comme à l’habitude du groupe, le droit à plusieurs circle-pits ou encore un wall of death histoire de bien se dépenser en cette fin de soirée. Mention particulière à Poun qui enchaine actuellement concerts sur concerts avec BBA, mais également avec le collectif du Bal des Enragés.

Pour clôturer cette première journée du festival nous accueillions le groupe rapcore punk américain Dog Eat Dog. Je dois avouer que ce n’est pas le style musical que je préfère, mais j’ai été relativement conquis de leur prestation sur scène. Ce groupe existe depuis les années 90 et a un parcours musical assez complet. Ce fut une très bonne prestation de leur part, avec un très bon contact avec le public, qui malheureusement commençait déjà à quitter la salle petit à petit. Mention particulière pour le rappel qui a été acclamé par les quelques centaines de personnes qui étaient restées jusqu’à la fin de concert.

En conclusion, ça a été une première journée très positive et déjà bien fatigante. Un réel plaisir de voir et revoir sur scène des groupes et des amis, et de les rencontrer pour certain sur leur stands merchandising situés dans la salle. Un petite tour auprès des Distro, et d’un point de restauration (en passant par la buvette) et il n’y avait plus qu’à attendre la journée du lendemain qui s’annonçait également plus que positive.

Une fois n’est pas coutume, les soirées de festivals se passent pour les plus téméraires au camping, ou alors le matin à l’heure de l’apéro (il y a une heure spécifique pour l’apéro ?). De quoi faire de nouvelles connaissances et parler de passions en commun avant l’ouverture de la salle en début d’après midi.

Déjà biens imbibés, nous entrons dans la salle pour ce second jour rock n’ roll et le premier concert de l’après midi ne se fait pas attendre. Il s’agit d’un groupe originaire du Nord Pas De Calais, Overdrivers. Quel dommage à ceux qui n’ont pas pu se lever pour découvrir ce groupe. C’est du pur hard rock, à la façon d’AC/DC qui s’est déroulé devant nos yeux (et oreilles). Que dire de ce groupe sur scène… Bien que ce soit une jeune formation, ils se débrouillent très bien, que ce soit musicalement parlant ou au niveau de leur prestation avec Anthony (guitare) qui prenait un réel plaisir de jouer en montant sur les enceintes ou en venant directement au contact du public dans la fosse pour des riffs endiablés. Bref, ce premier groupe de la seconde journée de ce festival a été mon coup de cœur de cette quatorzième édition. N’hésitez pas à venir les voir dès qu’ils passeront près de chez vous. Ces amis originaires de Béthune sortiront leur premier album le 29 avril 2016 !

Undercry est une formation originaire d’Arras, jouant plus dans le genre death metal. J’ai découvert ce groupe sur le petit festival « Du Metal à la Campagne » situé à Rexpoëde, non loin de Dunkerque. C’est un style musical que j’avoue ne pas trop aimer, mais qui ne me dérange pas non plus (avec modération). Je ne peux pas donner d’avis négatif, car c’est un groupe plutôt bon musicalement. Mais j’ai déjà vu de meilleures prestations d’eux. Peut être le stresse d’une scène un peu plus grande ?

Nous retrouvions ensuite un groupe de hard rock originaire de Suisse, Worry Blast qui a eu la chance de faire les premières parties de la tournée européenne des Nashville Pussy grâce à l’agence de booking Rage Tour. Je ne connaissais pas ce groupe, et pourtant j’ai habité non loin de la Suisse à une certaine époque. Cette jeune formation en est déjà à son deuxième album, qui à même été exporté jusqu’au marché japonais. C’est du pur Energy Rock n’ Roll, aux riffs bien prenants. Une bonne découverte également pour ma part, pour un groupe que je vais suivre avec intérêt. Par ailleurs, c’était sympa de voir dans le public Blaine et Bonnie, le chanteur guitariste et la bassiste de Nashville Pussy profiter de la dernière date en commun avec eux.

Pour le milieu de soirée, nous retrouvions le groupe metal français par excellence, Bukowski. Ces derniers venaient de terminer leur tournée 2015 en compagnie de Dagoba. Toutefois, nous n’avions pas devant nous à la guitare Frédéric, mais son remplaçant Clément. Bien que musicalement le rendu était plus que satisfaisant, il a été dommage que le groupe ne se produise sur scène que pour six titres. Certainement que Clément ne pouvait pas assurer plus de morceaux au sein de la formation.

Un groupe attendu par de nombreux fans de la scène métalleuse Française venait ensuite faire son entrée après un peu plus de quatre ans d’absence. Il s’agit de L’Esprit du Clan ! Il s’en est passé des choses en quatre ans… De quoi changer une grosse partie du line-up et de quoi composer un nouvel album « Chapitre VI » qui est sorti une semaine après leur prestation au Betiz’Fest (mais les fans ont eu la chance d’obtenir en avant première l’album sur leur stand merchandising en cette soirée du 9 avril 2016 !). Ce fut BRUTAL ! Bien que la scène ne soit plus partagée entre deux chanteurs (Arsène et Shiro) nous redécouvrons quelques titres phares des anciens albums avec un réel plaisir. Quelques morceaux en exclusivité de leur nouvel album sont aussi parvenues à nos oreilles au cours de la soirée, de quoi nous mettre un avant goût de ce nouvel opus.

Brutal, vous avez dit brutal ? Ce n’est pas fini chers lecteurs ! Un autre invité de marque poursuivait la soirée dans la ville de la bêtise. Mass Hysteria ! Huit albums, et près de vingt-cinq ans de carrière pour ce groupe de metal qui s’est fait connaitre particulièrement grâce à son deuxième album « Contraddiction » sorti en 1999. Leur succès au fil des années leur a permis d’acquérir une notoriété hors du commun. Les albums se perfectionnent les uns après les autres et leurs lives deviennent un point de rassemblement obligatoire pour tous les fans de metal français. Leur dernier passage au Hellfest en 2013 a fait l’objet d’un DVD et fut tout particulièrement monstrueux. Le groupe était de passage un mois auparavant à Lille (non loin du Betiz’Fest) mais je n’ai pas participé à ce concert. Chose corrigée, je vais vous dire, même si le set d’un festival est forcément plus court, j’ai eu une grosse claque dans ma gueule (en jargon de concert) devant leur prestation de ce soir (bon j’ai surtout eu un coup de rangers, mais ce n’est pas très important à raconter). De quoi profiter (enfin) des titres en live de leur dernier album « Matière Noire » sorti en 2015. Le public était bel est bien présent, et je pense que le groupe a été très bien reçu par ce dernier. Tellement bien que, comme d’habitude un petit circle-pit a vu le jour autour de Frédéric et Yann jouant dans le public. Bref, jamais déçu de leurs prestations.

La Tête d’affiche de cette édition de 2016 était les Nashville Pussy qui terminaient leur énième tournée européenne. C’est du hard rock, du bon rock sudiste qui parvenait donc aux oreilles des nordistes. Ceux qui découvraient le groupe pour le première fois ont dû être agréablement surpris, enfin je l’espère. Cela faisait pour ma part huit fois que je voyais le combo et je ne m’en lasse pas. Ils sont revenu en Europe début mars pour fêter le quinzième anniversaire de leur deuxième album « High As Hell ». Par ailleurs, ils ont également sorti un Best Of en 2015. Maaaais ! Pour les fans assidus (comme moi) ils sortent fin mai une réédition du deuxième album. Pas réellement une réédition, disons plutôt un ré-enregistrement remixé et remastérisé pour un rendement plus lourd que l’original ! Cet opus portera le nom de « Higher Than Hell ». Mais revenons en au déroulement de la soirée. L’ambiance était plus que positive, et je dois avouer que c’est l’un de mes meilleurs concerts du groupe que j’ai vu et dont le public était très actif dans le pit. C’est tellement un bon groupe que je ne veux pas trop en raconter sur cette chronique. Il faut simplement aller les voir sur scène ! Ne vous inquiétez pas, ils aiment beaucoup la France et viennent régulièrement. Contrairement à la veille, le public était conquis et est resté jusqu’à la fin du show.

En conclusion, le Betiz’Fest 2016 a été une nouvelle fois une réussite sur tous les bords. Tout d’abord au niveau des groupes présents sur l’affiche, à celui du public ayant répondu présent et à celui de l’organisation qui a été très accueillante et à l’écoute. Une pensée pour ces rencontres faites durant ces deux jours, à de nouvelles amitiés, et également à ceux qui ont fait un passage aux urgences (et qui ont été lâché en pleine rue alors qu’ils n’étaient pas de la région). Bref, une bonne édition qui m’oblige à répondre présent l’année prochaine !

Info : les photos ne sont pas libres de droits. © Marc-Antoine Panda

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