Live Report : Never Say Die ! Tour – CCO – 21/11/15

Samedi, nous avions rendez-vous au CCO de Villeurbanne (à côté de Lyon) pour le Never Say Die ! Tour. Du bon gros bruit et punk hardcore toute la soirée. Il s’agit d’une tournée européenne qui a lieu du 06 au 28 novembre. Pas une seule date de repos pour les équipes et je dois avouer que je les admire pour ça !
Au programme : Burning Down Alaska (ALL), Fit For a King (US), Cruel Hand (US), Being As An Ocean (US), Defeater (US) et The Amity Affliction (AUS).
En y allant, il y avait cette petite crainte post-Bataclan. À vrai dire cette crainte venait surtout de nos proches qui ne cessaient de nous faire culpabiliser à l’idée d’aller à un concert. Mais ma crainte a vite été remplacée par celle de la météo quand j’ai vu tomber de gros flocons et que je pensais aux deux heures de route qui nous attendaient. Le trajet aura été plus long mais nous sommes bien arrivés comme prévus ! On s’inquiétera pour le retour de nuit plus tard.

À 17h30 les portes s’ouvrent. Peu de gens devant nous, mais les renforcements de sécurité nous auront fait attendre plus longtemps que prévu dans le froid avant d’arriver dans l’entrée qui accueillait le merch des six groupes et de l’association US partenaire Hope For The Day, qui milite contre le suicide. C’est à cet instant que j’ai réalisé pourquoi « Never Say Die Tour« .
On discute rapidement avec le chanteur de Being As An Ocean, qui est à son stand. Dans ces événements, on a l’impression que tout le monde parle anglais. Ce genre de concert ramène généralement un public d’habitués. On recroise des gens des concerts d’avant, on en rencontre de nouveaux. Tout le monde a le T-shirt de son groupe préféré, même s’il n’est pas à l’affiche du soir. Et les autres s’en fichent et trouvent quand même ça cool.

18h, on entre dans la salle de concert et les hostilités peuvent commencer. C’est les Allemands de Burning Down Alaska qui ouvrent le bal pour trente minutes et, dès la première chanson, le public s’agite, les premiers pogos et circles pits commencent. Et à ce moment, on se sent un peu bizarre. C’est notre premier concert depuis les attentats. Et on sent vraiment que les gens avaient besoin de ça tout en étant super sensibles. Le côté post-hardcore des Burning Down Alaska a amplifié ce côté émotionnel.
Au CCO, la fosse n’a pas de barrière et donne directement sur la scène. « Le punk hardcore, c’est ça, pas de barrières. On est tous ensemble. Cette scène est à tout le monde ! » Ce genre de phrase a été répété à plusieurs reprises par les différents chanteurs. Et les gens ne s’en sont pas privés ! Je crois que sur la soirée, la moitié du public est montée sur la scène pour slammer. Les chanteurs aidaient les gens à monter. Le premier a avoir sauté dans le public ne s’est pas fait rattraper. Tant pis, il a recommencé. Et cette fois-ci en salto avant, pour retomber sur ses pattes. Le spectacle avait également lieu dans le public.

Welcome to a Punk Hardcore Night - © Sow Ay

Welcome to a Punk Hardcore Night – © Sow Ay / Image libre de partage sans modification ni usage commercial.

Ensuite, les Américains de Fit For a King sont arrivés et nous ont annoncé jouer ce soir leur première date en France. Et voir leur sourire face à ce public déchaîné est juste fantastique. Ce metalcore bien énervé fut pour moi une belle découverte, malgré un chant clair assez faux pour Ryan, le bassiste. Mais il ne chante pas souvent, on peut peut-être lui pardonner.

C’est ensuite au tour de Cruel Hand d’arriver, avec un chanteur complètement survolté, un set super énergique et un style assez original que je ne saurais définir, parfois très RATM, parfois plus punk. Mais très dynamique et accrocheur.

Et là, je me dis « on en est déjà à la moitié des groupes ?! »

Arrive ensuite Being As An Ocean, que l’on avait déjà vu à Lyon six mois plus tôt. Les premières notes de ‘Little Richie’ démarrent et Johnny de l’association Hope For The Day entre sur scène pour faire un discours sur le suicide et la dépression avant d’attaquer sur la chanson. On sent que les gens ont été énormément touché par les mots de Johnny.

Le batteur du groupe ayant du partir quelques jours plus tôt, c’est Joe de Defeater qui joue avec Being As An Ocean. Un très bon batteur d’ailleurs, j’étais plutôt impressionnée, je crois que c’est lui que j’ai regardé la majorité du live. (C’est ma partie batteuse qui parle). En revanche, j’ai été étonnée par le chant clair qui était assez faux. Notamment sur ‘The Hardest Part Is Forgetting The One You Swear You Would Never Forget’, qui est leur plus connue.
Mais ça n’a pas empêché le public d’être le plus agité de la soirée.

Avant la dernière chanson, Joel reparle de l’association, des attentats de Paris, de paix, de solidarité. On a tous le poing en l’air. Et cette fois je crois que ça a achevé tout le monde. Les gens se prennent dans leurs bras, pleurent ensemble. Et commence la dernière chanson, ‘This loneliness won’t be the Death Of Me’. Jamais un concert n’avait été aussi émouvant. Ça fait du bien et restera un souvenir fou.

Petite pause, les gens restent émus, beaucoup partent prendre les musiciens dans leurs bras. (Je l’ai fait aussi)

On revient pour l’une des têtes d’affiche, Defeater, qui jouera dix minutes de plus que les précédents. Le groupe attaque sur ‘Bastards’, le public hurle avec le chanteur et sera également en transe encore tout le set. À se demander d’où les gens tiennent leur énergie après déjà deux heures trente de live !
Seulement, le son manque de profondeur et la voix paraît moins puissante que sur les versions studio. Le groupe a perdu beaucoup de son efficacité en ayant une guitare en moins. Le concert sera donc une légère déception, ce qui s’est pas mal entendu ensuite dans les discussions entre fans.

Le temps de pause sera un peu plus long pour le dernier changement de plateau. Jusqu’à présent, tous les groupes ont joué sur le même matériel, pas de bâche en fond ou d’élément distinctif. Sauf la tête d’affiche, The Amity Affliction, qui aura la scène décorée à son nom. Ce que je trouve un peu dommage, j’aimais bien ce côté « tous dans le même bateau ». Et ce n’est pas un jeu de mot parce que leur dernier album s’appelle « Let The Ocean Take Me ».
Le dernier set de la soirée commence sur leur hit ‘Open Letter’ et le public hurle dès les premières notes. Ici, Ahren, au chant clair, chante juste ! Enfin ! Quelle déception ça aurait été quand on sait l’importance qu’a le chant clair dans ce groupe.
Leur set aura duré cinquante minutes et se passe également dans une ambiance dingue, beaucoup plus fun. « Vous slammez comme personne, continuez comme ça ! » annonce le chanteur, un grand sourire aux lèvres en milieu de set. Leurs sourires et leurs éclats de rire, qui leur auront donné du mal à chanter, auront été grandement contagieux et c’était une façon formidable de terminer la soirée !

En sortant, on a pu faire un coucou aux musiciens qu’on n’avait pas encore pu croiser, les remercier de cette soirée, et faire signer les affiches qui étaient offertes avant de rentrer sous la neige avec un méga sourire.

Une soirée assez forte en émotions qui est passée à une vitesse incroyable. Je n’avais jamais vu une soirée passer aussi vite. On n’a même pas eu le temps de se plaindre d’avoir mal au dos. Vivement la prochaine édition !

[Sow]

Les commentaires sont fermés