Chronique : Bring Me The Horizon – That’s the Spirit

15h, par un morne dimanche pluvieux de Septembre, j’arpente le site Bandsintown dans l’espoir qu’un de mes groupes préférés se produise enfin par chez nous. Bring Me The Horizon s’approprie la scène du Zénith parisien le 14 Avril. Whow Whow Whow : une place, sélectionner, cliquer, acheter, s’extasier, DIRECT. Et pas forcément dans cet ordre.

Il y a de cela quelques temps j’ai découvert ce groupe de Britishs, menés par Monsieur Oliver Sykes, et j’ai tout de suite accroché.
Que le chanteur soit canon, et que leur nom s’inspire directement d’une réplique du coolissime Jack Sparrow “Now, bring me that horizon”, n’y a presque pas joué (presque). Okay un peu, je vous laisse deviner pour quelle partie mon cœur a le plus penché.
Passé ce charmant contexte, les accords voix-instru se fondent à la perfection avec la douce violence des paroles d’Olly.

Leur nouvel et cinquième album se pose sur une tendance beaucoup plus rock/metal que deathcore à contrario des quatre premiers, notamment suite au départ de leur guitariste Jona. On y retrouve également quelques inspis electro, et ma foi ça passe crème. On espère juste qu’ils ne passeront pas du côté obscur de la force, à l’instar des Fall Out Boy qui après un virage plus electro sur « Save Rock’n’roll » ont complètement basculé au plus grand désespoir de leurs fans sur  »American Psycho », sorti en 2015.

Bref, revenons à nos moutons, j’étais déjà fan de  »Sempiternal » (2013), où l’on ressentait clairement que le groupe arrivait à maturité, mais là… « That’s the Spirit » me fait l’impression d’une drogue dure, quarante et une minutes et vingt et une secondes d’extase. On se le passe en boucle, sans fin, encore et encore, matin, midi et soir sans jamais trouver un seul titre qui soit un tantinet médiocre. Il signe sans aucun doute la consécration du groupe qui a fait ses premières armes aux côtés de I Killed The Prom Queen il y’a déjà 8 ans.

C’est le titre ‘Throne’ qui annonce leur retour à grands coups de pieds dans les dents de tous les haters, avec plus de quatorze millions de vues sur Youtube et onze millions d’écoutes sur Spotify. Et ce retour fracassant, le groupe le dédie à tous ceux qui l’ont blessé et transformé en ce qu’il est aujourd’hui. On ne peut que le rejoindre dans sa démarche. Le message est clair : détruis-moi autant que tu le souhaites, je me relèverai plus fort après chaque coup, “the sticks and the stones that you used to throw have built me an empire”, les bâtons et les pierres que tu m’as jetés m’ont construit un empire, inutile de pleurer car je ne t’en veux pas, tu m’as forcé à me battre. “Every scar will build my throne // Tomorrow I will come back, leader of the whole pack”. Et de me forcer à me battre comme ça, traître que tu es, tu as causé ta propre perte. Car dans tes larmes je me baignerai, et de tes paroles manquées je m’abreuverai. On se laisse (un peu trop) facilement imprégner par la folle soif de revanche de l’artiste, mais on a tous un jour connu ce sentiment, l’impression d’assister impuissant à sa propre lapidation par des êtres chers (ou juste des cons). Et à toutes ces brutes qui nous ont martyrisés on aimerait pouvoir hurler le chorus aujourd’hui.
“This all album is about celebrating the darkness”, nous dit Olly. La colère, la revanche, la différence, les addictions, cette part d’ombre qui nous habite tous.
Mais chaque album comporte un titre quelque peu hors sentier, et ’Follow you’ ne déroge pas à la règle.
Ce titre nous parle de la lumière qui se mêle aux ténèbres, la passion d’un amour brûlant et dévorant. Celui qui nous délivre et nous emprisonne avant qu’on ait eu le temps de bien réaliser. “Show me what I can’t see when the spark in my eyes is gone, you got me on my knees, i’m your one man cult”, l’homme est un animal social, que nous le voulions ou non.
Se sentir exister à travers les yeux de quelqu’un d’autre ravive une flamme que nous avons tendance à laisser pourrir sous les gravas de nos échecs passés.
Je n’ai pas fait Sciences-Po, ni gagné de Prix Nobel (un jour peut-être, papa maman si vous lisez cet article je me désabonne au câble demain c’est promis), mais je sais que nous n’avons rien de plus précieux que cette flamme. “So you can drag me through hell if it meant I could hold your hand, I will follow you cause I’m under your spell // I’ll be your gravity, you’ll be my oxygen” l’exquise douleur qui brûle dans nos veines nous rend capable de toutes les folies, qu’il s’agisse de parcourir deux mille kilomètres pour passer un moment dans ses bras ou tout simplement d’oser lui donner ce premier baiser.
‘Avalanche’ quant à lui, parlera à toute notre génération de désabusés, enfants maudits du système. “I need a cure for me cause the square doesn’t fill the circle”, ce sentiment désagréable de ne pas rentrer dans le moule. “Give me a remedee cause my head wasn’t wired for this world”, penser différemment est à la fois une bénédiction et une malédiction. On se sent authentique, unique, libre, mais très souvent seul, et soumis aux addictions, la drogue entre autre. “It’s like an avalanche I feel myself go under // I never stood a chance my heart is frozen over”: la délivrance à la souffrance qu’elle va apporter le temps d’un instant devenant un automatisme dangereux auquel beaucoup succombent. On oublie tout, on ne souffre plus, mais l’aspect éphémère de la chose est incroyablement destructeur, ce n’est plus qu’une demi-vie, une auto-destruction, l’équipée du Capitaine Barbosa dans le premier tome de Pirates des Caraïbes peut vous en parler (oui, l’or est une drogue aussi). On a tendance à accepter la fatalité de ce que nous sommes, plutôt que d’embrasser les champs de nos possibles. C’est une erreur. À nous de conjuguer les deux en enterrant le plus-que-parfait.
Comment me direz-vous?
Certainement pas en restant seul. Et si t’as pas d’amis, prend donc un Curly! Non, sans rire, c’est ce que nous dit ‘Drown’: “You know that I can’t do this on my own, who will fix me now, dive in when I’m down, save me from myself, don’t let me drown”. Y’a pas de secret, aucun miracle ici, les Walt Disney c’est bon pour quand t’as quatre ans et les contes de fées pour la ménagère qui se retient de pleurer tous les soirs. Partager sa folie, ses rires, ses angoisses, se lier pour se sauver les uns les autres, c’est pas ça l’amitié ? Tes deux mille followers qui t’alimentent l’égo, concrètement, ça te sert à queue dalle, si ce n’est avoir un auditoire. Tes amis tu les comptes généralement sur les doigts d’une main, c’est ceux qui te relèvent quand tu leur demandes rien, ceux-là même sans lesquels tu ne conçois pas ta vie. Alors chérie-les.

On m’a dit pas plus tard que ce week-end que cet album était fade et manquait de profondeur “ils ne se sont pas foulés” pour être plus exact, c’est un point de vue. Cependant j’aurais envie de répondre que chaque titre prend tout son sens quand on prend le temps de le décrypter. Musicalement il est tout à fait logique que les fans du BMTH plus metalcore des premiers albums se sentent un peu lésés, mais restons ouverts, “That’s The Spirit” fait preuve d’une grande cohérence.
La même personne m’a ensuite demandé quelles musiques me parlaient vraiment, de manière générale, me mettaient dans cet état second de profonde réflexion qui fait qu’une mélodie n’est pas qu’une suite entraînante de notes mais une porte au voyage intérieur. Je lui ai cité quelques unes de mes musiques préférées, et parmi elles ’Blasphemy’, ‘What you need’ et ‘Doomed’, de ce même album, qui finiront d’achever votre remise en question si tant est que vous leur consacriez une bonne écoute.

Rock’n’lots of love,

[Marie]

Retrouvez Bring Me The Horizon au Zénith de Paris le 14 Avril prochain.
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