Live Report : Festival Beauregard – Hérouville Saint-Clair (14)

Le premier week-end de juillet, le Festival Beauregard a accueilli près de 80 000 festivaliers. Il se déroule dans le parc du château de Beauregard près de Caen en Basse-Normandie. C’est un festival qui grandit chaque année mais qui reste tout de même à taille humaine. Moi, j’étais parmi tout ce monde, venue pour la première fois cette année afin de commencer les vacances d’été en musique.

Avec 33 concerts programmés cette année du 2 au 5 juillet, il y avait largement de quoi contenter un grand nombre d’amateurs de musique. Partons donc à l’assaut du château !

Le cadre est beau et agréable, les deux scènes « John » (du nom du porte-parole du festival) et « Beauregard » sont placées à l’opposé l’une de l’autre dans le parc, ce qui me fera faire un peu de marche car les concerts s’enchaînent les uns après les autres sans jamais se chevaucher. Si on veut, on peut donc tout voir ! L’équipe d’organisation ainsi que les bénévoles sont aux petits soins. Le public est très diversifié, autant en âges qu’en styles, et on croise de nombreuses familles avec de jeunes enfants. Au niveau restauration, il y en a pour tous les goûts et si vous ne pouvez pas vous passer de fruits de mer en concert, il y a même un bar à huîtres (si si c’est vrai) !!!

L’ambiance est chaleureuse et conviviale et le soleil est de la partie.

Samedi 4 juillet

Mon festival à moi commence le samedi, au pied de la scène Beauregard, avec les Anglais de Marmozets. J’avais regretté de ne pas pouvoir aller les découvrir lors de leur passage à Paris en mars dernier, je suis donc curieuse et impatiente de les voir à l’œuvre. Ils sont jeunes, ils sont 5, 4 gars musiciens et 1 fille chanteuse. Ils entament leur set avec leur single ‘Move, Shake, Hide’ issu de leur premier album et donnent tout de suite le ton : leur musique envoie, ils ont de l’énergie à revendre, sont heureux de jouer ici et le font savoir ! Il n’y aura qu’une seule chanson plus calme qui permettra de faire une pause au cours de 45 minutes d’un show musclé en plein soleil. Cette débauche de décibels en a surpris plus d’un, surtout à l’heure du goûter ! Et hop, voilà la claque du samedi !

Traversée du parc pour découvrir Talisco. Les musiciens nous jouent un folk-électro qui invite, selon les chansons, autant au voyage et à la rêverie qu’à se trémousser gentiment. Bref, un moment sympa.

Puis, ce fut le momentd’une pause pour moi, je me suis installée dans l’herbe, un peu à l’écart de la foule afin d’écouter tranquillement les Irlandais de The Strypes, puis Johnny Marr. Les premiers ont offert un set dynamique de rock garage et ont été très applaudis. Le second a proposé un show rock très apprécié et a surpris les spectateurs avec la reprise de ‘I feel you’ de Depeche Mode.

Retour au pied de la scène Beauregard pour Florence + The Machine. Visiblement, de nombreux fans ont fait le déplacement et attendent la diva avec impatience. Et là, apparaît dans la lumière du soleil qui décline une belle femme aux longs cheveux roux, vêtue de blanc, qui offre des roses aux personnes du premier rang. Florence chante et se déplace sur scène avec élégance et légèreté, captive le regard et envoûte la foule par la clarté de sa voix. Ça doit ressembler à ça un moment de grâce.

Direction l’autre bout du parc pour rejoindre la scène John qui va accueillir à présent Julien Doré. Il arrive très souriant, dans un nuage de fumée et sous les cris de ses fans qui sont là aussi très nombreux. Même si je ne suis pas une grande adepte de sa musique, je dois vite me rendre à l’évidence : le jeune homme est charismatique sur scène et présente un show bien rodé. Il s’offrira même un bain de foule pour rejoindre la régie sous une pluie de confettis.

Le samedi affichait complet, et c’est sans aucun doute grâce à la tête d’affiche du jour : Sting. Le célèbre bassiste, barbu et en pleine forme, monte sur scène vers 23h00 et délivre avec ses musiciens ses compositions légendaires en versions revisitées. ‘Walking on the moon’, ‘Message in a bottle’, ‘Englishman in New-York’, ‘Roxanne’ … Le public a pu donc apprécier avec grand plaisir les standards de sa carrière avec Police ou en solo. Et comme le personnage fait partie du paysage musical depuis longtemps, son concert permet à tous de fredonner.

Pour terminer la soirée, place à la pop envoûtante et addictive de Dan Levy et Olivia Merilahti, les deux membres de The Dø. Leur dernier album ‘Shake Shook Shaken’ est sorti en septembre de l’année dernière et a remporté un vif succès. Mais qu’à cela ne tienne, ils choisissent de débuter leur prestation avec leur tube ‘On my Shoulders’ extrait de leur premier album datant de 2008, mais dans une version très douce pour la moitié de la chanson : juste la voix cristalline d’Olivia accompagnée de quelques timides notes de piano. C’est d’abord très beau et ensuite ça s’emballe avec leurs titres du dernier album. Une installation au-dessus de la scène faite de longs fils blancs reflétant les couleurs des spots et une chorégraphie mêlant danse gracieuse et mouvements saccadés rendent le live visuellement très élégant.

Dimanche 5 juillet

Deuxième jour au château qui commence avec une petite déception : certains artistes ne souhaitaient pas ou très peu de photographes dans les crash barrières, et il m’a semblé que nous étions plus nombreux que la veille. Du coup, tout le monde s’est rué sur les autres groupes et je n’ai pas eu de place. Ce n’est pas gênant en soi étant donné que l’on est autorisé à photographier comme on le souhaite depuis le public, il faudra donc se frayer un chemin entre les spectateurs.

Il a fortement plu le matin et l’on pouvait craindre un champ de boue devant les scènes, mais il n’en est rien, des copeaux de bois ont été semés partout avant l’arrivée des festivaliers. Une organisation au top !

Le premier concert auquel j’assiste est celui d’Elecampane, un trio originaire de Caen. Ils remplacent au dernier moment Georges Ezra qui est malade et a annulé sa venue. Ce groupe, c’est le side-project de trois des membres de Concrete Knives. Ils nous présentent les titres pop-rock de leur premier EP « High Hopes » sorti il y a tout juste un mois. Un set intéressant.

Je découvre ensuite les Britanniques de Django Django. Avec leur mix de rock psychédélique, de folk et d’électro, ils font danser la foule et taper des pieds sur leurs rythmes entraînants et entêtants. Un show bien sympathique pour cette fin d’après-midi, sous le soleil qui est revenu.

Vient le tour de celui que j’attends avec impatience, Asaf Avidan, que je n’ai encore jamais vu en concert et dont on m’a dit beaucoup de bien. Sa voix si particulière surprend et charme l’assemblée et il assure son show avec une grande maîtrise. Après quelques chansons, il nous parle de la planète, d’écologie, puis insiste en nous disant « I want every human being here to feel free from the power of gravity ! » : il nous demande de tous sauter sur la prochaine chanson, et tout le monde s’exécute ! La dernière chanson sera son tube ‘Reckoning song’ qui nous fera tous frissonner. J’avais hâte de le voir et il a été ma claque du dimanche.

Un beau piano à queue est installé pour Benjamin Clementine. L’homme est impressionnant en tous points de vue : il est grand, habillé d’un long manteau sombre qui fait penser à une cape, de par sa façon de se déplacer et par son silence lorsqu’il s’installe à son piano. J’étais très sceptique sur le fait d’accueillir un artiste comme lui sur un festival. Je m’explique : je l’ai déjà vu en concert l’hiver dernier dans une petite salle à Rouen où tout le public était debout. Déjà là, les conditions ne collaient pas : pour sa musique aux notes soul, jazz, et blues, j’imagine plutôt le public assis autour de petites tables rondes avec une nappe rouge et des bougies, une lumière tamisée, une ambiance intime et feutrée. A Beauregard, il a joué à 20h15, au moment où les gens boivent l’apéro et mangent leur sandwich-frites (voire leurs huîtres) ! Non, vraiment, ça ne va pas ensemble !

Un dandy tout habillé de noir et lunettes de soleil sur le nez monte alors sur la scène Beauregard. C’est Etienne Daho qui démarre son set. Je n’ai pas écouté ses chansons depuis des années mais il va jouer de nombreux titres bien connus qui permettent à la majorité du public, y compris moi, de chanter… ‘Saudade’, ‘Bleu comme toi’, ‘Epaule tatoo’, ‘Tombé pour la France’, ‘Week-end à Rome’ ou encore ‘Comme un Boomerang’ font toujours leur petit effet.

Timber Timbre prend la relève sur l’autre scène et j’ai le même sentiment que pour Benjamin Clementine. Est-ce une bonne idée de placer à 22h30, en festival, un groupe qui propose des compositions folk-rock à l’atmosphère très sombre ? Ca plombe un peu l’ambiance… Dommage. Je regarde de loin, la fête n’est pas devant la scène mais aux bars.

C’est Lenny Kravitz qui a la tâche de clore cette 7ème édition du festival. Comme pour Etienne Daho, je ne l’ai pas écouté depuis longtemps, mais rien de grave puisqu’il nous offrira ses grands tubes comme ‘American Woman’, ‘Sister’, ‘I belong to you’, ‘Are you gonna go my way’ et ma préférée ‘Always on the Run’ (parce que c’était LA chanson avec Slash !). Le set ne sera visiblement pas du goût de tout le monde car Lenny a présenté absolument tous ses nombreux musiciens (c’est sympa de sa part, mais c’est long), parle beaucoup entre les titres et les rallonge indéfiniment par des solos… Au final, nous avons eu peu de chansons par rapport à ce qu’on pouvait espérer au vu du temps qui lui était accordé.

Les scènes s’éteignent, la foule s’éloigne tranquillement dans l’allée du château, il est l’heure de rentrer. Vivement Beauregard 2016 ! Vous viendrez ?

Un grand merci à Ambroise Carrière pour l’invitation ainsi qu’à l’équipe d’organisation et aux bénévoles pour leur accueil, leur gentillesse et leur disponibilité.

[Marjorie]

http://www.festivalbeauregard.com/

Toutes les photos à retrouver par ici : http://sliceoflives.piwigo.com/index?/category/28-festival_beauregard_herouville_saint_clair_4_et_5_juillet_2015

 

 

Les commentaires sont fermés