Interview : Memento Mori

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_ Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ?

Eva : Eva Keiber, 26 ans. J’habite Marseille et je joue de la batterie depuis bientôt 14 ans… Et environ depuis 5 ans au sein de .

Lionnel : Salut  ! Je suis Lionnel, le bassiste du groupe.

Alex  : Salut moi c’est Alex. Je suis le guitariste/chanteur du groupe.

_ D’où vient le nom du groupe  ?

Alex: C’est une locution latine qui signifie « Souviens-toi que tu vas mourir ».

Lionnel : C’est Alex qui avait déjà ce concept-là bien précis lorsque j’ai intégré le projet au tout début. À savoir que tout a un début et une fin… Y compris les groupes de musique. D’où le nom et les textes également qui tournent essentiellement autour de ça.

Eva : C’est un concept qui intéressait Alex, il est venu nous trouver en proposant ce thème comme nom de groupe. « Souviens toi que tu vas mourir », c’est une phrase qui ne doit pas se prendre dans le sens « Attention à la Faucheuse avec sa faux qui plane au-dessus de ta tête » mais plutôt comme un rappel fait aux hommes à propos du temps précieux qui passe et qu’il ne faut pas gaspiller… Il l’explique mieux que moi, c’est comme ça que j’ai envie de le voir en tous cas  !

_ Comment définiriez vous le style dans lequel vous évoluez  ?

Eva : Difficile de le définir. Un rock français avec des sonorités plutôt outre-Atlantique des années 90…? Nous avons tous les 3 des influences différentes, surtout moi qui suis encore un peu plus jeune. Enfin, pourtant j’adore écouter un bon vieux Stray Cats par exemple, alors qu’eux ne les écouteraient pas je pense  !

Lionnel : Difficile à dire. À l’origine, Alex m’a contacté pour monter un groupe de Stoner. Très vite, on s’est découvert une autre influence commune : Tool. Eva, quant à elle, n’écoute pas ce groupe mais on s’est tous les trois rejoint sur ces ambiances et sur le plaisir qu’on peut prendre parfois à essayer d’avoir des structures ou des parties plus complexes, comme peuvent le faire les musiciens de Tool. En ce sens, je pense qu’on évolue entre l’énergie du Stoner et des ambiances voire des structures de morceaux plus « tooliennes ».

Alex  : Pour faire un résumé rapide, c’est du rock ricain type années 90 avec un chant en français. Après nos influences personnelles peuvent être variées.

_ Racontez nous votre parcours… (rencontre, évolution…)

Alex  : Eva et moi on s’est rencontrés au début des années 2000, on a joué ensemble dans une autre formation durant 5 ans  ; après ça, on a pris un peu l’air chacun de notre côté et ça s’est relancé avec Memento Mori en 2010.

Lio jouait dans un autre groupe à cette époque on s’était contactés car on avait des projets de concerts, on a discuté, je lui ai dit que je remontais un groupe et il s’est proposé de prendre la basse. Voilà en gros notre rencontre.

Eva : Alex est venu me « chercher » dans un de mes premiers groupes, je devais avoir 15 ans. On faisait un concert ensemble, chacun dans nos groupes respectifs. Il m’a donc plus ou moins débauchée de mon ancien groupe  ! On a eu un premier groupe ensemble, puis on s’est séparé, puis retrouvé pour Memento Mori. C’est là que j’ai connu Lionnel qui venait d’arriver.

Lionnel : En 2009, je jouais dans un autre groupe et Alex et Eva jouaient ensemble dans Sheeva. On s’était contactés via MySpace et on avait pour projet de partager une date ensemble. Ça ne s’est jamais fait pour cause d’emplois du temps qui ne correspondaient jamais. En revanche, moi, j’avais vu Sheeva en concert et j’avais été impressionné, entre autre, par la prestation d’Eva derrière les futs. Le jour où j’ai recontacté Alex pour qu’enfin on se fasse une date ensemble, il m’a dit que le groupe avait splitté et m’a « innocemment » dit qu’il cherché un bassiste. Ce à quoi, j’ai répondu, «  je peux passer à l’occas’ faire un essai  » et ça a démarré comme ça. Sauf que lorsque je suis arrivé au local, j’étais un peu déçu car Eva n’était plus là. Mais par la suite, elle nous a rejoint très vite au bout de quelques semaines.

_ Présentez nous votre discographie.

Lionnel : Un premier EP 4 titres «  Mana Genita  » en janvier 2012.

Un second «  Noli me tangere  » en février 2013.

Et notre premier album «  Reste une ombre  » en mai 2015.

_ Justement, vous venez de sortir « Reste une ombre », vous nous le décririez comment  ?

Eva : Pêchu et énergique, à la cadence soutenue. Pas mal de chansons, et plus particulièrement de ponts, offrent cependant la possibilité de laisser libre court à l’imagination… C’est une des maquettes que je préfère, j’espère que d’autres l’apprécieront  !

Alex  : On a repris quelques titres de « Mana » ainsi que « Noli » en plus des nouvelles chansons.

Je pense que cela donne une idée globale de notre univers qui part de QOTSA, Red Fang à Tool. On a enregistré toutes les prises instrumentales en live et on a fait les voix à part. Pierrot, un ami, nous a enregistrés, il a vraiment été super investi et très patient. Il a apporté sa vision à l’album, ça a été un vrai plaisir de faire ça avec lui.

Lionnel : Comme une photo… Un instantané. C’est le son du groupe en 2015. Je dis ça notamment car il y a des morceaux qu’on avait déjà enregistrés auparavant. Et je suis convaincu qu’ils auraient encore une autre couleur si on les ré-enregistrait dans 3 ans.

_ Comment se passe le processus de création  ?

Alex  : Assez simplement. Je débarque juste avec un riff ou durant un bœuf en répète et souvent ça part de là. On le tourne dans tous les sens, on construit, on détruit, c’est un peu long. On est pas les plus rapides pour pondre des nouveaux titres mais à la fin on est tous d’accord ou presque sur la direction prise avec le morceau.

Eva : Ça varie d’une chanson à l’autre. La plupart du temps Alex arrive avec un ou plusieurs riffs de guitare, soit il nous inspire, soit pas. On le met de coté… Et Alex se débrouille toujours pour le digérer et nous le resservir là où on ne s’y attend pas  ! Et ça marche souvent… Après il n’y a pas de règle, chacun propose, tout le monde dispose. On construit tous ensemble.

Lionnel : C’est souvent très rapide au début, une espèce de premier jet lors d’un jam où il ressort très vite un couplet / refrain et une « idée » de pont qui nous semblent intéressants. Et c’est là que le marathon commence… Ça prend ensuite beaucoup de temps pour le finir et pour pour bien verrouiller l’ensemble du morceau. Avant, il nous arrivait d’en jeter beaucoup en cours de route, maintenant on arrive assez vite à savoir si ça va aboutir ou pas sans se lancer dans des mois de travail sur un truc qu’on ne va pas garder.

_ Plutôt studio ou scène  ?

Lionnel : Scène  ! C’est là que ça se passe.

Eva : Plutôt scène mais je trouve le studio très agréable. Certainement parce que ça demande plus de précision.

Alex  : Live.

_ Votre meilleur souvenir de live  ?

Lionnel : Vogogna en Italie. Une salle perdue dans une espèce de zone mais au final un super concert. Y avait du monde et ce soir-là j’avais l’impression que quoiqu’on fasse, tout passait. Le public a eu l’air d’apprécier aussi donc j’en garde un souvenir assez magique.

Alex  : Pour moi, c’est en Italie. On jouait dans une ancienne gare désaffectée. La scène était faite de palettes en bois mais pas fixées les unes aux autres, du coup Lio jouant les jambes écartées, je te laisse deviner la suite. Eva a passé le concert à jouer sur une batterie mobile. Ses pieds tombaient, elle aussi d’ailleurs mais le mieux c’est quelle a pas fait un pain. Un concert parfait, les mecs ont halluciné. Ce fût pour moi le concert le plus énergique que l’on ait fait.

Eva : Tous  ! Honnêtement, peut-être en Italie, sur une scène faite de palettes… Lionnel, jambes écartées comme à son habitude, a réussi, sans s’en rendre compte, à écarter les palettes qui composaient la « scène ». Je me suis pris une cymbale sur la caisse claire, mon charley bougeait dans un sens et dans l’autre, un des pieds du tabouret sur lequel j’étais assise est passé entre 2 palettes, j’ai basculé en arrière… Un enfer  ! Je sais pas comment on est allé au bout de ce concert, mais c’était rock’n’roll et ça a bien marché. Un bon concert bien difficile, mais un très bon souvenir.

_ Un endroit particulier dans lequel vous aimeriez jouer  ?

Alex  : L’Élysée Montmartre à Paris.

Lionnel : Pas particulièrement non. Je dirai des scènes où j’ai des souvenirs de spectateur, comme par exemple des festivals tes que les Eurockéennes ou Benicassim mais là je vois grand  !

_ Vous diriez quoi à quelqu’un qui ne vous connaît pas pour l’attirer à un concert  ?

Lionnel : Pas grand chose en fait, je suis pas un bon communiquant… Si les gens veulent venir je les y encourage mais s’ils ne veulent pas, je ne tenterai pas de les convaincre de se déplacer non plus.

Alex  : Voilà une question difficile « Viens, ça va être bien, en plus notre batteuse a une grosse poitrine ». Non, je déconne, c’est dur de se vendre, c’est d’ailleurs pour ça qu’on cherche quelqu’un pour le faire pour nous.

_ Que pensez vous de la scène émergente française  ?

Eva : Pas très rock…

Lionnel : Je ne sais pas ce que tu entends par scène émergente française… Si tu parles des groupes comme nous, en autoproduction et en recherche de professionnalisation, en réalité, je ne la connais pas trop alors cette scène-là… Hormis les groupes avec lesquels on partage des scènes mais ça ne représente qu’un pourcentage infime des groupes existants.

Alex  : Elle est discrète car malheureusement on ne lui donne pas assez l’occasion de s’illustrer. Je ne sais pas, c’est peut-être culturel, je pense qu’il existe un vrai public rock en France. Il y a vraiment des bons groupes . Si tu prends l’exemple de Marseille et sa région y a plein de super groupes (Conger ! Conger !, les Rescue Rangers et bien d’autres).

Par contre, pour atteindre un public plus large t’as vraiment l’impression que tu dois aseptiser ta musique. On paye peut-être notre culture très baloche, je ne sais pas. Comparé au autres pays comme l’Allemagne, la Hollande ou de nombreux pays de l’Est, tout ça nous laisse perplexe.

_ Quelles sont vos influences ?

Alex : Pour le groupe, comme je disais plus haut  : Qotsa et Tool principalement.

Lionnel : Elles sont larges…ça peut aller de The Cure, Indochine, Depeche Mode, Noir Désir, qui sont les premiers groupes qui m’ont touché à des trucs comme Tool, A Perfect Circle, les Smashing Pumpkins, Therapy ?, Joy Divison, Deftones, R.E.M, Radiohead, RATM, Pixies, NIN, Silversun Pickups et j’en passe.

Mais aussi la scène française  : Dominique A, Thiefaine, Miossec, Tiersen, Biolay, Eicher, Daho, Eiffel, Deportivo, Saez et j’en oublie des tonnes.

Mais au niveau du jeu de basse, pour être plus précis, j’apprécie les bassistes « mélodiques », Simon Gallup (The Cure), Justin Chancellor (Tool),l Peter Hook (Joy Division), Mike Mills (R.E.M) ou le bassiste de Deportivo par exemple.

Eva : D’abord en jeu de batterie, ceux qui me touchent et m’inspirent principalement… Je dirais Dave Grohl, Travis Barker, et Darren King. Mes influences générales peuvent aller de The Clash aux Queens of the Stone Age en passant par Alt-J. Plutôt varié… Black Light Burns, Radiohead, Nirvana, Marilyn Manson, Bloc party, Rancid, The Prodigy, Noir Désir, SOAD, Deftones, Foo Fighters, Puscifer, Snow Patrol, Arctic Monkeys, mais aussi Agnès Obel, Maceo Parker… Je vais m’arrêter là  ! =)

_ Avec quel groupe rêveriez vous d’enregistrer un morceau  ?

Eva: QOTSA.

Lionnel: Tool, juste pour voir le processus créatif d’un morceau de ces mecs qui doit être assez passionnant.

Alex : Tool. Autrement, un truc plus réalisable, avec nos potes Italien d’Eva’s Milk. Ça fait des années que l’on en parle, on arrive jamais à régler les problèmes de logistique.

_ Votre morceau absolu du moment  ?

Alex  : Black Widow’s Project ‘Ha Ha Ha Uh’, une tuerie.

Lionnel: ‘Greatest bastard’ de Damien Rice.

Eva: ‘Cruel Melody’ de Black Light Burns.

_ Un concert qui vous a marqué en tant que spectateur  ?

Alex : Sigur Ros sur un des premières tournées française. C’était tout simplement incroyable.

Lionnel : Therapy ? À L’Usine d’Istres, il y a bien 10 ans. On était «en famille», y avait genre 100 personnes dans la petite salle et à trois ils ont été d’une précision et d’une énergie incroyable.

En tant que téléspectateur (malheureusement) je peux aussi citer l’El Dorado tour de Stephan Eicher, un spectacle juste magique, son et lumière  !

Eva: Maceo Parker  !

_ Un truc inavouable que vous écoutez  ?

Eva: Je ne sais pas si c’est inavouable, exceptionnellement du Blink 182… Mais c’est pour Travis ! =)

Alex : Liquido. Ne me demande pas pourquoi, je ne l’explique pas.

Lionnel: Je dirai Etienne Daho pour Alex et Eva qui me chambrent avec ça. Mais pour moi c’est pas inavouable, j’assume tout ce que j’écoute.

_ Quels sont les projets du groupe  ?

Lionnel : Retourner en studio en septembre très probablement et continuer à tourner un maximum.

Alex  : On va sûrement ré-enregistrer deux titres.

_ Des dates à venir  ?

19 juin  : Le Poste à Galène à Marseille

Merci !

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Sur Bandcamp : http://memento-mori.bandcamp.com/album/reste-une-ombre

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