Into the Crowd : Manu et Gurvan, fans de Shaka Ponk.

Shaka Ponk

Ce mois ci, une fois n’est pas coutume, nous avons réalisé une double interview. Nous avons interrogé Manu, qui a un certain nombre de concerts de Shaka Ponk à son actif, et Gurvan, admin de leur fanbase officielle ‘Shakaddict’.


_ Pour commencer, peux tu nous présenter le groupe dont tu es fan ?

Manu : Shaka Ponk, comme le nom l’indique, c’est un mélange musical de punk à la sauce bouddhiste, non je plaisante, c’est un groupe frenchie d’électro-rock, composé d’un chanteur loco déjanté, Frah, qui n’hésite pas, au péril de sa santé, à sauter et à « slammer » dans une fosse avec un public survolté; d’une chanteuse anglo-égyptienne, Miss Samaha, dont la beauté et le charisme scénique feraient pâlir les princesses des Milles et Une Nuits; d’un talentueux guitariste adulé par ses groupies, Cyril, alias Mister C.C.; de Steve le claviériste en kilt, aux allures d’Obélix, toujours de bonne humeur; de son frérot Mandris, bassiste du groupe, grand dormeur devant l’éternel; de Ion, le batteur fou aux allures de star sorti d’un film de cape et d’épée; tout ce beau petit monde étant accompagné d’un singe virtuel, répondant au nom de Goz, qui donne une essence supplémentaire au groupe. Ce groupe connut ses premiers balbutiements en 2003, et qui, après quelques années d’exil à l’étranger, à Berlin plus précisément, est revenu en France, où, à force de remplir les petites salles, puis les salles moyennes, le succès grandissant, surtout depuis 2011 et leur fameux zénith parisien, il est devenu aujourd’hui le groupe rock français incontournable.

Gurvan : Shaka Ponk, un groupe « Franco-Berlinois » qui n’a pas su trouver son public en France, et qui a donc migré à Berlin pour forger son premier album. C’est en revenant en France qu’ils ont commencé à se faire connaître, via les concerts et le public toujours plus nombreux, avant que les médias ne commencent enfin à les regarder d’un peu plus près. À l’origine composé de 4 membres (le classique « guitare/basse/batterie/chant » avec Frah, Cc’, Thias et Bobee OD), le groupe en compte désormais 6 (Frah et Sam au chant, Cc’ à la guitare, Mandris à la basse, Ion à la batterie, Steve au clavier), ou plutôt 7 si on compte Goz, leur singe virtuel, mascotte du groupe, présent aussi bien sur les pochettes d’albums que sur scène avec eux via des écrans. Ils jouent une musique difficile à décrire, clairement rock, mais aux multiples influences, dont l’électro, le reggae, le métal, le hip hop, la pop, le punk, etc. Sur la pochette de leur premier album, « Loco con da Frenchy Talkin » en 2006, on pouvait voir un sticker marqué « le meilleur groupe de hard-hop-festif-metal-beat-core ». Je pense que ça résume assez bien ce qu’est Shaka Ponk 🙂

_ Comment a commencé ton histoire avec ce groupe ?

Gurvan : C’était en 2006, un pote, Manu, m’avait passé pas mal d’albums à écouter. J’ai lancé 2 ou 3 musiques de chaque album, pour me faire une idée, et autant dire que je n’aimais pas du tout. Il y avait même un groupe de metal circus… Bref, et à la fin de la pile, un album avec un singe qui tire la langue, et un titre à coucher dehors : « Loco con da Frenchy Talkin ». Je me dis « Houlala, qu’est-ce que c’est encore que ce truc… Bon, je vais écouter avant de jeter, quand même… Fonk Me ? ‘tain, ça craint. Bon je lance…. Attends… Mais ça déchire en fait ! ». Et je suis resté à me faire tourner l’album en boucle pendant pas mal de temps, sans plus, jusqu’à tomber sur une inédite au détour d’internet, ‘Get Out’. Et là, j’avais mis le doigt dans l’engrenage. S’il y a une inédite, il doit y en avoir d’autre… Et effectivement, j’en avais trouvé une quinzaine d’autres, incluant des versions live ou acoustique de musiques connues.

J’avais alors codé un site web à l’arrache, un truc qui ne serait vraiment pas présentable de nos jours, qui s’appelait « Da Bigg Shaka Playa », l’ancêtre de Shakaddict. C’était tout simplement un lecteur de mp3 avec les 15 morceaux dessus. C’était en 2007 il me semble. Il y avait des forums sur le site officiel du groupe à l’époque, où il devait y avoir moins de 20 fans actifs. J’avais mis le lien du lecteur, tout le monde était content, ainsi que la tracklist du futur album, « Bad Porn Movie Trax », que j’avais trouvé sur le web. Mais qui devait visiblement être une fuite involontaire, puisque le groupe me contacta par mail pour me demander de la retirer… C’est comme ça que de fil en aiguille, on a échangé de plus en plus, que je traquais le web pour eux à l’affût des fuites et des pirates, et que le « Bigg Shaka Playa » est devenu « Shakaddict », un site d’informations, de news, et surtout la plus grosse base de donnée sur Shaka Ponk.

Manu : Mon histoire avec ce groupe, a commencé par un pur hasard, aux arènes de Nîmes, en août 2011, où j’eus la bonne idée de venir assister au concert du groupe The Offspring. Bonne idée, car en ce jour béni des Dieux du Rock, j’ai assisté, à une première partie de malade, assurée par Shaka Ponk, qui, d’ailleurs n’était pas prévu à l’origine de la festivité. J’ai été ébloui en ce jour d’été, par l’énergie, par le son, par la prestation scénique, et par le charisme de ce groupe. Je venais de découvrir un truc de ouf, à tel point que le concert d’Offspring qui s’ensuivit me parut bien fade. Donc le soir même, dès le retour à l’hôtel, il me fallut découvrir plus en profondeur ces Shaka Ponk. Et j’y ai passé la nuit, à lire les quelques articles, à télécharger légalement leurs albums, à visionner les reportages de leur « Monkey TV », et à programmer un prochain concert avec mes nouvelles idoles, en tête d’affiche cette fois-ci.

_ Qu’est ce qui te touche le plus chez eux ?

Manu : La chose qui me touche le plus chez eux, c’est leur simplicité, leur gentillesse vraie avec leurs fans, leur proximité, même si, avec leur notoriété grandissante, cela se complique un peu. Mais ils sont reconnaissants de celles et ceux qui les accompagnent souvent, au travers de leurs tournées. Ils ont très souvent, pendant le concert, de petits gestes ou de petits regards d’attention, c’est magique et magnifique. Ils savent d’où ils viennent, et que leur succès a commencé du fait d’un remplissage, étonnant pour le milieu de leur profession, des salles, par une multitude de fans de plus en plus nombreux, et ils aiment le rendre sur scène, du moins, c’est ce que je ressens.

Gurvan : Question difficile tant le groupe a évolué depuis 2006 ! À l’époque, sans hésiter, je t’aurai répondu la proximité avec leur public. Ils jouaient dans des MJC, avec moins de 100 personnes dans la salle, sans crash barrières, littéralement à portée de main. Et à la fin du concert, ils étaient systématiquement dans la fosse pour parler avec leurs fans. Sauf que voilà, une MJC de 100 personnes, ça n’a rien à voir avec Bercy de 16.500 fans… Ils ne peuvent plus être aussi proche qu’ils l’étaient, et c’est bien normal.

J’aimais aussi beaucoup leur hargne, leur rage de vouloir réussir et de s’en sortir. Ils travaillent encore beaucoup aujourd’hui, certains dirons trop, mais je ne retrouve plus cette rage positive, cette énergie qu’ils avaient lorsqu’ils étaient inconnus du grand public.

Quand à ce qui me plaît chez eux aujourd’hui, c’est leur côté système D… Tout faire eux-même, que ce soit le son ou l’image, apprendre sur le tas, jouer de la débrouille pour que ça marche, même si c’est bancal, et réparer avec de la ficelle… J’ai beaucoup de respect pour ça, surtout quand on voit le résultat.

_ Ton album ou morceau préféré ?

Gurvan : Encore une question pas facile… Album préféré, sans hésiter, « Loco con da Frenchy Talkin ». C’est lui qui m’a fait découvrir le groupe, et le groupe n’a eu de cesse de s’en éloigner avec le temps. Faut dire aussi que les membres du groupe ont changé entre temps. Je ne dis pas que ce qu’ils font aujourd’hui est mauvais, loin de là, c’est juste différent. Pour ce qui est de mon morceau préféré, justement, je vais plutôt chercher dans les albums plus récents, où des musiques comme ‘Yell’ ou ‘Black Listed’, sont du vrai nectar pour mes oreilles.

Manu : Mon album ou mon titre préféré, là c’est une question fort compliquée, car je les aime tous. Disons que ma toute préférée reste ‘Sum Luv’, ce morceau est très tendre et très significatif, mais j’adore ‘Spit’, et il ne faut pas oublier ‘French Touch Puta Madre’. De toute évidence, je me retrouve mieux dans les albums précédents, mais j’aime également les deux derniers, plus commerciaux à mes yeux, à mes ouïes, devrais-je dire.

_ Combien de fois les as-tu vus en concert ?

Manu : Depuis ma rencontre avec SHAKA PONK, j’ai assisté à 51 concerts, le dernier étant à Nice, à la maison, mais je ne compte pas m’arrêter là, puisqu’à l’instar du groupe, je repars sur les routes pour les voir, et j’ai déjà prévu dix dates supplémentaires, jusqu’à fin août 2015.

Gurvan : Franchement ? J’ai pas compté. À vue de nez, je dirais peut-être dans les 30 concerts. À prendre avec des pincettes.

_ Jusqu’où es-tu allé avec eux ?

Gurvan : Tout dépend du sens de la question. Si tu parles de distance géographique, Marseille (j’habite Paris). Si tu parles d’engagement, c’est mon site web, « Shakaddict », réalisé avec l’aide de la fine équipe (Mikaou au code, Melow au webdesign, Tiki pour les contacts et interview, Macha pour les news), et de toutes les infos et archives qu’il contient. Par exemple, si on compte tous les extraits en écoute, en incluant les versions lives, remix, acoustiques, etc. on arrive à un peu plus de 200 morceaux. Et pour chacun d’entre eux, on trouve (dans la majorité des cas) un historique, des anecdotes, les paroles, les traductions, etc. Idem pour les albums. Officiellement, ils en ont sorti 5. Si on ajoute les albums promo, les rééditions, les EP et autres, on arrive à 22 albums, tous détaillés sur le site.

Manu : Résidant à Saint Laurent du Var, à côté de Nice, j’ai parcouru pour ces cinquante et un concerts, plus de 36.000 kilomètres, car je suis allé, à l’exception de la Bretagne, partout en France, et aussi en Suisse, pour assister aux prestations de mes idoles. Le fait le plus marquant, c’est quand même mon déplacement à Saint Lon Les Mines, près de Dax, pour un concert dans une bourgade de moins de mille habitants, où j’ai réalisé un aller-retour en voiture, (1.800 kms), après une journée de taf, et enchaînant une autre journée à mon retour, soit plus de 48 heures, sans vraiment dormir.

_ Jusqu’où pourrais-tu aller ?

Manu : Je crois que SHAKA PONK pourrait m’emmener au bout du monde, je serai prêt à partir au Japon ou partout dans le monde pour assister à l’un de leur concert, et pourtant, je ne suis pas un fanatique de l’avion.

Gurvan : Comme pour la question précédente. Géographiquement parlant, pas très loin. Au vue de la notoriété qu’ils ont aujourd’hui, ils ne remplissent quasiment que des grosses salles. Or, je n’aime pas les grosses salles. Donc l’idée de les voir en concert aujourd’hui m’attire beaucoup moins qu’avant. Quant à l’engagement, je vois mal quoi faire de plus !

_ Une anecdote que tu as envie de partager avec nous ?

Gurvan : Des anecdotes, il y en a un paquet dont je pourrais parler, et d’autres dont je ne pourrais pas… Si je devais en choisir une, je vous parlerai de la promo de Bad Porn Movie Trax en 2009, où j’avais été invité dans leurs studios à Paris (celui qu’on voit dans les « In Bus With Shaka Ponk »). On avait passé 2h, juste eux et moi (et Meb, qui s’occupait du webzine « Rock Me Up », aujourd’hui fermé), pour une interview et une session acoustique de 3 morceaux (‘Personal Jesus’, ‘Do’ et ‘French Touch Puta Madre’). Si l’interview n’est plus en ligne, car plus d’actualité depuis longtemps, vous pouvez retrouver quelques vidéos des sessions lives sur notre Youtube (par exemple, Personal Jesus ici, filmée par mes soins, montée par Frah, merci à lui :)).

Manu : Une anecdote, voyons voir, il aurait fallu voir la tête Frah, lorsqu’il m’a vu à la séance de dédicace à Paris, pour la sortie du « Black Pixel Ape », sachant que je venais du Sud pour quelques minutes, me faire dédicacer par le groupe, deux Monkey Diaries. Il a compris ce jour-là que j’avais un grain de folie en moi, un peu comme eux d’ailleurs.

_ Le meilleur concert ?

Manu : Mon meilleur concert, nouvelle question compliquée, le plus mauvais aurait été plus simple, Grenoble 2012, mais le meilleur, disons les cinq meilleurs sont : Marseille Espace Julien 2011 – Lille Zénith 2012 – Bercy 2013 – Lausanne 2014 – Carcassonne 2014, et je pourrai rajouter un sixième Nice 2014, où ils se sont littéralement lâchés sur scène.

Gurvan : Le premier Bataclan, en 2010. Ils avaient utilisé les photos de ce live pour le livret dans la réédition de « Bad Porn Movie Trax » (celui avec les chaussures sur la pochette). C’était chaud, la tracklist était pêchue, ils avaient encore leur petit écran avec rétro-projecteur, et ils avaient joué ‘Sum Luv’, où Frah passait derrière l’écran pour projeter son ombre, et se faisait pousser des ailes, mettait le feu à ses bras… Des délires qu’ils ne peuvent plus faire aujourd’hui avec leurs écrans à LED, même si la qualité des vidéos actuelles est irréprochable !

_ Qu’est-ce que tu voudrais partager avec eux, en dehors de leur musique ?

Gurvan : Je fais partie de ces rares fans qui peuvent se targuer d’avoir fait tout ce qu’ils rêvaient de faire avec leur groupe favori. Donc… Joker !

Manu : S’ils aiment la pêche à la truite, une partie de pêche ? Non j’ai la plaisanterie facile, mais boire une bonne bière avec eux pourquoi pas. Plus sérieusement, la chose qui me ferait kiffer un maximum, même si c’est toujours lié à leur musique, ce serait de pouvoir faire un petit tour juste de trois jours dans le tour bus, pour trois concerts d’affilés, c’est actuellement leur méthode de fonctionnement, afin de partager, tout en respectant leur propre intimité et leur concentration, un peu leur vie en mode concert.

_ Et pour finir, dessine nous ton groupe préféré…

Shk Pnk by Manu

Shk Pnk by Manu

Paper Toy Shaka Ponk

« The Grey Pixel Ape », un papertoy créé par les soins de Gurvan pour le patron, et de Mélow pour l’habillage.

« The Grey Pixel Ape », un papertoy créé par les soins de Gurvan pour le patron, et de Mélow pour l’habillage.

Merci !

 

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